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	<title>Les discours</title>
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	<description>Discours de François Hollande, Premier secrétaire, et autres dirigeants</description>
	<lastBuildDate>Mon, 14 Dec 2009 17:36:12 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Martine Aubry à la Convention Nationale &#171;&#160;Les régions qu&#8217;on aime&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Dec 2009 16:20:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>discours</dc:creator>
				<category><![CDATA[Martine Aubry]]></category>

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		<title>Martine Aubry : La France qu&#8217;on aime</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Dec 2009 18:13:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>discours</dc:creator>
				<category><![CDATA[Martine Aubry]]></category>

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		<description><![CDATA[à Geneviève, Joël, Wali et Mustapha Chers amis, Vous venez de voir et d&#8217;entendre, dans ce film, des Fran&#231;ais parler de la France qu&#8217;ils aiment, des valeurs qu&#8217;ils portent, et de la soci&#233;t&#233; dont ils r&#234;vent. Ils sont venus dans ce Tour de France organis&#233; par le Parti Socialiste pour parler de l&#8217;identit&#233; de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<p style="text-align: right"><em>à Geneviève, Joël, Wali et Mustapha</em></p>
<p>Chers amis, </p>
<p>Vous venez de voir et d&rsquo;entendre, dans ce film, des Fran&ccedil;ais parler de la France qu&rsquo;ils aiment, des valeurs qu&rsquo;ils portent, et de la soci&eacute;t&eacute; dont ils r&ecirc;vent. </p>
<p>Ils sont venus dans ce Tour de France organis&eacute; par le Parti Socialiste pour parler de l&rsquo;identit&eacute; de la France avec ceux qui la font vivre, qui la construisent et qui la transforment. </p>
<p>A chaque fois, des centaines de nos compatriotes ont pris le temps de venir r&eacute;fl&eacute;chir librement avec nous, et je les en remercie. Ils se sont souvent d&eacute;p&ecirc;ch&eacute;s de rentrer du travail. Ils ont renonc&eacute; &agrave; une soir&eacute;e en famille. Pour parler de l&rsquo;essentiel, de ce qui nous r&eacute;unit. Des paroles fortes et souvent &eacute;mouvantes. </p>
<p>Bien s&ucirc;r, j&rsquo;ai entendu la souffrance, le mal-&ecirc;tre, le d&eacute;sarroi dans une soci&eacute;t&eacute; qui marche sur la t&ecirc;te. Mais j&rsquo;ai ressenti aussi l&rsquo;&eacute;nergie de celles et de ceux qui cr&eacute;ent, qui produisent, qui sont g&eacute;n&eacute;reux et solidaires, et qui ont l&rsquo;enthousiasme des b&acirc;tisseurs d&rsquo;avenir. </p>
<p><strong>Ils nous ont parl&eacute; de la France qu&rsquo;ils aiment et dont ils sont fiers. </strong> Et ce dont ils parlaient d&rsquo;abord avec force, ce sont des grands principes qui fondent notre R&eacute;publique&nbsp;: la libert&eacute;, l&rsquo;&eacute;galit&eacute;, la fraternit&eacute;, et beaucoup ont ajout&eacute; la la&iuml;cit&eacute;. Ils nous ont dit leur attachement &agrave; ces valeurs comme leur inqui&eacute;tude de les voir ab&icirc;m&eacute;es. </p>
<p>Je le dis ici avec solennit&eacute; et m&ecirc;me gravit&eacute;&nbsp;: l&rsquo;identit&eacute; de la France est un joyau trop pr&eacute;cieux pour &ecirc;tre soumis aux al&eacute;as des joutes &eacute;lectorales et aux vivats d&rsquo;une propagande gouvernementale. </p>
<p>L&rsquo;identit&eacute; de la France, ce n&rsquo;est pas la droite, ce n&rsquo;est pas la gauche, c&rsquo;est bien plus, c&rsquo;est la R&eacute;publique. Comme id&eacute;e, la R&eacute;publique a plus de deux si&egrave;cles&nbsp;! Comme r&eacute;gime, plus de cent ans&nbsp;! Comme promesse int&eacute;gralement tenue, elle est encore &agrave; parfaire&nbsp;! </p>
<p><strong>Libert&eacute;, &eacute;galit&eacute;, fraternit&eacute;, la&iuml;cit&eacute;, changer les mots en actes, voil&agrave; le grand d&eacute;fi. </strong>Je le dis avec la force puis&eacute;e dans les rencontres avec ces milliers d&rsquo;hommes et de femmes d&rsquo;Angoul&ecirc;me &agrave; la Seyne-sur-Mer, de Tourcoing &agrave; Auch, de Grenoble &agrave; Nancy en passant par Cachan et aujourd&rsquo;hui Rennes. <strong></strong></p>
<p><strong>Voil&agrave; la France qu&rsquo;on aime, celle que j&rsquo;aime et dont je veux vous parler. </strong>La France qui ne doute pas de son identit&eacute;. La France qui s&rsquo;inqui&egrave;te du recul de sa d&eacute;mocratie, de son mod&egrave;le social et de son vivre ensemble. La France qui aspire &agrave; une nouvelle donne pour l&rsquo;avenir. </p>
<p align="center">*** </p>
<h3><strong>Une identit&eacute; r&eacute;publicaine </strong></h3>
<p>La France bien s&ucirc;r, ce sont ses territoires, ses paysages naturels si divers, si beaux, ses montagnes qui l&rsquo;&eacute;l&egrave;vent, ses mers qui la caressent ou la giflent, ses plaines qui la posent. Ses monuments qui viennent rappeler notre pass&eacute;, ses universit&eacute;s qui indiquent le futur. Ses &eacute;crivains, ses artistes, ses hommes de science, qui ont fait notre histoire et qui &eacute;clairent notre avenir. </p>
<p>La France, c&rsquo;est une langue admirable, une histoire vivante, un patrimoine remarquable, une culture dont nous h&eacute;ritons et que nous avons le devoir d&rsquo;enrichir et de transmettre. </p>
<p>Mais, <strong>&ecirc;tre fran&ccedil;ais, c&rsquo;est </strong><strong>d&rsquo;abord et surtout partager des valeurs, &ecirc;tre un citoyen avec des droits et des devoirs, et vouloir construire ensemble un avenir commun </strong>. </p>
<p>Oui, la France, se d&eacute;finit d&rsquo;abord par ses valeurs. <strong>La France est un pays qui s&rsquo;apprend plus qu&rsquo;il ne s&rsquo;h&eacute;rite </strong>. </p>
<p>La France, ce sont les <strong> Droits de l&rsquo;Homme et du Citoyen </strong>, qui portent un message de respect et de tol&eacute;rance. C&rsquo;est la France de Montesquieu, de Diderot, de Tocqueville, la France de la D&eacute;claration de 1789, la France de tous ceux qui furent les d&eacute;fricheurs de la libert&eacute;. </p>
<p><strong>La France, c&rsquo;est l&rsquo;&eacute;galit&eacute;, et le mod&egrave;le social qui la porte&nbsp; </strong>: &eacute;galit&eacute; par l&rsquo;&eacute;cole publique, &eacute;galit&eacute; par la protection sociale, &eacute;galit&eacute; par la redistribution. C&rsquo;est un syst&egrave;me de sant&eacute; parmi les meilleurs au monde, une assurance-ch&ocirc;mage pour tous, une retraite qui doit &ecirc;tre d&eacute;cente. La France, c&rsquo;est un pays o&ugrave; on ne doit laisser personne sur le c&ocirc;t&eacute; de la route. C&rsquo;est la France du programme du Conseil national de la R&eacute;sistance qui demandait <i>&laquo;&nbsp;l&rsquo;instauration d&rsquo;une v&eacute;ritable d&eacute;mocratie &eacute;conomique et sociale, impliquant l&rsquo;&eacute;viction des grandes f&eacute;odalit&eacute;s &eacute;conomiques et financi&egrave;res de la direction de l&rsquo;&eacute;conomie&nbsp; </i>&raquo;. Une belle phrase &agrave; m&eacute;diter aujourd&rsquo;hui&nbsp;! Et c&rsquo;est ce mod&egrave;le social &#8211; h&eacute;ritage partag&eacute; &#8211; qui nous prot&egrave;ge aujourd&rsquo;hui face &agrave; la crise, ce mod&egrave;le social avec lequel, il n&rsquo;y a pas si longtemps, on nous disait qu&rsquo;il fallait rompre. </p>
<p><strong>La France, ce sont des services publics, la puissance publique au service de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. </strong></p>
<p><strong>La France, c&rsquo;est le droit du sol, qui fait que toute personne qui na&icirc;t et grandit en France est fran&ccedil;aise </strong>. C&rsquo;est une France accueillante et ouverte. Jules Ferry le disait avec force dans son discours d&rsquo;Epinal en 1887 : &laquo;&nbsp; <i>Au lieu de fermer la R&eacute;publique, il faut l&rsquo;ouvrir, l&rsquo;ouvrir &agrave; tous les hommes de bonne volont&eacute; ! </i> &raquo;. Dans le m&ecirc;me texte, il regrettait &nbsp; ce <i>&laquo; patriotisme haineux et bruyant, qui ne fait pas œuvre d&rsquo;union et d&rsquo;apaisement, mais qui semble avoir pris pour programme de diviser et d&rsquo;exciter les citoyens les uns contre les autres. &raquo; </i> &Agrave; plus d&rsquo;un si&egrave;cle de distance, cette phrase garde –&ocirc; combien- toute son actualit&eacute;. </p>
<p><strong>La France, c&rsquo;est la la&iuml;cit&eacute;, qui accueille toutes les religions pourvu que la religion reste du domaine priv&eacute; et qu&rsquo;elle respecte le socle de nos valeurs communes </strong>. Comme disait Jaur&egrave;s, &agrave; Castres en 1904 &laquo;&nbsp; <i>d&eacute;mocratie et la&iuml;cit&eacute; sont deux termes identiques&nbsp; </i>&raquo;. Et il ajoutait&nbsp;: <i>&laquo;&nbsp;Pas plus que le moine ou le pr&ecirc;tre ne sont admis &agrave; se substituer aux officiers de l&rsquo;&eacute;tat civil dans la tenue des registres [..], pas plus ils ne peuvent, dans l&rsquo;accomplissement du devoir social d&rsquo;&eacute;ducation, se substituer aux d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s civils de la nation, repr&eacute;sentants de la d&eacute;mocratie la&iuml;que.&nbsp;&raquo;. </i>C&rsquo;est au nom de cette conception de la la&iuml;cit&eacute; que nous avons &eacute;t&eacute; choqu&eacute;s des propos du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique &agrave; Latran selon lesquels <i>&laquo;&nbsp;l&rsquo;instituteur ne pourra jamais remplacer le cur&eacute; ou le pasteur parce que lui manquera toujours le sacrifice de sa vie&nbsp;&raquo; </i>. De m&ecirc;me, nous consid&eacute;rons que la R&eacute;publique n&rsquo;a pas &agrave; demander &agrave; des imams d&rsquo;&eacute;teindre les incendies des banlieues, comme ce fut le cas au moment des violences urbaines de 2005. C&rsquo;est &agrave; la R&eacute;publique d&rsquo;assurer l&rsquo;ordre, non aux religieux. C&rsquo;est cela la la&iuml;cit&eacute;. On voudrait aujourd&rsquo;hui la qualifier de positive&nbsp;; nous le r&eacute;cusons, car qualifier la la&iuml;cit&eacute; de positive, c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; commencer &agrave; la disqualifier. </p>
<p>La R&eacute;publique distingue la loi et la foi, c&rsquo;est pourquoi son message est un rempart &agrave; la <i>&laquo; guerre des religions&nbsp;&raquo; </i> et au <i>&laquo; choc des civilisations &raquo; </i> que l&rsquo;internationale des int&eacute;gristes souhaite d&eacute;clencher. <i></i></p>
<p>Mais la R&eacute;publique prot&egrave;ge la libert&eacute; de croyance et de conscience, et permet &agrave; chacun de l&rsquo;exercer. Libre &agrave; chacun d&rsquo;apporter sa r&eacute;ponse. Mais elle est personnelle, intime, tol&eacute;rante. Elle ne saurait s&rsquo;imposer aux autres consciences, ni se substituer &agrave; la loi des hommes. Pr&eacute;servons la la&iuml;cit&eacute;, ne touchons pas &agrave; la loi de 1905 : elle n&rsquo;est pas seulement le tr&eacute;sor de notre nation, elle est notre plus belle exportation au monde violent du 21&egrave;me si&egrave;cle. </p>
<p><strong>La France, c&rsquo;est l&rsquo;universalisme </strong>. La France se con&ccedil;oit porteuse d&rsquo;une mission qui la d&eacute;passe en faveur des Droits de l&rsquo;Homme, en faveur de la coop&eacute;ration europ&eacute;enne et internationale, en faveur de la justice et du d&eacute;veloppement partag&eacute;. S&rsquo;affirmer fran&ccedil;ais, c&rsquo;est toujours en m&ecirc;me temps se sentir europ&eacute;en, se sentir internationaliste. </p>
<p><strong>Etre Fran&ccedil;ais, c&rsquo;est en effet pour nous &ecirc;tre europ&eacute;ens </strong>. Il n&rsquo;y a pas de continent o&ugrave; le d&eacute;passement des &eacute;go&iuml;smes nationaux a &eacute;t&eacute; aussi fort. Ni d&rsquo;autre continent o&ugrave; l&rsquo;identit&eacute; de chaque nation nourrit, enrichit, celle de tous les autres. Cela aussi, parce que nous aimons la France, nous le disons&nbsp;: l&rsquo;Europe est notre avenir. Une Europe volontaire et solidaire, accueillante et innovante. </p>
<p><strong>Etre fran&ccedil;ais, c&rsquo;est vouloir construire ensemble notre avenir. </strong> Notre identit&eacute; n&rsquo;est pas fig&eacute;e et continue &agrave; se forger. Voil&agrave; pourquoi Ernest Renan – comment ne pas le citer ici, un breton&nbsp;! – &eacute;crivait &agrave; propos de la nation fran&ccedil;aise que &laquo;&nbsp; <i>si elle suppose un pass&eacute;&nbsp;; elle se r&eacute;sume pourtant dans le pr&eacute;sent par un fait tangible&nbsp;: le [..] pl&eacute;biscite de tous les jours.&nbsp;&raquo; </i>. Se r&eacute;clamer chaque jour de sa devise et de ses valeurs, les faire vivre, voil&agrave; ce qu&rsquo;est la France. </p>
<p>C&rsquo;est de cette id&eacute;e simple et sublime qu&rsquo;est n&eacute;e la R&eacute;publique, que la R&eacute;volution fran&ccedil;aise r&eacute;sonna dans toute l&rsquo;Europe, en 1789 comme deux si&egrave;cles plus tard, en 1989. Comment oublier qu&rsquo;&agrave; Bucarest, la foule qui se souleva contre la terreur du r&eacute;gime de Ceaucescu entonnait la Marseillaise, ce m&ecirc;me <i>&laquo; contre nous de la tyrannie &raquo; </i> qui avait soulev&eacute; l&rsquo;arm&eacute;e de Valmy. </p>
<p align="center"><i>* </i></p>
<h3><strong>Notre histoire </strong></h3>
<p><strong>Aimer la France, c&rsquo;est accepter de regarder son histoire en face. </strong> Comme toutes les histoires, elle est riche. Elle a ses jours de gloire comme ses parts d&rsquo;ombre. </p>
<p>Nous sommes des citoyens responsables, pas des enfants devant des images d&rsquo;Epinal. Cessons de nous d&eacute;crire comme un pays constitu&eacute; d&rsquo;un peuple souche et rappelons nous toujours que ce qui nous unit, ce sont nos valeurs, celles qui nous ont permis le sursaut et le salut de notre pays m&ecirc;me dans les p&eacute;riodes les plus difficiles. </p>
<p>N&rsquo;h&eacute;sitons pas &agrave; dire que la France que nous aimons, c&rsquo;est celle des ouvriers de 1848 sur les barricades de Paris, celle des Insurg&eacute;s de 1851, pas celle du coup d&rsquo;Etat de &laquo; Napol&eacute;on le petit &raquo;&nbsp;; la France de la Commune, pas celle des Versaillais qui l&rsquo;&eacute;cras&egrave;rent&nbsp;; la France en bleu-blanc-rouge de la &laquo;&nbsp;Rue Montorgueuil &raquo; peinte par Monet, non le drapeau au nom duquel on r&eacute;prima dans le sang les mineurs de Ricamarie&nbsp;; la France de Zola qui accuse, pas celle qui condamna Dreyfus&nbsp;; la France de Jaur&egrave;s, pas de ceux qui l&rsquo;ont assassin&eacute; parce qu&rsquo;il refusait la guerre. </p>
<p>La France que nous aimons, c&rsquo;est celle qui a port&eacute; L&eacute;on Blum au pouvoir, pas celle des procureurs du proc&egrave;s de Riom qui lui imputaient je ne sais quel <i>&laquo; abaissement national &raquo; </i> &agrave; travers les 40 heures et les cong&eacute;s pay&eacute;s, mais qui en v&eacute;rit&eacute; lui reprochaient non ce qu&rsquo;il avait fait, non ce qu&rsquo;il avait dit, mais ce qu&rsquo;il &eacute;tait. </p>
<p>La France que nous aimons, c&rsquo;est la France des Justes, pas celle des d&eacute;lateurs ; celle du g&eacute;n&eacute;ral de Gaulle qui d&eacute;sob&eacute;it et ne plie pas, pas celle d&rsquo;un mar&eacute;chal de France aux ordres de l&rsquo;occupant ; celle de l&rsquo;Affiche rouge et de Manouchian qui parlait ainsi de notre triptyque : <i>&laquo; libert&eacute;, &eacute;galit&eacute;, fraternit&eacute;, ces mots qui disaient la France &raquo; </i>, de Paul Eluard et de <i>&laquo; Libert&eacute; j&rsquo;&eacute;cris ton nom &raquo; </i>, d&rsquo;Aragon et de <i>&laquo; la Rose et le R&eacute;s&eacute;da &raquo; </i>&nbsp;; pas celle de Vichy, de ses lois sc&eacute;l&eacute;rates, des rafles d&rsquo;enfants au petit matin au Vel d&rsquo;Hiv et ailleurs. </p>
<p>Notre histoire a connu l&rsquo;esclavage, la colonisation, l&rsquo;ordre moral, le renoncement de 1940, la collaboration. Se souvenir de ces taches noires de notre m&eacute;moire, c&rsquo;est d&rsquo;abord &ecirc;tre capables de mieux construire l&rsquo;avenir. C&rsquo;est nous rendre plus forts. </p>
<p><strong>Nous n&rsquo;avons pas &agrave; craindre cet exercice de v&eacute;rit&eacute; avec nous-m&ecirc;mes. Car nous retrouverons aussi dans notre pass&eacute; l&rsquo;&eacute;nergie et la volont&eacute; des grands combats qui ont construit notre nation et fa&ccedil;onn&eacute; notre identit&eacute;. </strong></p>
<p><strong>Je pense &agrave; l&rsquo;h&eacute;ritage des lumi&egrave;res. </strong> Montesquieu, Voltaire, Diderot, Rousseau nous ont dit combien les hommes sont d&rsquo;abord des &ecirc;tres de raison et comment ensemble ils sont ma&icirc;tres de leur destin. </p>
<p>C&rsquo;est la grande le&ccedil;on des philosophes du 18 &egrave;me si&egrave;cle qui se sont &eacute;lev&eacute;s contre l&rsquo;ordre &eacute;tabli pour inventer la libert&eacute;&nbsp;; pour penser un homme qui ne serait plus un sujet, mais un citoyen&nbsp;; pour imaginer un homme qui ne serait plus enferm&eacute; dans sa condition, mais qui serait libre de se construire&nbsp;; pour imaginer une soci&eacute;t&eacute; qui serait capable de se gouverner elle-m&ecirc;me et de faire l&rsquo;histoire&nbsp;; pour proposer &agrave; l&rsquo;Europe la paix et la perspective de son unification. </p>
<p>La France s&rsquo;est constitu&eacute;e en portant au plus haut cette conception. </p>
<p><strong>Je pense bien s&ucirc;r aux combats de la R&eacute;volution pour la libert&eacute; et la d&eacute;mocratie. </strong>Comme le dit admirablement Ferdinand Buisson, le fondateur de la Ligue des Droits de l&rsquo;Homme&nbsp;: <i>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est parce qu&rsquo;elle est la France de 1789, le pays d&rsquo;o&ugrave; est parti cet appel, impossible &agrave; &eacute;touffer, appel &agrave; la libert&eacute;, &agrave; la justice et &agrave; la raison, appel &agrave; l&rsquo;&eacute;galit&eacute;, &agrave; la fraternit&eacute;, c&rsquo;est parce que la France a fait cela, que nous l&rsquo;aimons.&nbsp;[..] Un Fran&ccedil;ais n&rsquo;est pas seulement un homme n&eacute; en France, c&rsquo;est un homme n&eacute; de la France qui a l&rsquo;esprit form&eacute; &agrave; son esprit, qui a appris d&rsquo;elle &agrave; regarder toujours plus haut, &agrave; vouloir toujours plus de lumi&egrave;re, toujours plus de raison, toujours plus de fraternit&eacute;.&nbsp; </i>&raquo; </p>
<p><strong>Je pense aussi &agrave; la Commune, </strong> qui r&eacute;unit dans une m&ecirc;me lutte les aspirations &agrave; la libert&eacute;, &agrave; la d&eacute;mocratie et &agrave; l&rsquo;&eacute;galit&eacute; sociale. </p>
<p><strong>Je pense aux combats ouvriers du XIX e et du XXe si&egrave;cle. </strong> Ils ont permis l&rsquo;&eacute;mancipation des ouvriers et des travailleurs. Ils ont ouvert la voie &agrave; un droit du travail et &agrave; la protection sociale. </p>
<p>Je pense aux <strong> combats f&eacute;ministes </strong> pour l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des droits, les combats d&rsquo;Olympe de Gouges, de Flora Tristan, d&rsquo;Hubertine Auclert, de Louise Michel et de toutes celles jusqu&rsquo;&agrave; aujourd&rsquo;hui qui se sont &eacute;lev&eacute;es contre l&rsquo;injustice de la condition des femmes. </p>
<p>Je pense &agrave; la <strong>R&eacute;sistance </strong>, fondatrice de la France moderne, et son &nbsp; combat pour la libert&eacute;, pour la dignit&eacute;, pour l&rsquo;honneur. </p>
<p><strong>Je pense aux combats pour </strong><strong>la d&eacute;colonisation, dont les traces sont encore douloureuses dans la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise et dans toute l&rsquo;Afrique. </strong>On comprend ainsi les r&eacute;actions scandalis&eacute;es face au discours de Dakar, ou &agrave; cet amendement choquant sur les <i>&laquo;&nbsp;bienfaits&nbsp;&raquo; </i> de la colonisation. Sur ce point plus que tout autre, la France s&rsquo;honorerait &agrave; aborder de front cette p&eacute;riode de son histoire. </p>
<p><strong>Je pense aux combats pour </strong><strong>la reconnaissance des droits des &eacute;trangers </strong>, qui se prolongent aujourd&rsquo;hui avec les militants de RESF et les gr&egrave;ves des travailleurs sans papiers, et aux <strong> combats contre les discriminations de toutes sortes </strong>, qu&rsquo;elles soient li&eacute;es aux handicaps, au genre, &agrave; l&rsquo;origine ou &agrave; l&rsquo;orientation sexuelle. </p>
<p>Ces r&eacute;f&eacute;rences ne forment pas un cat&eacute;chisme. Je les cite parce que pour nous, &agrave; gauche et bien au-del&agrave; je le sais, ce sont les moments de notre histoire dont nous sommes les plus fiers. Et &agrave; travers ces combats, se sont forg&eacute;es des valeurs qui constituent le cœur et la possibilit&eacute; de notre vivre ensemble. </p>
<p align="center">* </p>
<h3><strong>Des valeurs qui transforment la r&eacute;alit&eacute; </strong></h3>
<p>La France, ce ne sont pas seulement des valeurs inscrites au fronton des mairies, mais la volont&eacute; de leur donner une r&eacute;alit&eacute; forte. </p>
<p><strong>Quand on pense &agrave; la France, on pense d&rsquo;abord &agrave; un pays de libert&eacute; </strong>, o&ugrave; la justice et les m&eacute;dias sont ind&eacute;pendants, o&ugrave; l&rsquo;on respecte la diversit&eacute; des opinions. Et c&rsquo;est pour cela que m&ecirc;me pendant la crise, ce combat pour les libert&eacute;s, nous le menons aujourd&rsquo;hui. Le printemps des libert&eacute;s, nous n&rsquo;y renoncerons jamais. </p>
<p><strong>Quand on pense &agrave; la France, on pense aussi &agrave; son mod&egrave;le social. </strong>Il fait rimer libert&eacute; avec &eacute;galit&eacute;, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de libert&eacute; r&eacute;elle sans &eacute;galit&eacute;. Oui, la France ne serait pas la France sans la s&eacute;curit&eacute; sociale, sans la retraite par r&eacute;partition, sans des services publics de qualit&eacute;. La France n&rsquo;est pas la France sans un Etat fort. <strong>La France n&rsquo;est pas la France sans la passion de l&rsquo;&eacute;galit&eacute;. </strong></p>
<p>Tr&egrave;s t&ocirc;t, il y a en France cette conviction que le progr&egrave;s ne vaut que s&rsquo;il profite &agrave; tous. Qu&rsquo;il ne saurait y avoir d&rsquo;efficacit&eacute; &eacute;conomique sans justice sociale. </p>
<p>Et disons les choses simplement. Ce qui se fissure aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est d&rsquo;abord ce mod&egrave;le social. Et les responsables, ce sont ceux qui favorisent les &eacute;go&iuml;smes au d&eacute;triment du collectif, qui remettent en cause la protection sociale et les services publics, qui imposent le bouclier fiscal et l&rsquo;injustice. Ceux qui aujourd&rsquo;hui, au nom de l&rsquo;identit&eacute; nationale, tentent de diviser les Fran&ccedil;ais au lieu de les unir. Comment ne pas rappeler cette phrase du g&eacute;n&eacute;ral de Gaulle&nbsp;: <i>&laquo;&nbsp;Il y a deux cat&eacute;gories de Fran&ccedil;ais&nbsp;: ceux qui disent qu&rsquo;il y a deux cat&eacute;gories de Fran&ccedil;ais, et les autres.&nbsp;&raquo;. </i></p>
<p>J&rsquo;ai parl&eacute; tout &agrave; l&rsquo;heure aussi de <strong>fraternit&eacute;, de droits de l&rsquo;homme et d&rsquo;universalisme </strong>. Ces valeurs-l&agrave; &eacute;galement, il ne suffit pas de les proclamer. Ceux qui enferment des enfants dans des centres de r&eacute;tention, qui renvoient des r&eacute;fugi&eacute;s dans un pays en guerre, qui expulsent des lyc&eacute;ens et s&eacute;parent des familles, ne d&eacute;fendent pas les Droits de l&rsquo;Homme. Ceux qui ont propos&eacute; en mod&egrave;le l&rsquo;Am&eacute;rique de Bush, ceux qui ont re&ccedil;u des dictateurs en grande pompe ne d&eacute;fendent pas l&rsquo;universalisme. </p>
<p>Une femme m&rsquo;a &eacute;mue au cours des derni&egrave;res semaines et je veux lui rendre hommage devant vous. &nbsp; Depuis Berlin o&ugrave; elle a choisi de vivre, que nous dit-elle&nbsp;? Que la France o&ugrave; l&rsquo;on poursuit les enfants jusque dans leur &eacute;cole n&rsquo;est pas, n&rsquo;est plus la France. Elle a dit sa r&eacute;volte, et elle persiste &nbsp; malgr&eacute; les intimidations de la droite la plus dure qui lui assigne un grotesque &laquo;&nbsp;devoir de r&eacute;serve&nbsp;&raquo;. Cette femme, c&rsquo;est Marie NDiaye. C&rsquo;est l&rsquo;une des plus grandes &eacute;crivaines fran&ccedil;aises. Sa langue est superbe et parle de notre r&eacute;sistance &agrave; la d&eacute;tresse. Je le redis ce soir, ne touchez pas &agrave; Marie NDiaye. Ne touchez pas aux hommes et aux femmes de culture. </p>
<p><strong>La France que nous aimons, c&rsquo;est la France o&ugrave; Marie NDiaye aurait envie de revenir vivre. </strong></p>
<p align="center">* </p>
<h3><strong>Une nation m&eacute;tiss&eacute;e </strong></h3>
<p><strong>C&rsquo;est aussi une France qui s&rsquo;assume pleinement comme la nation m&eacute;tiss&eacute;e qu&rsquo;elle est aujourd&rsquo;hui. </strong></p>
<p>Au long des si&egrave;cles, la population fran&ccedil;aise a additionn&eacute; les origines diverses. Sous l&rsquo;Ancien R&eacute;gime, c&rsquo;&eacute;tait la France des provinces, la France des patois, un royaume aux multiples institutions et particularit&eacute;s qui sont encore bien vivantes. Puis &agrave; partir de la fin du XIXe si&egrave;cle, notre pays est devenu une grande terre d&rsquo;immigration. Toute cette diversit&eacute;, nous la retrouvons aujourd&rsquo;hui dans les patronymes. Italiens, Belges, Espagnols, Russes, Arm&eacute;niens, Allemands ou Polonais sont venus s&rsquo;installer en France pour travailler dans les mines et les usines. &Agrave; partir des ann&eacute;es 60, c&rsquo;est le tour de l&rsquo;immigration marocaine, tunisienne et alg&eacute;rienne, suivie de peu par les populations d&rsquo;Afrique noire. <strong>Tous donnent &agrave; la France son visage d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. </strong> C&rsquo;est ainsi que se construit chaque jour l&rsquo;identit&eacute; de la France. C&rsquo;est celle partag&eacute;e par Camus et C&eacute;saire. </p>
<p>La France que nous aimons r&eacute;unit toutes les histoires. Elle doit faire toute leur place aux descendants des immigr&eacute;s qui ont combattu pour notre pays et tant contribu&eacute; &agrave; le reconstruire, aux r&eacute;fugi&eacute;s fuyant les dictatures. </p>
<p>Toutes ces arriv&eacute;es ont model&eacute; nos villes et nos campagnes, nos entreprises, nos habitudes, notre vie quotidienne, nos go&ucirc;ts, notre connaissance des autres et du monde, nos r&ecirc;ves, et font la France d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. C&rsquo;est cette France que chantent les Reggiani, Yves Montand, Mouloudji, Barbara, Edith Piaf ou Jean Ferrat. Tous m&eacute;t&egrave;ques, comme le chantait Moustaki, tous amoureux de la France et de sa libert&eacute;. </p>
<p>A ceux qui stigmatisent l&rsquo;&eacute;tranger, on a envie de r&eacute;pondre avec les mots simples de Charles Aznavour rendant hommage aux &laquo;&nbsp;Emigrants &raquo; : &laquo; <i>Comment crois-tu qu&rsquo;ils sont venus ? / Ils sont venus, les poches vides et les mains nues / Pour travailler &agrave; tour de bras / Et d&eacute;fricher un sol ingrat / Comment crois-tu qu&rsquo;ils ont souffert ? / Ils ont souffert, certains en d&eacute;crivant l&rsquo;enfer / Avec la plume ou le pinceau / &ccedil;a nous a valu Picasso </i> &raquo;. </p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, on entend dire&nbsp;: <i>&laquo; mais ils viennent d&rsquo;Afrique, ils n&rsquo;ont pas la m&ecirc;me religion, les m&ecirc;mes valeurs, ils ne veulent pas s&rsquo;int&eacute;grer, ils continuent leurs traditions, ils ne font pas l&rsquo;effort d&rsquo;aller vers la culture de notre pays &raquo;&nbsp; </i>? Mais allez demander aux immigr&eacute;s d&rsquo;hier, Italiens ou Polonais, dont la religion &eacute;tait principalement chr&eacute;tienne si eux-m&ecirc;mes n&rsquo;ont pas longtemps perp&eacute;tu&eacute; des traditions de leur pays d&rsquo;origine. Mais surtout, ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;on aime le pays d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;on vient, le pays de ses parents que l&rsquo;on n&rsquo;aime pas la France. </p>
<p>Ces arriv&eacute;es souvent plus massives hier qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, se sont faites avec des heurts et des craintes. Mais, &agrave; chaque fois, la n&eacute;cessit&eacute; de l&rsquo;&eacute;poque, le temps qui fait son œuvre, mais aussi l&rsquo;engagement des hommes et des femmes qui cherchaient &agrave; unir, &agrave; respecter les autres ont permis de continuer la France. </p>
<p>Comment ne pas penser, ici &agrave; Rennes, &agrave; Mona Ozouf qui a magnifiquement parl&eacute; de cette tension permanente, <strong>de cette &laquo;&nbsp;composition fran&ccedil;aise&nbsp;&raquo;, </strong> de notre R&eacute;publique unie, mais pas uniforme. </p>
<p>Certains &agrave; droite nous expliquent que les immigr&eacute;s n&rsquo;auraient pas encore re&ccedil;u les <i>&laquo;&nbsp;codes d&rsquo;acc&egrave;s&nbsp;&raquo; </i> pour vivre en France. C&rsquo;est bien la preuve – je le rappelle – du lien qu&rsquo;elle &eacute;tablit entre le d&eacute;bat sur l&rsquo;identit&eacute; nationale et la question de l&rsquo;immigration. C&rsquo;est surtout un d&eacute;tournement de la v&eacute;rit&eacute;. Les principaux obstacles &agrave; l&rsquo;int&eacute;gration ne sont pas de nature culturelle. Ce sont les discriminations &eacute;conomiques et sociales, les &eacute;checs urbanistiques et les villes-ghettos, ou ce qui reste de racisme dans notre pays. </p>
<p>Arr&ecirc;tons les mensonges. Arr&ecirc;tons cette stigmatisation insupportable. D&eacute;non&ccedil;ons les propos sur les mariages gris comme les interdictions des minarets en Suisse. </p>
<p>Je veux &agrave; ce moment vous faire partager le bonheur que j&rsquo;ai eu &agrave; lire ces paroles de l&rsquo;&eacute;crivain libanais Amin Maalouf : &laquo;&nbsp; <i>les soci&eacute;t&eacute;s devraient assumer, elles aussi, les appartenances multiples qui ont forg&eacute; leur identit&eacute; &agrave; travers l&rsquo;histoire&nbsp;&raquo;. </i></p>
<p>L&rsquo;&eacute;galit&eacute; se gagne ou se perd &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e de l&rsquo;h&ocirc;pital, dans l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;emploi, dans le regard d&rsquo;un DRH ou &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e d&rsquo;une bo&icirc;te de nuit. La fraternit&eacute; se gagne ou se dissout devant la porte d&rsquo;une pr&eacute;fecture, dans la hantise d&rsquo;une expulsion de sa famille chaque fois que l&rsquo;on prend le m&eacute;tro, dans l&rsquo;injustice des contr&ocirc;les d&rsquo;identit&eacute; au faci&egrave;s dans la rue ou dans le train. </p>
<p>Pour construire une identit&eacute; commune, on ne commence pas par dire <i>&laquo;&nbsp;la France, tu l&rsquo;aimes ou tu la quittes&nbsp;&raquo; </i>. On ne cr&eacute;e pas un minist&egrave;re de l&rsquo;Identit&eacute; Nationale et de l&rsquo;Immigration. En liant immigration et identit&eacute;, on ne rend service ni aux migrants, ni &agrave; la France. Comment construire le vivre ensemble sur le refus de l&rsquo;autre&nbsp;? </p>
<p>La France qu&rsquo;on aime, c&rsquo;est celle qui dit&nbsp;: <i>&laquo;&nbsp;La France, tu l&rsquo;aimes, donc tu la construis avec nous&nbsp;&raquo; </i>. Il faut faire aimer la France&nbsp; <strong>; </strong> aujourd&rsquo;hui nos gouvernants aggravent les fractures sociales, abandonnent les banlieues, favorisent la promotion de quelques-uns et entretiennent la stigmatisation des jeunes et aussi des Fran&ccedil;ais issus de l&rsquo;immigration et des &eacute;trangers. </p>
<p>Alors sachons d&eacute;finir une politique d&rsquo;immigration avec des r&egrave;gles claires et justes, d&eacute;finies en partenariat avec les pays d&rsquo;origine. Faisons vivre le droit d&rsquo;asile dans la France, terre des Droits de l&rsquo;Homme. Et comme nous l&rsquo;avons demand&eacute;, donnons un avenir ici dans notre pays, en r&eacute;gularisant ceux qui ont montr&eacute; leur capacit&eacute; d&rsquo;int&eacute;gration depuis plusieurs ann&eacute;es sur notre territoire, ceux qui travaillent, cotisent, paient des imp&ocirc;ts, ceux qui ont des enfants scolaris&eacute;s…C&rsquo;est cela aussi l&rsquo;identit&eacute; de la France. </p>
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<h3><strong>La gauche et la nation </strong></h3>
<p>Certains pr&eacute;tendent que <strong>la gauche aurait un probl&egrave;me avec la nation </strong>. C&rsquo;est un classique d&rsquo;une certaine droite que d&rsquo;essayer d&rsquo;exclure la gauche de l&rsquo;identit&eacute; collective en l&rsquo;accusant de mal servir notre pays. Cela rappelle d&rsquo;ailleurs des heures sombres. </p>
<p>Il faut citer en r&eacute;ponse les mots de L&eacute;on Blum devant ses juges au proc&egrave;s de Riom, lorsque le r&eacute;gime de Vichy l&rsquo;accusait d&rsquo;&ecirc;tre anti-fran&ccedil;ais&nbsp;: <i>&laquo;&nbsp;Je crois que vous ne pourrez pas nous chasser de l&rsquo;histoire de ce pays. Nous n&rsquo;y mettons pas de pr&eacute;somption, mais nous y apportons une certaine fiert&eacute;&nbsp;: nous avons, dans un temps bien p&eacute;rilleux, personnifi&eacute; et vivifi&eacute; la tradition authentique de notre pays, qui est la tradition d&eacute;mocratique et r&eacute;publicaine.&nbsp;&raquo; </i></p>
<p>Prolongeant ces paroles admirables de Blum, je voudrais rappeler la v&eacute;rit&eacute; historique. </p>
<p>En France, <strong>ce qui a constitu&eacute; la nation, c&rsquo;est d&rsquo;abord la R&eacute;volution. </strong> Contre les forces r&eacute;actionnaires, ce sont les r&eacute;volutionnaires qui ont fait de la nation, le d&eacute;tenteur de la souverainet&eacute; capable de se gouverner. </p>
<p>Disons-le clairement&nbsp;: si la nation n&rsquo;appartient pas &agrave; la gauche, dans notre pays, la nation est n&eacute;e par la gauche et par les opposants &agrave; l&rsquo;ordre &eacute;tabli, &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e Constituante. Elle est n&eacute;e d&rsquo;un projet politique&nbsp;: le projet de l&rsquo;&eacute;mancipation de l&rsquo;homme, le projet de la libert&eacute; d&eacute;mocratique, le projet de l&rsquo;&eacute;galit&eacute; citoyenne. Ce projet reste actuel, il est en construction permanente et il est partag&eacute; par beaucoup. </p>
<p><strong>Alors cessons les faux proc&egrave;s et les vraies manipulations. Et regardons en face la vraie crise qui touche la France. C&rsquo;est son mod&egrave;le social qui est mis &agrave; mal, c&rsquo;est la soci&eacute;t&eacute; qui se fissure. C&rsquo;est cela que refusent les Fran&ccedil;ais. </strong></p>
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<h3><strong>Les visages du tour de France </strong></h3>
<p>Il n&rsquo;y avait qu&rsquo;&agrave; entendre les Fran&ccedil;ais rencontr&eacute;s dans ce tour de France. Des hommes et des femmes en difficult&eacute; parfois, mais des hommes et des femmes fiers, &eacute;nergiques, chaleureux, pr&ecirc;ts &agrave; se mobiliser pour changer leur pays. </p>
<p>Vous&nbsp;! </p>
<p>Vous les salari&eacute;s qui travaillez dur et qui gagnez peu ! Vous, les jeunes, qui gal&eacute;rez entre petit boulot, ch&ocirc;mage et stage ! Vous, les parents, les familles, qui n&rsquo;arrivez plus &agrave; faire face. Vous les retrait&eacute;s qui avez des projets et n&rsquo;arrivez pas &agrave; les mener &agrave; bien. Je pense &agrave; cette dame de Nantes qui disait&nbsp;: &laquo;&nbsp; <i>le social, &ccedil;a s&rsquo;en va, &ccedil;a devient un peu comme les Etats-Unis, on enl&egrave;ve ce qui est social, on enl&egrave;ve m&ecirc;me sur les allocations familiales… on touche m&ecirc;me la famille. </i>&nbsp;&raquo;. Je pense aussi ce soir &agrave; cette m&egrave;re au foyer de Charente-Maritime qui disait <i>&laquo;&nbsp;Mon fils a 7 mois, mon autre fils a 10 ans. Ils seront quoi&nbsp;? Ils seront ch&ocirc;meurs. Ils sortent avec la carte de ch&ocirc;meur dans le ventre. Moi &ccedil;a me fait peur&nbsp;&raquo;. </i> Qu&rsquo;on ne puisse plus entendre cela dans notre pays, voil&agrave; qui nous assigne un devoir majeur&nbsp;! </p>
<p>Je pense aussi &agrave; tous ceux qui servent la France et l&rsquo;&eacute;galit&eacute; au travers des services publics ! Vous les postiers, les cheminots qui luttez contre la privatisation, pas pour vous, mais pour que les services publics ne d&eacute;sertent pas les territoires d&eacute;sh&eacute;rit&eacute;s. Vous les fonctionnaires, professeurs, m&eacute;decins, magistrats. Comment ne pas citer les propos de cette femme qui disait, bient&ocirc;t&nbsp;: &nbsp; <i>&laquo;&nbsp;l&rsquo;&eacute;ducation ne sera plus nationale, l&rsquo;h&ocirc;pital ne sera plus l&rsquo;assistance publique&nbsp;&raquo; </i> ou cette autre femme rencontr&eacute;e &agrave; Nancy&nbsp;: &laquo;&nbsp; <i>On est en train, en supprimant des postes, des tribunaux, des transports, de supprimer cette France terrienne, rurale qui pour moi est essentielle </i>.&nbsp;&raquo;. Cela, je leur dis, nous ne le laisserons pas faire, nous d&eacute;fendrons les services publics qui sont le patrimoine de ceux qui n&rsquo;en ont pas. </p>
<p>Je pense aussi &agrave; nos chercheurs, nos ing&eacute;nieurs, nos entrepreneurs, nos cr&eacute;ateurs. Pour moi la France, c&rsquo;est vous, vous les cr&eacute;ateurs d&rsquo;entreprises, les vrais entrepreneurs, les vrais cr&eacute;ateurs d&rsquo;emplois. Et vous, aujourd&rsquo;hui, vous n&rsquo;&ecirc;tes pas aid&eacute;s. <i>&laquo;&nbsp;Les banques marchent sur la t&ecirc;te, elles nous tournent le dos alors qu&rsquo;on les a aid&eacute;es.&nbsp;&raquo; </i> nous ont dit de multiples patrons de PME, artisans et commer&ccedil;ants crois&eacute;s dans ce tour de France. </p>
<p>Pour moi la France, c&rsquo;est vous, vous qui animez b&eacute;n&eacute;volement les syndicats et les associations. Vous &nbsp; les Fran&ccedil;ais solidaires et fraternels, comme ce jeune homme rencontr&eacute; &agrave; Grenoble venu nous demander ce qu&rsquo;il pouvait faire pour aider &agrave; changer notre pays. </p>
<p><strong>Oui, d&eacute;cid&eacute;ment, on est Fran&ccedil;ais quand on partage les valeurs de la France et quand on veut construire ensemble son avenir. </strong></p>
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<h3><strong>Quelle soci&eacute;t&eacute; voulons-nous&nbsp;? </strong></h3>
<p>En effet, <strong>la coh&eacute;sion d&rsquo;une nation, c&rsquo;est de partager une communaut&eacute; de destin. </strong></p>
<p>Le probl&egrave;me de la France n&rsquo;est pas tant une panne d&rsquo;identit&eacute; qu&rsquo;un pr&eacute;sent difficile et une absence d&rsquo;avenir. Ce qu&rsquo;attendent les Fran&ccedil;ais, c&rsquo;est une nouvelle donne. C&rsquo;est &agrave; nous, politiques, de redonner un sens &agrave; la soci&eacute;t&eacute;. </p>
<p>Le syst&egrave;me actuel marche sur la t&ecirc;te. Il faut en changer, transformer profond&eacute;ment notre mani&egrave;re de produire, de redistribuer, de consommer, mais aussi de vivre ensemble, je vais y revenir. </p>
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<p>Mais je voudrais auparavant me faire le porte-parole des milliers d&rsquo;hommes et de femmes rencontr&eacute;es dans ce tour de France en &eacute;voquant trois urgences absolues. Autant le dire clairement&nbsp;: <strong>les Fran&ccedil;ais s&rsquo;interrogent moins aujourd&rsquo;hui sur leur identit&eacute; …que sur leurs fins de mois, leur emploi, et l&rsquo;avenir de leurs enfants&nbsp;! </strong></p>
<p>&#8226;&nbsp; <strong>La premi&egrave;re urgence, c&rsquo;est l&rsquo;emploi et le pouvoir d&rsquo;achat. </strong></p>
<p>Face &agrave; la crise, le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique a choisi son camp&nbsp;: les &laquo;&nbsp;grands&nbsp;&raquo; seraient prot&eacute;g&eacute;s et les &laquo;&nbsp;petits&nbsp;&raquo; paieraient. </p>
<p>Aux premiers, il a accord&eacute; le bouclier fiscal, la suppression de la taxe professionnelle, le sauvetage des banques, ou plut&ocirc;t des banquiers, car ni les PME ni les particuliers n&rsquo;ont vu la couleur des milliards d&rsquo;euros dont elles ont b&eacute;n&eacute;fici&eacute;. </p>
<p>Les seconds, c&rsquo;est &agrave; dire tous les autres, n&rsquo;ont eu droit qu&rsquo;&agrave; un plan de relance insuffisant sur l&rsquo;investissement, insignifiant sur la consommation et incons&eacute;quent sur l&rsquo;emploi. Et &agrave; cela, s&rsquo;ajoute la farce du grand emprunt. </p>
<p>Un chiffre &eacute;claire ce l&acirc;chage pr&eacute;sidentiel de la France du travail et quoiqu&rsquo;en dise le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique encore hier se f&eacute;licitant de faire mieux que les autres. A la veille de la crise, en juillet 2008, la France et l&rsquo;Allemagne avaient le m&ecirc;me taux de ch&ocirc;mage, 7,4%. Aujourd&rsquo;hui, la France est &agrave; 10% et l&rsquo;Allemagne &agrave; 7,6%. La condamnation est sans appel. La faute est grave. Les cons&eacute;quences sont lourdes. </p>
<p>Et qu&rsquo;on ne nous parle pas de sortie de crise. Que les financiers soient sortis d&rsquo;affaire, c&rsquo;est ind&eacute;niable. Les banques affichent des b&eacute;n&eacute;fices insolents sans retour pour l&rsquo;Etat et les fran&ccedil;ais. La valse ind&eacute;cente des bonus, des stocks options et des parachutes dor&eacute;s a repris dans les entreprises y compris celles qui se sont effondr&eacute;es dans la crise. </p>
<p>Mais la crise sociale est bien l&agrave; et malheureusement encore largement devant nous. On annonce 500&nbsp;000 ch&ocirc;meurs de plus dans les mois qui viennent&nbsp;! La situation est fragile, l&rsquo;investissement ne se redresse pas, la consommation flanche, il faut la soutenir en donnant du pouvoir d&rsquo;achat, comme il faut engager les investissements pour pr&eacute;parer l&rsquo;avenir. </p>
<p>Alors je le redis au Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique&nbsp;: vous persistez et signez, la r&eacute;alit&eacute; vous rattrape. Prenez la mesure des difficult&eacute;s et agissez. </p>
<p><strong>Les socialistes proposent quatre mesures simples </strong>&nbsp;: un remboursement de TVA de 200 euros &agrave; 16 millions de m&eacute;nages pour relancer la consommation&nbsp;; l&rsquo;allongement de six mois des dur&eacute;es d&rsquo;indemnisation du ch&ocirc;mage et de ch&ocirc;mage partiel pour accompagner les victimes de la crise&nbsp;; la cr&eacute;ation imm&eacute;diate de 150&nbsp;000 emplois jeunes –premiers touch&eacute;s par la crise-&nbsp;; des moyens pour les collectivit&eacute;s locales qui r&eacute;alisent les trois quart des investissements publics. </p>
<p>Ces mesures peuvent &ecirc;tre financ&eacute;es par la suppression de la baisse de la TVA dans la restauration qui n&rsquo;a eu aucun impact&nbsp;; par une augmentation de 10% de l&rsquo;imp&ocirc;t sur les soci&eacute;t&eacute;s des banques&nbsp;; par la suppression de la subvention absurde aux heures suppl&eacute;mentaires&nbsp;; par le remboursement des dettes de l&rsquo;Etat aux collectivit&eacute;s locales. </p>
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<p><strong>- La deuxi&egrave;me urgence, c&rsquo;est le logement </strong>. </p>
<p>La crise a mis des centaines de milliers d&rsquo;hommes et de femmes dans la situation de ne plus pouvoir assumer leur loyer ou les charges de remboursement. Le logement est le premier poste budg&eacute;taire dans la consommation des m&eacute;nages modestes, jusqu&rsquo;&agrave; 50 % du budget dans certains cas. </p>
<p>Alors je veux aujourd&rsquo;hui faire deux propositions simples&nbsp;: un plan massif de construction de logements et le gel des loyers pour cinq ans. Entre les locataires et les propri&eacute;taires, le balancier a franchi les limites du raisonnable. Il faut retrouver un &eacute;quilibre. Et s&rsquo;attaquer &agrave; la question de la pr&eacute;carit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique qui touche d&eacute;sormais une proportion pr&eacute;occupante de la population. </p>
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<p><strong>La troisi&egrave;me urgence, c&rsquo;est de mettre fin aux r&eacute;mun&eacute;rations excessives et aux avantages fiscaux indus </strong>. </p>
<p>La crise est dure, ces injustices la rendent insupportables. </p>
<p><strong>Les d&eacute;put&eacute;s socialistes ont d&eacute;pos&eacute; des propositions de loi justes </strong>&nbsp;: l&rsquo;abrogation du bouclier fiscal&nbsp;; la limitation des bonus &agrave; la part fixe du salaire, la suppression des stock-options sauf pour les PME naissantes&nbsp;; mais aussi la limitation de la hi&eacute;rarchie des r&eacute;mun&eacute;rations. </p>
<p>Voil&agrave; des propositions susceptibles de remettre la France &agrave; l&rsquo;heure de la justice&nbsp;! </p>
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<p>Nos compatriotes veulent des solutions concr&egrave;tes et imm&eacute;diates &agrave; leurs probl&egrave;mes. </p>
<p><strong>Mais ils s&rsquo;inqui&egrave;tent aussi pour l&rsquo;avenir de leur pays, pour celui de leurs enfants. </strong></p>
<p><strong>Ils attendent de nous une vision de la soci&eacute;t&eacute;, un projet, une perspective de progr&egrave;s. </strong> Ils demandent&nbsp;: si vous revenez au pouvoir en 2012, que ferez-vous&nbsp;? O&ugrave; voulez-vous conduire notre pays&nbsp;? </p>
<p><strong>Je ne vais pas l&agrave; bien s&ucirc;r vous d&eacute;cliner le projet des socialistes pour 2012. </strong> Ce projet est en chantier et nous avan&ccedil;ons fortement. Ce tour de France nous a confort&eacute; dans nos certitudes. </p>
<p>La premi&egrave;re certitude est que <strong>l&rsquo;heure n&rsquo;est plus &agrave; proposer quelques adaptations au syst&egrave;me actuel, il faut en changer </strong>. La crise est globale, la r&eacute;ponse doit &ecirc;tre globale. </p>
<p>Deuxi&egrave;me certitude, il est <strong>temps de renoncer &agrave; nos renoncements </strong>. La sociale d&eacute;mocratie traditionnelle a accouch&eacute; d&rsquo;un syst&egrave;me de protection sociale qui est une r&eacute;f&eacute;rence dans le monde. Mais elle n&rsquo;a pas su r&eacute;pondre aux enjeux de notre temps. &nbsp; Il nous faut en effet r&eacute;inventer les r&eacute;ponses aux d&eacute;fis de la mondialisation, des chocs d&eacute;mographiques, &eacute;cologiques et technologiques. </p>
<p>Oui, c&rsquo;est <strong>une nouvelle donne que nous devrons proposer </strong>. </p>
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<p>- <strong>Une nouvelle donne &eacute;conomique et durable </strong>d&rsquo;abord, en s&rsquo;appuyant sur un Etat strat&egrave;ge qui r&eacute;gule puissamment l&rsquo;&eacute;conomie, en oriente le cours et corrige les exc&egrave;s du march&eacute;&nbsp;; un Etat strat&egrave;ge qui soutient la recherche et pr&eacute;pare l&rsquo;avenir. </p>
<p>L&rsquo;Etat devra donner au moins <strong>trois directions </strong> &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie de notre pays : <strong>conduire la mutation &eacute;cologique de notre industrie, la r&eacute;volution num&eacute;rique de nos services et la transformation biologique et raisonn&eacute;e de notre agriculture. </strong> Ce sont les r&eacute;volutions industrielles du XXI&deg; si&egrave;cle. </p>
<p>A nous de nous y engager pleinement. En n&rsquo;oubliant jamais que le g&eacute;nie fran&ccedil;ais, c&rsquo;est de r&eacute;ussir le mariage entre l&rsquo;innovation et la solidarit&eacute;. Le TGV et le RER, l&rsquo;internet &agrave; haut d&eacute;bit et le prix unique du timbre, le G&eacute;nopole, et les centres de sant&eacute; de proximit&eacute;. </p>
<p>Il ne s&rsquo;agit pas de renoncer au progr&egrave;s, &agrave; la science, &agrave; la technologie. Il s&rsquo;agit de leur assigner une direction&nbsp;: le d&eacute;veloppement humain dans le respect de la plan&egrave;te. </p>
<p>Pour cela, soutenons la recherche aujourd&rsquo;hui oubli&eacute;e&nbsp;; les cr&eacute;ateurs, les innovateurs, les ing&eacute;nieurs aujourd&rsquo;hui supplant&eacute;s par les financiers dans les entreprises&nbsp;; les PME aujourd&rsquo;hui &eacute;trangl&eacute;es par les banquiers. </p>
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<p>- <strong>Nous voulons aussi une nouvelle donne sociale </strong><strong>fond&eacute;e sur un autre partage des richesses, sur une fiscalit&eacute; profond&eacute;ment redistributive et une </strong><strong>revalorisation du travail </strong>. </p>
<p>&Agrave; la crise du ch&ocirc;mage, s&rsquo;ajoutent aujourd&rsquo;hui une profonde crise du travail, un travail mal r&eacute;mun&eacute;r&eacute; et pr&eacute;caris&eacute; ainsi que des conditions de travail difficiles. La souffrance et le stress au travail, les maladies professionnelles, les harc&egrave;lements, les m&eacute;tiers p&eacute;nibles et les rythmes absurdes se d&eacute;veloppent. N&rsquo;oublions pas les suicides au travail, et je sais que la Bretagne &agrave; Lannion n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; &eacute;pargn&eacute;e par ceux de France Telecom. </p>
<p>Oui, il faut revaloriser le travail, non pas par des slogans du type <i>&laquo;&nbsp;travailler plus pour gagner plus&nbsp;&raquo; </i>, mais en retrouvant le chemin de l&rsquo;emploi, de la juste r&eacute;mun&eacute;ration du travail, de la reconnaissance des comp&eacute;tences des salari&eacute;s. Il nous faut mettre en place de nouveaux droits adapt&eacute;s &agrave; un monde o&ugrave; il faudra pouvoir changer d&rsquo;entreprise et sans doute de m&eacute;tier, de nouveaux droits pour prot&eacute;ger contre les changements n&eacute;cessaires, mais aussi pour progresser professionnellement. <strong>C&rsquo;est ce que nous appelons la s&eacute;curit&eacute; sociale professionnelle tout au long de la vie. </strong></p>
<p>C&rsquo;est par cette r&eacute;elle revalorisation du travail que passe aussi l&rsquo;&eacute;mancipation de chaque homme et chaque femme. Elle s&rsquo;adresse bien s&ucirc;r aux salari&eacute;s, mais aussi aux travailleurs ind&eacute;pendants, artisans, commer&ccedil;ants, cr&eacute;ateurs de TPE ou de PME, et au monde des nouveaux m&eacute;tiers des services ou des technologies, qui font tous la richesse de notre pays. <strong>Renouer le fil avec et entre tous ces hommes et toutes ces femmes qui font la force de &nbsp; notre &eacute;conomie et la richesse de notre pays, c&rsquo;est l&rsquo;un des enjeux majeurs pour la France, auquel le socialisme du XXI&deg; si&egrave;cle doit r&eacute;pondre </strong>. </p>
<p>Cette nouvelle donne sociale doit permettre l&rsquo;&eacute;mancipation r&eacute;elle de chacun et le d&eacute;veloppement de chaque territoire. <strong>Pour ce faire, il nous faut des services publics forts, mais aussi profond&eacute;ment r&eacute;nov&eacute;s </strong>. </p>
<p>En effet, il faut le dire, la gauche a souvent privil&eacute;gi&eacute; des r&eacute;ponses uniformes. Il nous faut aujourd&rsquo;hui garder ces protections collectives que la droite veut mettre &agrave; bas, mais les adapter aux aspirations individuelles, aux difficult&eacute;s et aux atouts de chacun. </p>
<p>Il convient en effet de personnaliser les r&eacute;ponses&nbsp;: par exemple en accompagnant chaque personne &acirc;g&eacute;e, en tenant compte de ses aspirations, de sa situation de sant&eacute; et de ses moyens financiers pour qu&rsquo;elle prenne toute sa place dans la soci&eacute;t&eacute;, qu&rsquo;elle r&eacute;alise ses projets. Nous devons aussi apporter &agrave; chaque enfant les soutiens, les m&eacute;thodes p&eacute;dagogiques et les rythmes scolaires dont il a besoin. Ceci n&eacute;cessite, et nous le pr&eacute;parons, un nouveau pacte &eacute;ducatif, en redonnant leur fiert&eacute; et leur place aux enseignants. </p>
<p>Ceci n&eacute;cessite aussi de donner &agrave; chaque jeune <strong>une allocation d&rsquo;autonomie </strong> pour se former, se loger et construire sa vie, quelle que soit la situation de ses parents. C&rsquo;est ainsi que nous permettrons &agrave; cette jeune fille de la Seyne-sur-Mer, qui nous a tous &eacute;mus, de construire sa vie. </p>
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<p>- <strong>Nouvelle donne &eacute;conomique, nouvelle donne sociale mais aussi nouvelle donne d&eacute;mocratique </strong> face &agrave; un pr&eacute;sident autocratique qui veut d&eacute;cider de tout et mettre tous les pouvoirs sous sa coupe. Il nous faudra en 2012, construire une 6&egrave;me r&eacute;publique fond&eacute;e sur un r&eacute;gime parlementaire fort, des contre-pouvoirs restaur&eacute;s, une presse et une justice ind&eacute;pendante, une vraie d&eacute;centralisation, une d&eacute;mocratie sociale renouvel&eacute;e ainsi que de nouvelles formes de participation des citoyens &agrave; la vie publique. </p>
<p>- <strong>Nouvelle donne internationale enfin </strong>&nbsp; <strong>: </strong> une France respect&eacute;e dans les enceintes internationales, pour son ind&eacute;pendance, pour ses valeurs. Une France fer de lance d&rsquo;une Europe politique, &eacute;conomique et sociale-&eacute;cologique, porteuse d&rsquo;un message universel vers le monde, un nouveau monde solidaire avec le Sud. </p>
<p align="center">* </p>
<p><strong>Ce nouveau projet pour la France, vous l&rsquo;avez compris, s&rsquo;appuie profond&eacute;ment sur les valeurs de notre identit&eacute;. </strong></p>
<p>Il redonne du sens &agrave; une soci&eacute;t&eacute; qui l&rsquo;a perdue sous les coups de butoir du lib&eacute;ralisme financier et de ceux qui le soutiennent. </p>
<p>Redonner du sens, c&rsquo;est faire &agrave; nouveau rimer libert&eacute; et &eacute;galit&eacute;, sachant que sans droits r&eacute;els d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;&eacute;ducation, au logement, &agrave; la sant&eacute;, &nbsp; &agrave; l&rsquo;emploi, on n&rsquo;est pas libre de construire sa vie. </p>
<p>Redonner du sens, c&rsquo;est faire aussi des individus, des citoyens respectueux des r&egrave;gles et respectueux des autres. </p>
<p>Pas plus qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, la droite ne peut nous donner des le&ccedil;ons en mati&egrave;re &eacute;conomique ou de gestion tant son &eacute;chec est grand, elle ne pourra non plus nous donner &agrave; l&rsquo;avenir de le&ccedil;ons sur la s&eacute;curit&eacute;. Quand, par id&eacute;ologie, on supprime des effectifs dans la justice et la police, quand on supprime la police de proximit&eacute;, quand on ne s&rsquo;attaque pas aux causes profondes qui engendrent la violence, et bien l&rsquo;&eacute;chec est patent. </p>
<p>Mais donner du sens, c&rsquo;est aussi demander aux Fran&ccedil;ais -et ils l&rsquo;attendent, ils nous l&rsquo;ont dit-, de nous aider &agrave; former une soci&eacute;t&eacute; plus solidaire et plus fraternelle. </p>
<p>Il nous faut construire des nouveaux liens entre les personnes, des solidarit&eacute;s concr&egrave;tes et collectives. Il nous faut retrouver le souci de l&rsquo;autre&nbsp;: tendre la main &agrave; un enfant qui d&eacute;rape, lutter contre l&rsquo;isolement des plus &acirc;g&eacute;s ou des plus exclus, avoir un autre regard sur ceux qui sont diff&eacute;rents… </p>
<p>Cette soci&eacute;t&eacute; l&agrave;, j&rsquo;en suis convaincue, correspond &agrave; la France qu&rsquo;on aime. </p>
<p>Le bonheur d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; ne se r&eacute;sume pas &agrave; l&rsquo;accumulation de biens mat&eacute;riels, m&ecirc;me si chacun doit pouvoir b&eacute;n&eacute;ficier de l&rsquo;essentiel pour vivre. </p>
<p>Le bonheur, c&rsquo;est de ne pas &ecirc;tre oblig&eacute; de travailler le dimanche&nbsp;: on a six jours pour avoir, pour acheter, nous voulons garder un jour pour &ecirc;tre, c&rsquo;est-&agrave;-dire du temps pour soi, pour sa famille, pour les autres. </p>
<p>Le bonheur c&rsquo;est de vivre dans une soci&eacute;t&eacute; apais&eacute;e parce que juste, et donnant sa chance &agrave; chacun. </p>
<p>Le bonheur, c&rsquo;est de nouer autour de soi des relations amicales et affectives. </p>
<p>Le bonheur, c&rsquo;est aussi de partager les grandes &eacute;motions que nous apporte la culture. </p>
<p><strong>Dans le fond, ce que nous voulons, c&rsquo;est une soci&eacute;t&eacute; qui prend soin de chacun, o&ugrave; chacun prend soin des autres, et o&ugrave; ensemble nous prenons soin de l&rsquo;avenir.<br />
</strong><strong>C&rsquo;est cela la France qu&rsquo;on aime. Nous la ferons avec vous.<br />
</strong><strong>C&rsquo;est cela le message de Rennes. </strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Martine Aubry au 9e congrès du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) à Grenoble</title>
		<link>http://discours.parti-socialiste.fr/2009/11/22/martine-aubry-au-9e-congres-du-mouvement-des-jeunes-socialistes-mjs-a-grenoble/</link>
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		<pubDate>Sun, 22 Nov 2009 09:54:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>discours</dc:creator>
				<category><![CDATA[Martine Aubry]]></category>

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		<description><![CDATA[Martine Aubry était présente au 9e congrès du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) à Grenoble et a félicité aurianne Deniaud, la nouvelle présidente du mouvement, élue le week-end dernier. Dans un discours rassemblant les générations socialistes, la Première secrétaire du PS est revenue sur la situation de la jeunesse de France, et a encouragé le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<p>Martine Aubry était présente au 9e congrès du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) à Grenoble et a félicité aurianne Deniaud, la nouvelle présidente du mouvement, élue le week-end dernier.</p>
<p>Dans un discours rassemblant les générations socialistes, la Première secrétaire du PS est revenue sur la situation de la jeunesse de France, et a encouragé le MJS à devenir une force de proposition pour le Parti sur les questions sociales.</p>
<p>«Je voudrais vous dire le plaisir qui est le mien, d’être ici avec vous, pour le 9e Congrès du Mouvement des Jeunes<br />
Socialistes. Nous avons besoin de vous alors que le moment est lourd et inquiétant. La droite mène une bataille  idéologique. Un drôle de climat s’installe dans notre pays.</p>
<p>Les jeunes auraient pu nous aider à sortir de la crise. C’est le pari que nous avions fait en arrivant aux responsabilités en 1997, alors que le pays était endetté. La réalité de notre pays est actuellement toute autre. Les générations qui arrivent à l’âge adulte, depuis le milieu des années 1990, entrent dans la vie active bien plus tardivement et bien plus difficilement que leurs parents.</p>
<p>Ce problème n’est pas celui des jeunes. C’est le problème de la société française. Nous avons<br />
l’impression que les jeunes sont victimes d’un bizutage permanent, un bizutage social. Quand ils ont la chance d’entrer dans une entreprise, en général, c’est pour y effectuer un stage. Le stage est logique lorsqu’on fait des études, mais une fois diplômé, il ne doit plus être autorisé. Il faut faire en sorte que les stages soient rémunérés, car il n’est pas acceptable d’utiliser les jeunes, leurs compétences, leur sens de l’innovation, pour ne pas les rémunérer. C’est pourtant le cas aujourd’hui.</p>
<p>23,9% des jeunes actifs sont au chômage. C’est un niveau record. Un jeune qui entre aujourd’hui sur le marché du<br />
travail doit attendre de huit à onze ans pour obtenir son premier CDI. L’âge moyen d’accès à l’emploi stable est de 28 ans. Mais qu’ont donc fait les jeunes en France pour qu’il faille attendre huit ans pour utiliser leurs compétences ? Voilà ce qu’il faut changer. Il ne s’agit pas de proposer un CPE, ou je ne sais quel dispositif spécial, mais il faut proposer un vrai statut pour les jeunes.</p>
<p>La première pierre de ce statut est l’allocation d’autonomie, comme vous la proposez au MJS. Cela permettra à tous les jeunes d’avoir les moyens de vivre en se formant, en faisant eux-mêmes leur choix de vie librement. Je porte le combat pour l’allocation d’autonomie depuis longtemps parce que je sais l’injustice du système actuel :l’État consacre plus d’argent en exonérations fiscales aux familles les plus riches ayant un enfant à charge (1,7<br />
milliards d’euros par an) qu’en aides directes aux étudiants (1,3 milliards d’euros). C’est un scandale auquel il faut mettre fin. Si nous l’emportons en 2012, nous créerons cette allocation d’autonomie.</p>
<p>Ce sera l’un de nos tous premiers chantiers. En attendant, et parce qu’il y a une crise violente pour tous<br />
mais en particulier pour les jeunes, nous demandons d’agir vite sur la question du logement.</p>
<p>Je fais trois propositions simples mais urgentes : généralisons le cautionnement solidaire, pour supprimer les barrières d’accès au logement qui touchent les jeunes. Faisons-le dans nos collectivités ! Supprimons le mois de carence des aides au logement qui alourdit péniblement les dépenses d’entrée dans l’appartement, particulièrement<br />
pour les étudiants lors de la rentrée en septembre. Enfin, donnons le même montant d’aides aux jeunes qui sont en<br />
colocation. Avec le cautionnement solidaire obligatoire, les différences liées à la famille et aux ressources des parents sont gommées. Faisons cela aujourd’hui avant de mettre en place l’allocation autonomie.</p>
<p>Je voudrais terminer en vous disant :« On a besoin de vous ». Pas seulement du MJS, mais des jeunes en général. Nous<br />
avons besoin des jeunes pour changer ce climat atroce qui s’est installé dans notre pays. Je ne pardonnerai jamais à<br />
Nicolas Sarkozy d’avoir lié, par l’intermédiaire d’Éric Besson, le débat sur l’identité nationale à celui de l’immigration. Les jeunes, par définition, aiment la différence. Par définition, ils sont ouverts aux autres, ils aiment découvrir ce qui leur est étranger.Les jeunes ne sont pas refermés sur euxmêmes. Aujourd’hui, le projet<br />
de Nicolas Sarkozy est de refermer la France sur elle-même. Il faut être fier de son identité, quelles que soient nos origines.</p>
<p>La gauche a trop souvent suivi la droite sur ce sujet, aujourd’hui, il faut arrêter de nous perdre. Il faut être fier de nos valeurs comme nous sommes fiers de l’identité de notre pays. Dans le Tour de France que j’effectue en ce<br />
moment,àNancy,àGrenoble,à La Seyne-sur-mer ou à Rennes, partout, je rencontre des Français qui me disent, « Nous<br />
avons envie de retrouver la France des droits de l’homme, notre pays et que nous avons perdue avec Nicolas Sarkozy ».</p>
<p>Nicolas Sarkozy fait honte à la France en mêlant identité nationale et immigration, les Français ne le suivront pas sur ce terrain. Les Français ont compris que ces milliers de sans-papiers, qui sont aujourd’hui exploités dans des<br />
entreprises, doivent être régularisés. Les Français ont compris, notamment grâce à RESF, que l’enfant sans-papiers a la même part d’humanité que leur fils ou leur fille dont il partage le même banc d’école. Ils veulent qu’ils restent en France. Les Français ont compris cela, alors que le président, lui, n’a toujours pas compris.</p>
<p>Le Parti socialiste débattra dans les jours qui viennent. Mais je vous fais part ici de ma conviction. Je ne vais pas rentrer dans le détail,mais je veux profiter de cette journée pour lancer un appel à une régularisation large des sans-papiers qui veulent s’intégrer dans notre pays. Cette régularisation sera fondée sur des critères<br />
simples et objectifs, en commençant par régler la situation des travailleurs sans papiers.</p>
<p>Nous proposerons une autre politique d’immigration qui tourne le dos à la rhétorique dégradante de « l’immigration<br />
choisie ou subie ». Nous voulons construire un partenariat équitable et respectueux entre le pays d’accueil et le pays d’émigration. Je n’ose même pas citer Éric Besson qui, hier, parlait des « mariages gris », il ne manquait plus que cela pour que la honte ne l’atteigne définitivement. Nous voulons que l’on puisse aimer qui l’on veut, que l’on soit black, blanc, beur, ou homosexuel. Car on a le droit d’aimer qui l’on veut. Nous sommes d’ailleurs favorables<br />
au mariage et à l’adoption pour les homosexuels.</p>
<p>Voilà quelques pistes que nous pourrons compléter et bâtir ensemble. Le Parti socialiste a besoin d’un Mouvement des<br />
Jeunes Socialistes vivant et qui soit à l’image des jeunes de la société française. L’avenir du MJS est entre vos mains. Et à l’image des générations précédentes qui ont assumé leur part de travail, c’est à la vôtre aujourd’hui d’écrire votre page d’histoire. Bon travail et longue vie au MJS ! »</p>
<p><strong>Martine Aubry</strong></p>
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		<title>Martine Aubry : &#171;&#160;le temps de la reconquête est venu&#160;&#187;</title>
		<link>http://discours.parti-socialiste.fr/2009/10/07/martine-aubry-le-temps-de-la-reconquete-est-venu/</link>
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		<pubDate>Wed, 07 Oct 2009 15:27:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>discours</dc:creator>
				<category><![CDATA[Martine Aubry]]></category>

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		<description><![CDATA[Seul le prononcé fait foi. Aujourd’hui, c’est la journée mondiale pour le travail décent. Elle revêt une force et un sens particuliers cette année dans notre pays. Les Français ont suivi avec effroi les 24 suicides de France Télécom, symboles ô combien terribles de salariés stressés, inquiets pour leur avenir et méprisés. Nous savons que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><object width="480" height="275" data="http://www.dailymotion.com/swf/xaqiji&amp;related=0" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/xaqiji&amp;related=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xaqiji_conference-de-presse-martine-aubry_news"></a></strong></div>
<p><strong> Seul le prononcé fait foi.</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Aujourd’hui, c’est la journée mondiale pour le travail décent. Elle revêt une force et un sens particuliers cette année dans notre pays. Les Français ont suivi avec effroi les 24 suicides de France Télécom, symboles ô combien terribles de salariés stressés, inquiets pour leur avenir et méprisés. Nous savons que beaucoup de Français vivent quotidiennement de mêmes conditions de travail, en silence mais dans la souffrance. Ces suicides sont le signe d’un système de plus en plus incontrôlé, qui marche sur la tête et conduit à des dégâts économiques et à la violence sociale.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Seuls le CAC 40, les bonus et les hautes rémunérations ont redémarré alors même que l’économie réelle ne bouge pas. On réduit les dépenses de l’éducation nationale et de la santé alors que les enfants ont de plus en plus de difficultés et que la demande de soins est majeure. On pense court terme alors qu’on devrait préparer l’avenir. C’est tout le système qu’il faut changer.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Parler de sortie de crise et même de reprise comme l’a fait le Président de la République est indécent. La croissance n’est toujours pas au rendez-vous, ce n’est pas un trimestre de hausse, dans un océan de nuages noirs et d’incertitudes qui fait le printemps économique. Le pouvoir d’achat des salariés, comme des retraités, stagne. Les licenciements se poursuivent et le chômage augmente, avec la précarité et les inquiétudes qui l’accompagnent. Comment ne pas penser aussi en cet automne aux 650 000 jeunes qui rejoignent le marché du travail, avec très peu de chances de pouvoir s’y insérer et construire leur vie ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Cette situation sociale s’accompagne d’une situation financière calamiteuse, avec une dette explosive qui inquiète chacun des Français comme tous les observateurs. Les déficits, tant budgétaires que de la sécurité sociale sont abyssaux, de même que notre déficit commercial.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center" align="center">*</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Et pourtant, face à cette situation, le Président de la République est fidèle à lui-même : il persiste et signe. Les annonces de cette rentrée sont toutes frappées du même sceau : l’inefficacité économique et l’injustice sociale. Le budget en est un exemple symbolique, puisque les deux seules nouvelles dépenses actives concernent le cadeau de 12 milliards d’euros aux entreprises par la suppression de la taxe professionnelle et des 2,5 milliards d’euros aux restaurateurs par la baisse de la TVA. Aucune mesure pour relancer le pouvoir d’achat ou l’emploi, alors même que des solutions existent ; nous avons fait de nombreuses propositions en la matière. Bien au contraire, les régressions se poursuivent : la taxe carbone injustement compensée et le scandaleux projet de fiscalisation des indemnités d’accidents du travail, en passant par la hausse du forfait hospitalier dans la loi de financement de la sécurité sociale.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center" align="center">*</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Aujourd’hui, pour Nicolas Sarkozy, c’est la mi-mandat, mais pour la France, c’est le plein échec.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Nous aurons l’occasion d’y revenir dans les jours qui viennent. Mais aujourd’hui, c’est d’un autre parcours dont je veux vous parler : celui des socialistes.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Face à cette situation de crise profonde et d’échec du pouvoir, la responsabilité du parti socialiste est immense. Il doit tout à la fois combattre ce qui lui paraît injuste et nuisible pour notre pays et proposer des réponses à court terme. Il doit surtout préparer le projet de l’alternative avec toute la gauche.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Oui, le Parti Socialiste est aujourd’hui à mi-chemin entre une victoire ou une défaite en 2012.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center" align="center">*</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">J’ai depuis longtemps la conviction que notre Parti ne peut être crédible sans une profonde rénovation.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span> </span>Notre parti donne une image de renfermement sur lui-même, de sclérose et d’éclatement. C’est injuste pour nos élus et militants qui se battent quotidiennement pour défendre nos convictions et qui agissent ; mais c’est une réalité qu’il faut regarder en face.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Cette conviction s’est amplifiée encore depuis que j’exerce les fonctions de Première secrétaire. Les Français attendent un parti socialiste à nouveau ouvert, audacieux et novateur en matière démocratique, capable de capter les évolutions de toute la société pour apporter des propositions justes.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">C’était l’enjeu du vote des militants socialistes du 1<sup>er</sup> octobre.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Et, il restera un avant et un après le 1<sup>er</sup> octobre 2009. Après ce vote, la rénovation est maintenant irrémédiable. Ce référendum interne conduit à une transformation majeure du parti socialiste, sans doute la plus importante depuis Epinay. Les militants se sont saisis de la rénovation et ont choisi de poursuivre l’élan de la Rochelle. Le visage du parti socialiste ne sera plus le même.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Les militants ont dit OUI largement au non-cumul des mandats, permettant ainsi un renouvellement des responsables, mais aussi un engagement encore plus fort de nos élus vis-à-vis ce ceux qui leur ont fait confiance. Nous appliquerons cette règle sans attendre une hypothétique loi. Je suis convaincue que les autres partis devront nous emboîter le pas. Regardez ces Ministres qui renoncent déjà à être tête de liste aux Régionales de peur qu’on leur demande d’appliquer le non-cumul !</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Les militants ont dit OUI au choix de notre candidat à la présidentielle par des primaires ouvertes. Ils partageront désormais avec les Français <span> </span>qui le souhaitent un droit qui leur était réservé. C’est un beau message d’ouverture et de confiance vis-à-vis des Français.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Ils ont aussi décidé que notre parti doit ressembler à la France : la parité pour toutes les élections et dans toutes nos instances. Des candidats qui ressemblent aussi à la France, au regard de leur culture ou de leur âge. Pour cela, les militants ont dit OUI à la diversité et au renouvellement générationnel.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Enfin, les militants ont plébiscité l’élaboration d’une charte éthique et la création d’un comité chargé de la mettre en oeuvre. Nous avons déjà engagé le travail en refondant une liste des militants au niveau national qui ne puisse être contestée, et en fixant des règles pour sa mise à jour. Robert Badinter a accepté de conduire le travail sur la charte éthique, la définition des missions et la composition du comité.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Nous allons dès demain mettre en musique les décisions des militants en engageant le processus de réécriture de nos statuts. Une commission va être créée, associant toutes les sensibilités de notre Parti autour d’Arnaud Montebourg. Ce travail aboutira en juin 2010 lors d’une convention qui verra les militants se prononcer à nouveau sur les modalités d’application.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center" align="center">*</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Oui, la rénovation est nécessaire ; c’est pourquoi j’ai voulu cette consultation militante. Mais elle ne suffit pas en soi. Notre organisation est au service de notre projet. C’est pourquoi je me suis attelée avec la direction à d’autres tâches.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Reprenons quelques instants le fil des derniers mois.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Après le Congrès de Reims, je m’étais fixée deux objectifs de nature très différente :</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">- Le premier, apaiser le parti. Le vote des motions au congrès s’est traduit par une très grande dispersion ; celui pour le poste de premier secrétaire par une grande division, avec le risque d’un parti coupé en deux. Dès le départ, j’ai pris toutes les initiatives possibles pour dépasser ce moment difficile, et je crois avoir pris fortement ma part pour rendre les relations avec Ségolène Royal simples et naturelles. Je l’ai déjà dit, nous sommes très différentes mais nous sommes d’abord socialistes. Ce rapprochement a permis de faire entrer dans la direction certains des amis de Ségolène, et de travailler ensemble dans la plus grande transparence. Cela s’est encore vu récemment lors du vote unanime sur le questionnaire aux militants. C’est cela aussi qui a permis que les militants s’emparent avec force de la rénovation.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">- Le second objectif était bien sûr l’essentiel pour le parti socialiste : le remettre sur les rails et le replacer comme le premier parti d’opposition de nature à porter avec la gauche l’alternative en 2012.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Plusieurs chantiers étaient nécessaires. Ils sont aujourd’hui tous lancés et constituent notre feuille de route.</p>
<ul>
<li> La rénovation, je viens d’en parler.</li>
</ul>
<ul>
<li>Un parti d’opposition à la politique du gouvernement qui fait entendre sa voix et ses propositions. C’est tout le travail qui a été mené avec la direction, par nos groupes parlementaires et nos élus : notre combat pour la Poste ou contre le budget et nos propositions de loi pour réformer le système financier et pour encadrer les hautes rémunérations, ou pour interdire les crédits revolving en sont les derniers exemples.<span> </span></li>
</ul>
<ul>
<li><span style="font-family: &quot;Arial Narrow&amp;quot"> </span>Un parti qui s’oppose et propose, et prépare aussi l’alternance : c’est tout l’objet de l’élaboration de notre projet. Nous l’avons engagée. J’ai appelé à une véritable offensive de civilisation car je suis convaincue qu’il ne suffira pas à la gauche d’avoir 4 ou 5 propositions phare aussi fortes soient-elles, pour être porteuse d’une espérance nouvelle, d’une alternative crédible à la politique de la droite. Nous avons entamé un tour de France pour débattre avec les Français de la société dans laquelle nous voulons vivre, de la France que nous aimons, et des valeurs qu’elle porte en son sein comme en dehors de ses frontières. Ce travail sur les valeurs, nous le menons avec les français ; ils sont très nombreux à participer à ces réunions publiques du tour de France ; les réformes concrètes, nous les proposerons avec l’ensemble des intellectuels, syndicalistes et acteurs engagés dans la société.</li>
</ul>
<ul>
<li><span style="font-family: &quot;Arial Narrow&amp;quot"> </span>Nous avons défini une ligne politique sur les alliances. Nous nous sommes rapprochés de la gauche : le rassemblement à gauche d’abord, l’ouverture possible aux humanistes et aux démocrates ensuite à condition qu’elle s’accompagne de clarté et de transparence. La première étape est en marche, avec nos partenaires de gauche, pour construire sans hégémonie ce que j’ai appelé une « maison commune ». Nous partageons avec eux la volonté de commencer par travailler sur le fond et sur le projet. Les initiatives prises ensemble vont dans ce sens, et notamment la votation citoyenne <span> </span>sur la poste qui est un formidable succès comme la réunion commune sur l’emploi que nous organisons le 17 octobre où l’ensemble de nos partenaires de gauche seront présents.</li>
</ul>
<ul>
<li><span style="font-family: &quot;Arial Narrow&amp;quot"> </span>Par ailleurs, nous avons repris toute notre place dans les instances internationales que nous avions délaissées, que ce soit au sein du PSE ou à l’Internationale Socialiste.</li>
</ul>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 53.4pt;text-align: center" align="center">*</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Avec le vote du 1<sup>er</sup> octobre, se clôt une première phase.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Le parti socialiste a aujourd’hui à nouveau un cap et les moyens d’engager jusqu’au bout la profonde refondation de ses idées et de ses pratiques.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Il a un combat essentiel à mener dans les mois qui viennent, celui des régionales. Il ne s’agit pas seulement de garder des régions, mais de continuer à développer nos territoires et à protéger les Français. Le combat pour les régionales doit tous nous réunir, comme celui contre la réforme territoriale et fiscale de Nicolas Sarkozy. Loin de constituer une nouvelle étape de la décentralisation et une modernisation de nos institutions, il s’agit d’une vaste opération politicienne visant à récupérer les collectivités locales pour la droite, tournant le dos à l’avenir, à l’autonomie et à la démocratie locale.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 53.4pt;text-align: center" align="center">*</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Alors je veux aujourd’hui lancer une nouvelle étape, celle de la reconquête.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Nous avons beaucoup de travail à faire pour y parvenir. Mais je connais notre volonté, et j’ai confiance en nos capacités : nous avons beaucoup d’atouts pour réussir.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Nous avons mis en place les fondations et les murs. Il nous manquait le ciment. Le ciment c’est notre unité.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Les Français ne supportent plus nos querelles internes ; ils ont l’impression qu’elles prennent le dessus sur l’essentiel. Ils ont raison !</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Comment faire entendre aux Français la portée de notre travail collectif si nos voix sont couvertes en permanence par des comportements ambigus, parfois même hostiles et des petites phrases distillées par certains ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Comment réussir aussi sans l’engagement de tous les grands leaders de notre Parti qui portent la compétence, l’expérience et dont la voix compte pour les Français ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Je veux être la Première Secrétaire d’un parti où les talents se rassemblent. Nous ne gagnerons pas sans le nécessaire rassemblement de tous les socialistes.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Nous avons beaucoup progressé depuis le Congrès de Reims, mais il nous faut le rassemblement jusqu’au bout. Le rassemblement dans les actes et pas seulement dans les paroles.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Des plus anciens qui ont tenu des fonctions et ont conduit notre parti vers des succès ; des « quadras » comme on les appelle, dont la jeunesse va de pair avec l’impatience à faire bouger les choses ; des jeunes car un parti n’existe pas quand il ne prépare pas la relève.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Nous avons une feuille de route majeure à remplir, la rénovation du Parti à mener à bien, le rassemblement de la gauche à accomplir, notre projet à écrire, le combat contre la réforme territoriale et fiscale, et puis l’union de tous, un pack des socialistes pour les régionales.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Le Parti Socialiste a besoin de toutes ses forces dans le parti, dedans et maintenant.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">C’est la raison pour laquelle j’ai proposé à tous les grands leaders de notre Parti de rejoindre les instances de direction, ou pour ceux qui y sont déjà, de s’y impliquer plus fortement, et même lorsque cela est possible de prendre une part au travail politique.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">J’ai rencontré Bertrand Delanoë et Laurent Fabius qui m’ont donné leur accord pour rejoindre le Bureau National. Je les remercie. Le PS a besoin de leur crédibilité, de leur force politique et de leur engagement.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Vincent Peillon et François Hollande qui font déjà partie du Bureau National, ont accepté de s’impliquer fortement et de s’engager dans notre combat pour les régionales.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Je proposerai à Ségolène Royal de rentrer, si elle le souhaite, dans la même démarche.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Nous discuterons dans les heures qui viennent du travail politique particulier qu’ils pourraient prendre en charge.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Aujourd’hui, nous faisons le choix du rassemblement des socialistes dès 2009.<br />
Aujourd’hui, nous faisons le choix de la réussite pour 2012.<br />
Aujourd’hui, est venu le temps de la reconquête.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Pour les Français.<br />
Je vous remercie.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span style="font-size: 26pt"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p style="text-align: right">Mercredi 7 octobre 2009</p>
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		<title>Porter la rénovation dans les faits</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Sep 2009 20:34:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>discours</dc:creator>
				<category><![CDATA[Martine Aubry]]></category>

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		<description><![CDATA[Martine Aubry Conseil national du 12 septembre 2009 – Paris, Maison de la Mutualité Je voudrais d’abord, mes chers camarades, nous dire un bravo collectif pour ce coup d’envoi, ce coup d’envoi de la rénovation à peine quinze jours après La Rochelle, après un travail extrêmement pointilleux, écoutant chacun avec respect, comme cela a été [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Martine Aubry Conseil national du 12 septembre 2009 – Paris, Maison de la Mutualité </strong></em></p>
<p>Je voudrais d’abord, mes chers camarades, nous dire un bravo collectif pour ce coup d’envoi, ce coup d’envoi de la rénovation à peine quinze jours après La Rochelle, après un travail extrêmement pointilleux, écoutant chacun avec respect, comme cela a été dit par Arnaud, autour d’Arnaud et de François Lamy, je suis très heureuse ce matin que nous lancions effectivement cette rénovation. <span id="more-222"></span> Je voudrais d’abord dire que ce Conseil national s’ouvre dans un moment bien particulier pour notre pays. Particulier d’abord parce que la crise est toujours là. Contrairement à ce que nous dit le gouvernement, elle est là et elle est dure, elle est dure pour les Français. Mais aussi particulier parce que, peut-être pour la première fois depuis qu’il est président de la République, ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui donne le tempo de cette rentrée. Il donne parfois même l’impression qu’il a perdu la main.<br />
Oui, on ne peut pas ne pas en parler ce matin, cette rentrée est en effet très difficile pour les Français. Ils ont été choqués, nous l’avons tous dit, par le retour des bonus, des stock-options alors même que la crise est encore là. Ils ont vu que le moral des bourses remontait alors que le leur est en baisse, ils voient les banques refuser les crédits aux PME dont elles auraient besoin pour survivre malgré les milliards d’argent public dont elles ont bénéficié, ils ont vu que tout recommençait comme avant et que malgré des grands discours encore ces quelques jours, rien n’était fait pour arrêter ce processus.</p>
<p>Le Président de la République a beau, et cela a été rappelé par chacun, par Benoît notamment, se rendre dans les usines au cours de déplacements mis en scène de toutes pièces &#8211; je le dis ici, toute la presse étrangère en rit, rit de notre République quand de tels comportements peuvent avoir lieu-, et bien, malgré ces déplacements organisés, plus personne ne peut penser qu’il va faire quelque chose pour faire que la France sorte plus vite de cette crise économique,mais aussi de cette crise morale dans laquelle elle est plongée.  Dans le fond, les Français se disent : dorénavant, c’est comme avant, peut-être même pire qu’avant. Ce n’est pas la réunion des ministres des finances du G20 la semaine dernière, pourtant là aussi largement médiatisée, qui est de nature à nous fait reprendre confiance.<br />
Je vous dis simplement ce que le G20 a dit : il se propose « d’explorer toutes les approches possibles pour limiter éventuellement le montant total des bonus ». Autant dire que rien ne se fera. Et c’est la raison pour laquelle nous devons continuer à travailler, socialistes, avec les socialistes européens, avec les démocrates américains et même japonais, pour préparer une offensive à Pittsburgh qui aura lieu juste avant le démarrage du G20. Voilà ce que nous devons faire pour répondre à cette rentrée véritablement difficile sur ce terrain de la crise.</p>
<p>Mais, je le disais, cette rentrée est très particulière aussi pour Nicolas Sarkozy parce qu’en cette rentrée ce n’est plus lui qui fixe le calendrier de la vie publique. Il est, il faut bien le dire, d’abord rattrapé par ses mensonges qui ont été les mensonges fondateurs de sa campagne présidentielle.  « Travailler plus pour gagner plus », nous savions déjà que c’était bidon. Mais, aujourd’hui, chacun le sait, c’est travailler moins, travailler moins pour beaucoup et surtout pour gagner moins.</p>
<p>L’avenir promis pour chaque enfant de notre pays ! Nous avons bien vu très vite combien tout cela était abandonné et, en cette rentrée scolaire, où nous étions tous très nombreux auprès des organisations syndicales, auprès des parents d’élèves, nous savons que cet objectif a été complètement abandonné quand 13 500 enseignants sont encore supprimés, quand des classes sont fermées, qu’on ne peut plus inscrire d’enfants de deux ans à l’école et quand même les remplacements des enseignants ne sont pas assurés.<br />
Alors, oui, je pourrais donner d’autres exemples, mais ces mensonges fondateurs de la campagne présidentielle le rattrapent aujourd&rsquo;hui, car les Français voient bien que tout cela n’était que paroles et cela fait deux ans, mes chers camarades.<br />
Et puis il est rattrapé, il faut le dire, par le vrai programme de la droite, une entreprise de sape du modèle social français, réduire l&rsquo;État, réduire les services publics, diminuer les protections sociales. Nous entrons dans une phase qui va s’accélérer en la matière. Nous savons pourtant tous que notre système social est un amortisseur de la crise alors même qu’il n’y a pas de relance économique dans notre pays.</p>
<p>Eh bien, on continue !  Je ne donnerai que deux exemples :</p>
<p>le premier, c’est celui du forfait hospitalier. Lorsque nous étions avec Harlem Désir et Laurence Rossignol chez le Président pour parler de la taxe carbone, on lui a parlé du forfait hospitalier, cela l’a énervé !  Nous lui avons rappelé que, oui, c’est la gauche qui a mis en place le forfait hospitalier, il était de 4 francs à l’époque pour couvrir essentiellement les dépenses de nourriture. Et nous lui avons demandé s’il pense qu’il y a aujourd’hui beaucoup d’hommes et de femmes en France qui peuvent consacrer 20 € par jour pour leur nourriture et nous lui avons dit : comment peut faire un ménage au SMIC qui doit payer son loyer, continuer à faire manger ses enfants quand une hospitalisation de quinze jours prend le tiers de ce même SMIC ?  Monsieur le Président, c’est de l’accès aux soins qu’il s’agit et non pas de savoir où et comment il faut reprendre de l’argent pour boucher le trou de la Sécurité sociale.<br />
Nous lui avons rappelé que nous, nous avions su remplir les caisses de la Sécurité sociale, sans augmenter les prélèvements et sans baisser les prestations. Aujourd’hui c’est toujours dans la poche des mêmes que l’on prend. Cela ne lui a pas plu, c’est vrai, cela ne lui a pas plu, mais c’est pourtant vrai, c’est pourtant très grave et nous devions lui en parler.</p>
<p>Le modèle social français, c’est aussi ses services publics. Ces services publics qu’il a pris en grippe -si je puis dire-, car le seul objectif de chaque ministère, c’est de réduire et de fermer les cordons de la bourse. Alors, nous serons sur le front contre la privatisation de la Poste. Au moment où les régionales s’approchent, nous savons bien qu’il s’agit là de l’avenir de nos territoires.</p>
<p>Mensonge fondateur aussi, je pourrais dire, mais aussi application d’une politique de la droite, le droit à la sécurité. Nous croyons que l’accès à la sécurité est un droit fondamental qui doit, pour chaque acte d’incivilité ou de délinquance, entraîner une réponse forte et disproportionnée. Mais quand on voit les résultats actuels, quand on voit que le Président de la République lui-même est obligé de reconnaître l’échec, lorsqu’on dit mobilisation générale au ministère de l’Intérieur et où, là aussi, il arrive avec les caméras en traversant la rue, nous lui disons : pourquoi réduire les postes de policiers ? Pourquoi avoir supprimé la police de proximité ? Pourquoi continuer aujourd’hui à ne pas aider les associations de prévention ?<br />
Parce que vous et vos amis êtes ; Monsieur le Président de la République, idéologiquement contre l’action de l&rsquo;État, y compris dans des tâches régaliennes qui proviennent de vous ! Et aujourd’hui la réalité est là : plus de violences entre les hommes et les femmes, plus de cambriolages, bref tout ce qui touche à la vie quotidienne de nos concitoyens.  Et puis, en cette rentrée, je crois qu’il faut le dire aussi, Nicolas Sarkozy est rattrapé par de faux espoirs qu’il a donnés y compris depuis qu’il est président de la République.<br />
Je pense à ce faux espoir du Grenelle de l’environnement.  Pourtant, la méthode était bonne, nous l’avions dit, il y avait concertation, il y avait sensibilisation, débat, nous nous y sommes inscrits dans la démarche, car nous, quand il s’agit de l’avenir de notre pays, nous sommes là, nous nous engageons, nous débattons en républicains.  Les résultats, c’est-à-dire les promesses, étaient satisfaisants, on pouvait souhaiter aller plus loin, mais c’était un progrès. Mais nous redoutions, et on voit aujourd’hui que nous avions raison, que les résultats ne suivraient pas si les moyens n’étaient pas là et si la volonté politique n’était pas là.<br />
Et dans le fond cette taxe carbone, telle qu’il nous l’a présentée, est vraiment la démonstration que pour la droite l’écologie n’est qu’une vitrine, un gadget. Ce n’est pas une ardente obligation comme nous voulons la porter, car nous savons que notre monde n’est pas infini et que nous avons l’obligation d’agir au plus vite.  Alors, j’y reviendrai, d’abord en vous disant qu’avec nos camarades nous avons dit au Président qu’il avait gâché une belle idée. Il a gâché une belle idée parce qu’il n’y croit pas. Il a gâché une belle idée parce qu’il a entraîné la cacophonie en expliquant d’abord que cette taxe allait financer la taxe professionnelle, en expliquant ensuite que ça allait réduire les déficits publics pour finalement afficher une compensation qui n’est pas à la hauteur des questions d’aujourd’hui.</p>
<p>Nous lui avons dit, et nous le redisons après ses annonces, que cette taxe carbone n’est pas la véritable contribution climat énergie que tous les écologistes, et nous en sommes, défendent. Elle n’est pas cette véritable taxe écologique, d’abord parce que les gros pollueurs sont exclus, ensuite parce que l’électricité est aussi exclue. Il nous a dit : « Vous voulez taxer l’électricité produite grâce aux énergies renouvelables ? » Mais attendez, Monsieur le Président, ce n’est pas le problème, bien sûr qu’il faut développer par ailleurs les énergies renouvelables, mais nous, ce que nous voulons avant tout, c’est réduire la consommation d’énergie. Donc, là aussi, essayons de traiter les questions correctement. Et puis elle n’est pas écologique en ce sens que, contrairement à ce que nous avons demandé, à ce qu’ont demandé aussi les Verts et tous les partis de gauche, il n’y a aucune aide financière pour accompagner des comportements vertueux en matière écologique, je pense par exemple à des transports collectifs ou à l’isolation thermique pour les habitants.<br />
Mais, encore plus grave, encore plus grave parce qu’elle met le doute chez les Français sur la nécessité de cette contribution énergie climat, elle est totalement injuste socialement.  Contrairement à la promesse du Président, réitérée devant nous mercredi, que la totalité du produit de cette taxe serait redistribuée aux Français. Quand vous regardez ses annonces, et même si les chiffres n’ont pas été donnés, vous vous rendez compte que seule la moitié du produit va être redonné aux Français. 2,7 Md€ sur 5 Md€.<br />
Un mensonge à l’opposition, ce n’est pas très grave, un mensonge aux Français par manque de transparence, ça, c’est beaucoup plus grave et nous le dénonçons.</p>
<p>Et puis, quelle redistribution ? Quelle redistribution quand on donne le même montant à quelqu’un qui est au RMI, au chômage, au SMIC, à deux fois le SMIC ou qui se voit appliquer le bouclier fiscal ? Cela ne lui a pas plu quand on lui a dit cela. Bouclier fiscal, ça l’a énervé, nous aussi ça nous énerve, mais pas pour les mêmes raisons, parce que nous n’acceptons pas qu’ils reçoivent la même somme que ceux qui aujourd’hui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois, les retraités, les salariés, les chômeurs et nous continuerons à nous battre au Parlement pour obtenir une autre compensation.</p>
<p>Et puis, vous le savez, ils ont trouvé un mécanisme qui, faussement, essaie de nous expliquer que l’on veut aider ceux qui habitent loin du cœur de ville. Pour cela, il le fallait, nous l’avions demandé, il fallait prendre en compte le trajet domicile-travail, il fallait aider ceux qui habitent loin de là où ils travaillent, réduire la charge de leur transport avant d’investir pour leur permettre d’avoir des transports collectifs.  Il nous a dit : « Non, moi je vais donner un peu plus à ceux qui habitent en zone rurale. » Mais il y a là beaucoup d’hommes et de femmes qui se déplacent moins que ceux qui habitent en banlieue, il fallait choisir ceux qui effectivement avaient des difficultés, mais il ne fallait pas exclure, comme c’est le cas aujourd’hui, c’est l’exemple que je lui ai donné, ceux qui habitent par exemple dans les zones 3 et 4 de l’Île-de-France, qui ne toucheront pas plus que ceux qui habitent au cœur de Paris. Voilà encore une inégalité qui touche les habitants de nos banlieues de manière scandaleuse et que là aussi nous critiquons.</p>
<p>Nous ne baissons pas les bras : nous allons continuer de nous battre, nous serons unis avec toute la gauche pour nous battre au Parlement pour faire en sorte qu’une véritable contribution énergie climat puisse être mise en place. Nous refuserons, si ce n’est pas le cas, d’aller à la commission qu’il a créée pour des objectifs d’ailleurs que nous n’avons pas très bien compris.</p>
<p>Et puis, en cette rentrée, Nicolas Sarkozy est rattrapé par le véritable visage d’une droite qu’on voulait croire disparue. Et là, j’y reviens parce que, je le dis, j’ai été choquée, j’ai été humiliée comme des centaines de milliers de jeunes, mais aussi comme la très grande majorité des Français quand j’ai vu qu’un ministre de la République était capable de parler d’un jeune, d’un jeune français, qu’il soit issu de l’immigration, je ne veux plus qu’on entendre ce mot, un jeune français tout simplement, comme il l’a fait de manière goguenarde et humiliante. Oui, nous le disons, c’est inacceptable qu’un ministre chargé de défendre les règles de la République se laisse aller à une telle vulgarité à une telle goguenardise, à des propos aussi scandaleux. Je le redis ici devant les socialistes.<br />
Alors, il est vrai, c’est un peu ce que nous avions dit avec Claudie Lebreton et Élisabeth Guigou à M. Hortefeux quand nous l’avions vu, il est vrai que la République et lui, ça n’a pas l’air de faire bon ménage. Ça ne lui a pas plu quand je lui ai dit cela, mais c’est quand même la vérité.</p>
<p>La République, que peut-on en dire quand on voit ces circonscriptions charcutées et quand on voit demain qu’il faudra à la gauche plus de 51 % des voix pour être majoritaire au Parlement ?  Que dire de cette réforme territoriale, je n’y reviens pas, j’en ai parlé à La Rochelle, sur laquelle nous allons nous battre avec beaucoup d’élus dans notre pays ? Une soi-disant réforme territoriale qui en fait recentralise au lieu de décentraliser, mais qui surtout a pour seul objectif de changer le mode de scrutin pour leur permettre de gagner au tapis vert, comme disent certains, ce qu’ils n’arrivent pas à avoir dans les urnes. Là aussi, c’est un combat que nous allons mener.</p>
<p>Alors, mes chers camarades, par rapport à cette rentrée, à la fois difficile pour les Français, mais complexe pour le Président de la République, nous devons être encore plus là, encore plus battants, pour dire que derrière ces décisions il y a encore une droite qu’ils nous convient de démasquer.  Mais nous devons être encore plus sur le terrain, encore plus dans la proposition comme nous le faisons, et j’y reviendrai dans quelques jours. Comme nous allons le faire aussi pour préparer nos élections régionales, avec un vrai projet politique, avec une vraie mobilisation, avec une présence auprès des Français.  Et puis il nous faudra effectivement nous élargir à l’ensemble des forces de gauche, c’est ce que nous commençons à faire, j’y reviendrai dans quelques instants.</p>
<p>Tout ceci, c’est la feuille de route que nous avons fixée ensemble par une lettre aux militants qui avaient répondu très nombreux au mois de juin et que j’ai reprise en votre nom à La Rochelle. * Je le dis simplement, mes chers camarades, et ce matin augure bien, nous avons tout pour réussir cela : la cohérence de la rénovation, du projet, du combat permanent, de l’ouverture vers la société et vers la gauche.</p>
<p>Nous avons tout pour réussir : la force de nos valeurs qui n’ont jamais été autant d’actualité, l’énergie, le combat, la conviction, la mobilisation de nos élus, de nos militants.  Et pourtant, pourtant peut-être quelque chose pourrait nous empêcher de réussir. C’est si nous n’arrivons pas à avoir une responsabilité collective dans la volonté d’avancer dans cette feuille de route.  Alors, je le dis très simplement ce matin, j’en appelle à la responsabilité de chacun, à son énergie, à ses qualités intellectuelles et d’engagement pour qu’il les mette au service de notre Parti. J’ai bien aimé, Jean-Pierre (Mignard), quand tu as dit tout à l’heure : et si s’ajoute avec cela le respect, mais l’un ne va pas sans l’autre, et bien je crois que nous réussirons, c’est cela le message que nous devons nous donner ce matin.<br />
Quant à moi, je le dis, je ferai en sorte que notre feuille de route arrive jusqu’au bout, c’est ma responsabilité, en effet, de faire que des annonces réalisées à La Rochelle puisse dès aujourd’hui, grâce à vous tous, entrer dans les faits de la rénovation, j’y viens dans quelques instants, mais aussi engager le projet des socialistes et l’ouverture vers la gauche.</p>
<p>Alors, je vous le dis très simplement, je suis heureuse aujourd’hui. Et tant mieux si des camarades ont été plus avancés que d’autres, ce serait tellement formidable que le Parti socialiste écoute tel ou tel parce que justement il est exemplaire, parce que justement il est plus en avance et qu’au lieu de s’opposer, au lieu de chercher les arrière-pensées derrière les positions des uns et des autres, nous puissions débattre comme ça a été le cas dans la commission présidée par Arnaud Montebourg.</p>
<p>Cette rénovation, vous savez, comment le dire… Il n’y a rien de plus archaïque que les discours sur la rénovation parce qu’on en a beaucoup entendus. Mais il n’y a rien de plus moderne, il n’y a rien de plus ambitieux et finalement de plus enthousiasmant pour nous que porter cette rénovation dans les faits, et c’est ce que nous commençons à faire tous ensemble ce matin.  Je voudrais bien sûr remercier tous ceux qui y ont contribué.  Arnaud (Montebourg) n’est plus là, il a dû nous quitter il y a quelques instant pour aller inaugurer dans sa circonscription un pont François Mitterrand, nous n’allons quand même pas le lui reprocher, mais je voudrais le remercier. Je lui ai dit ce que j’allais dire, tout d’abord parce qu’il a mené ces travaux avec la passion qui est la sienne pour la rénovation et ce n’est pas nouveau et cela vient de loin, mais aussi avec le talent qu’on lui connaît. Et puis je lui ai dit qu’il nous a montré un talent qu’on ne connaissait pas tout à fait, celui du travail collectif et il a réussi à le porter loin, c’est pour dire, mes camarades, que nous sommes très très bien partis, je le dis amicalement, je le dis chaleureusement et je dis : Bravo, Arnaud, tu nous as mis sur de bonnes voies.<br />
Je voudrais remercier aussi François Lamy qui a tenu la plume, et ce n’était pas facile, mais surtout tous ceux qui ont participé à cette commission. David Assouline l’a dit tout à l’heure, il y a eu un vrai débat, les sensibilités étaient toutes présentes, c’est naturel dans un parti comme le nôtre, mais chacun a essayé de défendre en son âme et conscience ce qu’il croyait bien.  Et c’est d’ailleurs le message qu’il faut retenir pour les militants. Le 1er octobre, on ne leur demande pas de faire plaisir à tel ou tel, fût-il un grand notable local, on leur demande de nous dire en leur âme et conscience ce qu’ils pensent profondément de la rénovation que nous voulons mettre en place et qui changera nos statuts par une vraie révolution, c’est vrai, dès avant l’été 2010.</p>
<p>C’est vrai que la rénovation est une question de démocratie, qui est un peu la marque de fabrique de la gauche réformiste. Il y a quelque temps, je lisais un texte de certains de nos camarades qui disaient que la rénovation apportait l’indispensable réconciliation socialiste, réconciliation entre les générations, entre les sensibilités, entre les sympathisants et les militants, entre la représentation locale et l’ambition nationale, entre nos traditions et notre ambition pour demain, entre le dedans et le dehors, avec les primaires, en gros entre hier et demain, c’est-à-dire dans ce nouveau Parti socialiste que nous voulons voir éclore avant l’été 2010. Et bien, oui, je crois qu’il y a tout cela, et Arnaud l’a redit tout à l’heure avec force, dans ce projet que nous avons préparé tous ensemble.</p>
<p>Je reviens sans entrer dans le détail sur quelques-unes de ces propositions.<br />
Moi aussi, je le dis, vous voyez, mes camarades, quand on écoute ceux qui sont en avance, au lieu de se chamailler, parfois même en oubliant le fond de ce pour quoi nous discutons, et bien on va loin. Moi aussi je suis fière, et je lui avais dit, de voir comment la fédération du Finistère et son premier secrétaire fédéral, Marc Coatanéa, a porté effectivement, avant même que nous l’ayons décidé, ce non-cumul des mandats dans sa fédération.  Alors, nous allons avancer cette fois-ci vraiment sur le non-cumul. Je ne reviens pas sur ce qui est proposé, cela a été abondamment discuté, ces questions d’ailleurs, c’est la feuille de route des militants, rien n’empêche qu’on mette d’autres points à l&rsquo;ordre du jour, je le dis à Harlem (Désir), car nous avons dix mois pour travailler ensemble. Mais ce qu’auront décidé les militants, ce sera une feuille de route impérative d’ici 2010.</p>
<p>Nous proposerons le non-cumul entre les mandats parlementaires et les mandats exécutifs locaux, je crois que c’est une très bonne chose. Des élus locaux à 100 % au moment où nous parlons tant de la nécessité d’une étape complémentaire de la décentralisation, des élus plus proches des citoyens, et des élus plus disponibles au Parlement pour faire des propositions et combattre sans relâche les régressions de la droite, je crois que cela va en effet dans le bon sens.<br />
Et puis, ce faisant, je crois que nous sommes fidèles à notre histoire, il n’y a eu dans notre pays que deux modifications concernant le cumul des mandats, en 1985 et en 2000, c’est toujours la gauche qui l’a mise en place. Et pour aller au bout de cette nouvelle révolution que nous proposons, il faudra qu’elle soit inscrite un jour dans la loi en ayant pour contre partie un vrai statut de l’élu, voilà aussi le travail que nous devrons faire en commun.<br />
Et puis disons aux autres formations, à l’UMP et aux autres : chiche, osez nous suivre et faites voter une loi dès maintenant puisque vous avez le pouvoir de le faire.  Mais on peut aussi leur dire : osez aussi aller vers les primaires, vers un parti qui soit ouvert, ouvert vers l’extérieur.</p>
<p>Je le dis, les primaires, ce n’est pas seulement pour nous une occasion formidable de nous ouvrir vers des hommes et des femmes de gauche qui vont venir vers nous pour préparer un projet pour la société, c’est aussi une véritable conquête démocratique pour les Français. Ils n’auront pas seulement à choisir entre des candidats le jour de l’élection, ils pourront avant, avec nous, donner leur avis pour eux, hommes et femmes de gauche, pour le candidat en tout cas des socialistes. Et, je le redis, pour bien évidemment le candidat des partis de gauche qui voudraient s’intégrer dans notre processus.<br />
Mais cela, Marie-Noëlle (Lienemann), nous continuerons à le travailler dans le cadre de la maison commune de la gauche avec l’ensemble de nos partenaires.</p>
<p>Nous voulions aussi que ces primaires soient l’occasion d’engager un vaste mouvement populaire autour de nos idées et, demain, autour de notre projet. Dans le fond, nous savons bien que nous ne ferons pas bouger la France &#8211; pas seulement que nous ne gagnerons pas-, mais que nous ne ferons pas vraiment bouger la France si nous n’arrivons pas à faire partager nos valeurs, celle de fraternité, celle d’engagement, celle de solidarité à tous les Français. Et ces primaires seront aussi l’occasion d’amener vers nous tous ceux qui voudront ensuite mettre en place le projet et nous aider à changer cette société.</p>
<p>Nous voulons aussi un Parti socialiste à l’image de la France. Il nous faut avancer dans la parité, la diversité et le renouveau générationnel. Je signale simplement que si tout le monde en est d’accord quand nous parlons de la diversité, nous devons parler de l’immigration et de l’outremer en distinguant les deux, ce que nous n’avons pas fait et ce que nous aurions évidemment dû faire.<br />
Je ne sais pas si vous vous en rendez compte, mes chers camarades, mais avec ce texte, si les militants répondent oui, c’est la parité intégrale appliquée partout dans le Parti socialiste. Cela me rappelle, et certains ici s’en souviendront, je ne donnerai pas de noms, ce débat que nous avions eu avec Lionel Jospin en 1996 où certains camarades, au Bureau national, ils sont encore là pour certains, nous disaient : « Ah, la parité, si vous laissez des places en femmes en 97, il ne faudra pas se demander pourquoi on a perdu ! » On a gagné grâce aux femmes, celles qu’on avait envoyées au casse-pipe, c’est elles qui ont gagné et qui nous ont permis, en 97, d’arriver au pouvoir.  Alors, augurons que cette évolution nous permettra aussi d’aller vers d’autres victoires.</p>
<p>Enfin, sans s’attarder sur toutes les propositions, permettez-moi de dire quelques mots sur l’éthique, sur la morale et sur les outils que nous voulons mettre en place, la charte éthique et la commission d’éthique. Il faut le dire, un grand parti ne peut pas fonctionner si chacun estime n’avoir aucune obligation à l’égard de son parti.  Je dirai même que quand j’entends parfois certains de nos camarades, j’ai l’impression qu’ils ont tous les droits et aucune obligation.<br />
Levons-nous tous les matins en nous demandant ce que nous devons apporter au service de nos idées plutôt que de nous demander comment nous pouvons nous battre pour obtenir autre chose de notre parti, voilà déjà un état d’esprit qui me paraît favorable à ce que nous essayons de faire.</p>
<p>Et puis, je le dis ici assez solennellement, le Parti est notre bien commun. Je crois que personne ne peut penser qu’il a un avenir, un avenir politique en tout cas, en étant socialiste, s’il ne lie pas cet avenir à l’avenir de notre parti et s’il ne combat pas tous les jours pour le rendre encore plus crédible, encore plus fort, encore puis puissant.  Voilà aussi ce que nous devons nous dire.  Et alors, à cet égard, je voudrais aussi vous dire qu’à l’occasion, cette année, du 150e anniversaire de la naissance Jaurès, je ne laisserai pas abîmer son parti, je ne laisserai pas abîmer le Parti socialiste de l’intérieur, je le laisserai pas le Parti socialiste insulté de l’extérieur, sachez-le, mes chers camarades !  Vive Jaurès ! Tu as raison, Patrice.</p>
<p>Alors, bien sûr, l’éthique doit s’inscrire dans toutes nos procédures et dans toutes nos pratiques pour être exemplaire, et bien sûr il faut que nos élections internes soient irréprochables et indiscutables. Pour prendre les choses avec un peu de distance, même si je dois le dire, j’ai un peu de mal à prendre de la distance quand on parle de cela vu ce que j’ai vu et ce que j’ai entendu.  Mais quand même, je reste sur l’essentiel : dire que ce n’est pas facile dans un parti démocratique d’organiser des élections, notamment pour désigner le premier secrétaire, c’est plus facile à l’UMP : il y avait un candidat, Xavier Bertrand, et un électeur, Nicolas Sarkozy. Donc c’est vrai que la commission de récolement chez eux, là-bas, c’est un peu plus facile que chez nous.  Ceci dit, une fois qu’on a dit cela, le problème reste entier. Et beaucoup l’ont dit, cela fait des années et des années que ces questions sont posées, il est temps maintenant d’aller très loin, très loin pour vérifier où sont inscrits les militants, très loin pour mettre en place des procédures qui nous permettent de voter avec les nouvelles techniques, c’est quand même possible, sans que personne ne puisse discuter le vote qui a été émis.  J’avais d’ailleurs demandé à un de nos camarades de présider à cette réflexion en février dernier.</p>
<p>Nous allons plus loin aujourd’hui, nous devrons mettre à la tête de notre commission d’éthique une personnalité extérieure qui pourra porter fort ces valeurs et cette volonté qui est la nôtre, en tout cas vous pouvez compter sur moi pour qu’il en soit ainsi. Et je voudrais dire aussi un mot sur une autre forme d’éthique, et que nous devons partager, et que je sais nous partageons d’ailleurs, c’est celle d’éviter de donner des armes à des adversaires, notamment en entretenant la confusion entre la gauche et la droite, pas seulement, je l’ai dit tout à l’heure, en critiquant notre parti, mais en entraînant la confusion entre la gauche et la droite.</p>
<p>Nous sommes, nous, favorables au débat républicain, nous aimerions d’ailleurs que Nicolas Sarkozy nous consulte plus, nous aurions aimé une commission sur l’entrée de la France dans l’OTAN, nous aurions aimé une commission pour savoir si nous devions envoyer de nouvelles troupes en Afghanistan, nous sommes d’accord pour être consultés sur le G20, sur la taxe carbone.  Mais nous ne pouvons pas accepter que certains camarades cautionnent des actes, avec lesquels nous sommes en parfait désaccord, en allant dans un certain nombre de commissions. Là aussi, il faut des pratiques, il faut des discussions collectives comme nous l’avions fait pour la commission Balladur quand André Vallini et Pierre Mauroy ont été choisis par le bureau national pour nous représenter dans cette commission, il faut revenir dans les pratiques normales d’un parti démocratique, voilà aussi ce que je vous propose.</p>
<p>*** Alors, mes chers camarades, cette rénovation, elle aura lieu, les militants décideront le 1er octobre, ils nous donneront leur décision, nous porterons ce travail de manière collective jusqu’avant l’été 2010 où nous aurons ce congrès de refondation des statuts de notre parti.</p>
<p>Nous devons être fiers de faire éclore un nouveau Parti socialiste avec des pratiques, des modes d’ouverture, d’ouverture vers la société et des renouvellements enfin ancrés dans les actes. Mais d’ici là nous avons bien sûr un agenda d’actions extrêmement important, sans revenir sur ce qui a été dit par Christian Paul, je redis que nous commençons ce tour de France pour le projet qui doit nous amener à aller dire aux Français, aller discuter avec eux, certains l’ont dit, nous avons à apprendre des Français, nous avons à les écouter sur la France qu’ils veulent, sur la France qu’ils aiment, sur celle qu’ils veulent changer, c’est celle qu’ils veulent demain, c’est l’esprit de ce tour de France.<br />
Et pendant ce temps-là nos camarades travaillent sur la grande convention, sur le projet économique, social et durable et sur tous les thèmes : la ville, la culture, l’école, les services publics, sur lesquels nous allons ensuite avoir des débats collectifs et des votes des militants.</p>
<p>Mais notre calendrier d’action, ce sont aussi les propositions de loi que nos parlementaires vont déposer dès le 15 octobre. Nous devons être dans la préparation de l’avenir, nous devons être sur tous les fronts dans le quotidien et je salue les décisions prises par le groupe socialiste de l&rsquo;Assemblée nationale de déposer deux propositions de loi : une qui demandera une fois de plus la limitation des bonus, la suppression des stock-options et des parachutes dorés, le plafonnement de l’échelle des rémunérations, la présence de l&rsquo;État au conseil d&rsquo;administration des banques ; et une seconde qui défendra le droit des consommateurs, notamment en demandant l’interdiction du crédit revolving en France.<br />
Voilà aussi comment les socialistes se battent !</p>
<p>Et puis, mes camarades, nous serons aux côtés des Français partout où ils souffrent : dans les entreprises qui licencient, je salue d’ailleurs Laurence Rossignol qui a dit au Président : Monsieur le président, les Conti viennent d’être condamnés, ils ont été condamnés parce qu’ils ont bousculé en effet les locaux de la sous-préfecture. Ils ont une peine de prison avec sursis, mais c’est à l&rsquo;État, a dit le juge, de fixer ce qu’ils doivent sur leurs deniers personnels à ce même État. Alors, elle lui a dit : « Mais, Monsieur le Président, rappelez-vous, ils ont été traités avec avidité, cupidité, mensonge, vous devez aujourd’hui avoir la main légère lorsque vous enverrez cette facture. Voilà aussi un autre moyen de défendre les Conti et tous les salariés aujourd’hui licenciés.</p>
<p>Enfin, nous serons bien sûr aux côtés des Français pour défendre le service public, aux côtés des syndicats, aux côtés des usagers. D’autres en ont parlé, le 22 septembre, dans la rue, le 3 octobre partout, partout, dans nos mairies. Razzy Hammadi prépare cette grande offensive que nous réaliserons pour appeler les citoyens à venir demander un référendum pour empêcher la privatisation de la Poste.  Et je voulais vous dire, mes camarades, que nous allons lancer cet appel avec tous les partis de gauche, nous les avons joints, ils sont tous d’accord, ce sera la gauche réunie qui appellera à cette votation citoyenne aux côtés des syndicats et aux côtés des usagers.</p>
<p>Enfin, et je m’en arrêterai là, je voulais vous dire que notre calendrier d’action avec la gauche est aussi démarré. Cette maison commune, nous commençons à la construire, pas seulement quand nous faisons des accords comme à Carcassonne où nous souhaitons bonne chance à Jean-Claude Perez pour dimanche, mais il gagnera à Carcassonne ! Comme d’autres l’ont fait dimanche dernier dans certains cantons.  Mais nous le faisons aussi en commençant, comme tout le monde l’a demandé, à travailler sur le fond.</p>
<p>Je peux vous dire aujourd’hui que d’ici à la fin de l’année nous aurons trois initiatives communes réalisées avec Les Verts, le Parti communiste, les radicaux et les citoyens, une sur l’emploi organisé par nous-mêmes le 17 octobre, une sur Copenhague et une sur les services publics, voilà aussi comment la gauche peut montrer, avant les régionales, aux Français qu’elle travaille ensemble dans la volonté de réussir un projet pour 2012.  Voilà les chantiers, voilà le calendrier d’action qui est très important.</p>
<p>Et puis, pour dire un dernier mot : à un moment où nous parlons beaucoup de livres ces derniers temps, moi je voudrais vous parler d’un grand livre, le grand livre que nous allons construire ensemble, celui de notre projet, le grand livre qui doit nous amener à l’alternative, c’est celui-là que nous préparons. Il comprend deux chapitres : un sur la refondation de nos idées et le projet, un autre sur la refondation du Parti socialiste, nous avons commencé à l’écrire ce matin.<br />
Et puis ce livre, je le dis simplement, c’est celui de la France que nous aimons, c’est celui de l’alternative en 2012 que nous voulons proposer aux Français, il passe par notre crédibilité, il passe par le respect que nous avons les uns des autres, il passe par l’engagement de chacun à qui je rappelle ici ce matin que nous avons besoin de son énergie, de son engagement, de son intelligence au service du Parti socialiste.</p>
<p>Voilà simplement ce que je souhaitais vous dire avec la fierté de montrer une fois de plus que notre parti est en avance ce matin, que notre parti, en se rénovant comme il le fait, par le non-cumul des mandats, par les primaires, par la parité, par la diversité, par l’éthique mise au premier rang de ses pratiques, deviendra aussi exemplaire et changera, je l’espère, aidera à changer la démocratie en France.  Voilà aussi l’ambition qui a toujours été l’ambition historique des socialistes.</p>
<p>Voilà, mes chers camarades, alors bravo pour ce travail qui commence, bon courage à nos militants qui, j’espère, se mobiliseront le 1er octobre pour désigner nos têtes de liste aux Régions, cher Jean-Paul, mais aussi pour lancer ce vaste mouvement de rénovation qui marquera une profonde transformation de la vie publique français, bien au-delà de nos rang.<br />
Bon travail et bonne rénovation !</p>
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		<title>Martine Aubry : Une « offensive de civilisation »</title>
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		<pubDate>Sun, 30 Aug 2009 10:40:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>discours</dc:creator>
				<category><![CDATA[Martine Aubry]]></category>

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		<description><![CDATA[Clôture de l&#8217;Université d&#8217;été Seul le prononcé fait foi. Cher(e)s Ami(e)s, cher(e)s Camarades, Nous avons voulu que cette université d’été soit utile à la France et aux Français. Je crois que nous avons réussi. Les Français doivent savoir qu’ils ont été au cœur des débats qui se sont déroulés, ici, à La Rochelle, pendant ces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Clôture de l&rsquo;Université d&rsquo;été<br />
Seul le prononcé fait foi.</strong></p>
<p>Cher(e)s Ami(e)s, cher(e)s Camarades,</p>
<p>Nous avons voulu que cette université d’été soit utile à la France et aux Français. Je crois que nous avons réussi.<br />
Les Français doivent savoir qu’ils ont été au cœur des débats qui se sont déroulés, ici, à La Rochelle, pendant ces trois jours : pour apporter nos réponses à la crise, mais aussi pour préparer un projet de société et le rassemblement de la gauche.Ce travail nous l’avons mené avec les syndicalistes, les associations et les ONG, les mouvements d’éducation populaire, avec des élus, de militants mais aussi avec les autres formations de la gauche. Je le dis en votre nom à tous : la gauche, pour le Parti Socialiste, c’est notre histoire, c’est notre identité et c’est notre avenir. Je veux remercier toutes celles et tous ceux qui ont apporté leur contribution.<span id="more-218"></span></p>
<p>J’ai aimé cette Université car elle a été à l’image de ce que notre Parti doit être : ouvert sur la société, ouvert sur la gauche, ouvert sur le monde. Et puis, disons le aussi, j’ai aimé la convivialité de ces trois jours passés ensemble. Comme vous, elle m’a fait chaud au cœur. On s’engage pour des idées, bien sûr, mais rien n’est possible sans la passion de réfléchir et d’agir ensemble. Rien n’est possible sans rassemblement des socialistes, sans camaraderie, sans amitié. N’oublions jamais que la source de notre énergie est en nous, mais aussi entre nous.</p>
<p style="text-align: center">***</p>
<p>Notre rendez-vous de La Rochelle a lieu en pleine crise économique et sociale.</p>
<p>Une crise économique sans précédent depuis 1929, une explosion de la précarité et du chômage, un investissement qui baisse et une consommation en recul si l’on excepte l’achat d’automobiles.</p>
<p>Bien sûr la crise est internationale, mais le moins que l’on puisse dire est que les réponses de la France n’ont pas été à la hauteur. Le seul vrai plan de relance dans notre pays, c’est celui de nos Présidents de région, de nos Maires et de nos Présidents de Conseil Généraux et d’Intercommunalités.</p>
<p>Notre pays va mal financièrement. La dette explose atteignant le chiffre historique de 73% du PIB. Cette dette n’est pas liée à des dépenses utiles pour notre pays, mais à des décisions inutiles et injustes. Ce ne sont pas seulement les socialistes qui le disent, c’est aussi Philippe Seguin, Président de la Cour des Comptes. Le fameux paquet fiscal de juin 2007 est aujourd’hui le boulet fiscal qui plombe la France. Et on vient d’apprendre que le gouvernement ne s’attaquera pas aux niches fiscales, qui ont augmenté de 20 milliards d’euros depuis 2002, inutile de dire au profit de qui !<br />
Et puis, alors que nous avons que le modèle social français est un amortisseur de la crise, grâce à l’assurance chômage, au RMI, aux services publics, ce modèle est attaqué en France au nom du libéralisme.</p>
<p>Quand les finances publiques sont exsangues, quand les catégories populaires et les classes moyennes sont précarisées, quand les jeunes galèrent et que les pensions de retraite sont rognées, quel sens y a-t-il à subventionner les heures supplémentaires ? Quel sens y a-t-il à supprimer les majorations des heures travaillées le dimanche, réduire les retraites des mères de famille ou encore poursuivre en cette rentrée le plus grand plan de licenciements de notre pays par des suppressions massives d’emplois dans la fonction publique – à l’école, à l’hôpital, dans la police ou dans la justice ?</p>
<p>Alors que l’on attendait de nouvelles mesures, le gouvernement veut nous faire croire que la crise est derrière nous et s’en attribuer les bénéfices. Quelle indécence !</p>
<p>Il sait très bien que le léger frémissement de croissance est lié aux exportations soutenues par les plans de relance chez nos partenaires, notamment en Allemagne. Non seulement nous ne sommes pas sortis de la crise, mais nous risquons de nous y enfoncer un peu plus car le pouvoir d’achat est reparti à la baisse et les risques d’une nouvelle montée en flèche du pétrole et du fuel se font jour. Plus que jamais, pour les familles, pour notre économie, des mesures de soutien à la consommation s’imposent.</p>
<p>Au-delà de notre contre-plan de relance, nous proposons des mesures d’urgence pour la consommation.</p>
<p>Tout d’abord, un remboursement de 200 euros de TVA pour les 16 millions de ménages modestes, non imposables, qui n’ont pas bénéficié du remboursement des deuxième et le troisième tiers de l’impôt sur le revenu. Le coût est de 3,2 milliards d’euros, qui se retrouveront ici immédiatement dans la croissance et l’emploi. C’est le même montant que la baisse de la TVA dans la restauration, dont on demande l’annulation même dans les rangs de l’UMP. Faute d’avoir imposé des contreparties, les prix dans les cafés-restaurants n’ont baissé que de 1% !</p>
<p>Et puis la rentrée s’annonce épouvantable pour les jeunes et leurs familles : nous demandons le maintien des<br />
allocations familiales pour les enfants majeurs de plus de 20 ans.</p>
<p>Ce serait plus utile que de voir M. Châtel parader devant les caméras de télévision au rayon fourniture scolaires des grandes surfaces, flanqué de militantes de l’UMP transformées pour l’occasion en ménagères modèles et sans problème !</p>
<p>A la fin du 18ème siècle, un premier ministre de Catherine II de Russie avait inventé les villages Potemkine, villages fabriqués de toute pièce pour faire croire aux visiteurs que tout allait bien. Au début du 21ème siècle, voilà qu’un ministre de Nicolas Sarkozy invente les supermarchés Potemkine, fausse vitrine d’une fausse reprise destinés à duper les caméras et, à travers elles, les Français ! Je vous rassure, cela n’a pas marché.</p>
<p>Quelle indécence, aussi, à parler de reprise, quand aucune famille n’est épargnée par le chômage. Deux mille chômeurs en plus chaque jour depuis un an, et les plans sociaux se poursuivent.</p>
<p>Nous avons fait des propositions pour aider plus fortement les entreprises en difficulté notamment dans la sous-traitance automobile. Nous n’avons pas été écoutés et ce secteur est en grande difficulté. La politique du gouvernement en la matière illustre son état d’esprit en toute chose : pour quelques-uns, les bénéfices, pour tous les autres, de l’injustice ! Deux fois trois milliards d’euros ont été versés aux deux constructeurs français ; il fallait bien sûr les aider. Mais comme pour les banques renflouées par l’Etat, les aides publiques ont été réelles, et les contreparties, virtuelles. Soutien aux sous-traitants, respect des délais de paiement, renoncement aux bonus et dividendes, investissement massif pour la recherche afin de faire advenir les voitures du futur, rien de tout cela n’a été imposé, contrairement à ce qu’a fait Barack Obama avec Chrysler et General Motors.</p>
<p>Nous avons fait des propositions pour que les entreprises bénéficiaires qui licencient, financent le reclassement de salariés et la ré-industrialisation de leur site. Nous avons fait des propositions pour accroître le niveau et la durée de l’indemnisation du chômage alors que la durée de celui-ci augmente. Sur tous ces sujets nous n’avons pas été écoutés et pourtant leur actualité reste entière.</p>
<p>J’ajoute aujourd’hui une proposition en réponse au scandale que constitue le comportement d’entreprises largement bénéficiaires, qui profitent de cette période de crise pour transférer l’activité à l’étranger en pillant les carnets de commandes et les savoir-faire d’établissements totalement rentables. Ces salariés vivent, en plus de difficultés personnelles, l’humiliation de telles décisions à leur égard.</p>
<p>Je pense bien sûr à ces conflits emblématiques que sont ceux de Continental et de Molex. Mais il y en a beaucoup d’autres : New-Fabris à Châtellerault, Freescale à Toulouse, Nortel à Chateaufort, SKF à Fontenay-le-Comte.</p>
<p>Alors que la loi protège aujourd’hui les actionnaires et les créanciers face à des patrons peu scrupuleux ou mauvais gestionnaires, rien n’est prévu pour empêcher ce pillage d’entreprises françaises au détriment des salariés. Le Parti socialiste propose une procédure de mise sous tutelle de l’entreprise par le tribunal de grande instance sur saisine des salariés en amont des licenciements ; un administrateur judiciaire serait nommé pour gérer l’entreprise le temps nécessaire pour faire cesser des pratiques contraires aux intérêts de l’entreprise et de ses salariés.</p>
<p>En cette rentrée, comment ne pas aussi penser aux jeunes dont la situation est dramatique ? Ce sont sans doute eux qui paient le plus lourd tribu à la crise. Premiers à souffrir de la crise du pouvoir d’achat, près d’un jeune sur quatre est en dessous du seuil de pauvreté ; premiers à devoir renoncer à se soigner ; premiers aussi à être frappés par le chômage, la précarité des CDD, de la précarité et des stages. Mais derniers à être indemnisés car sans droits aux assedics ni au RMI et derniers à accéder au logement car sans garanties financières. Le drame, c’est qu’ainsi se reproduisent les inégalités. Ceux qui ont des parents capables de les aider s’en sortent. Les autres enchaînent les galères et s’enfoncent dans la précarité. Une bonne partie du problème des banlieues est là. Quand une société sacrifie sa jeunesse, la traite comme si elle n’avait pas sa place dans la société, alors on peut dire que cette société est vraiment malade.</p>
<p>Dans quelques jours, 650 000 jeunes arrivent sur le marché du travail sans espoir de trouver un emploi. Il serait irresponsable de les laisser sans rien.</p>
<p>Nous avons fait de multiples propositions, lors de la commission Hirsch. Je n’en reprends ici qu’une seule : la création de 150 000 emplois-jeunes dans l’économie verte et des services aux personnes. Les besoins sont immenses dans ces secteurs. Humainement passionnants, utiles pour la société, ces nouveaux métiers sont souvent difficilement solvables par le marché. Il faut les aider à naître au profit des jeunes, en renouant avec ce qui, dans le passé, a marché. Investir dans l’intelligence et l’avenir des jeunes, c’est aussi donner un sens la société. Ne pas le faire, en temps normal, c’est du dogmatisme ; dans une période de crise aussi grave, c’est de l’irresponsabilité.</p>
<p>Soutien au pouvoir d’achat, pouvoir accru pour les salariés, avenir de la jeunesse : les propositions des socialistes existent, solides, crédibles et j’ajoute disponibles : puisque Monsieur Sarkozy veut un emprunt utile pour la France, qu’il commence donc par emprunter les idées de la gauche !</p>
<p>Oui, mes chers camarades, cette rentrée est dure. Elle est dure pour tous les Français. Seul le CAC40 s’est redressé et avec lui les bonus des traders et des dirigeants. D’un côté, la reprise financière, de l’autre la crise populaire, voilà la réalité de cette rentrée !</p>
<p>Les Français n’en peuvent plus des scandales à répétition, des stock-options de la Société Générale aux bonus des patrons de GDF et Suez ou des traders de la BNP. Le capitalisme financier poursuit sa route et continue comme avant. Et pourtant, que de grands discours de Nicolas Sarkozy, à Toulon ou dans les Ardennes ! La main sur le cœur, des trémolos dans la voix, le menton droit et le doigt pointé haut, il promettait de traquer les patrons voyous et de limiter les hautes rémunérations et les bonus.</p>
<p>En communication, le président de la République est hors catégorie. Côté action, il est franchement hors course ! Il a reçu mardi dernier, pour la septième fois, les banquiers à l’Elysée. Ils connaissaient déjà la chanson : des mots, toujours des mots, « transparence », « moralité », « sanction ». Mais de décision, aucune, sauf de repousser le versement de 50% des bonus des traders de la BNP de quelques mois. Rassurez-vous, ils toucheront quand même 59 000€ tout de suite en moyenne. Les contribuables n’acceptent plus que des milliards aient été donnés aux banques sans autre résultat que de venir remplir les poches de ceux qui sont responsables de la crise.</p>
<p>Je demande à nouveau au Président de la République de faire voter une loi s’inspirant de la proposition de loi des députés socialistes, plafonnant les écarts de rémunération, limitant fortement les bonus – je propose une règle simple, qu’ils ne dépassent pas la part fixe du salaire-, interdisant les parachutes dorés et les stock-options sauf pour les entreprises naissantes.</p>
<p>En second lieu, nous demandons avec insistance que l’Etat rentre dans les conseils d’administration des banques refinancées par la puissance publique afin de contrôler l’utilisation des 21 milliards d’euros d’argent public qui leur ont été versés. Car chacun sait aujourd’hui que si les banques ont repris leurs opérations financières et en récompensent leurs traders, les PME sont toujours en attente de crédits pour se développer ou survivre, de même que les Français pour acquérir un logement.</p>
<p>Nous aurions aimé que la France soit en tête du combat pour la régulation financière. Mais Nicolas SARKOZY n’y est pas prêt. J’ai demandé à Poul Rassmussen, le Président du PSE, de lancer une grande campagne des socialistes européens pour imposer une régulation financière au cœur de laquelle se trouvent la limitation et la réglementation des rémunérations variables et l’encadrement des hautes rémunérations. Il vient de me confirmer son plein accord sur cette initiative. Il a déjà pris contact avec les démocrates américains, qui eux aussi veulent se joindre à ce mouvement.</p>
<p>Oui, nous devons reprendre le flambeau des fondateurs de l’Europe pour construire une Europe politique, sociale, écologique et juste !</p>
<p>Gageons que le président Obama aura la même détermination que les socialistes européens sur ce sujet, lui qui, dans la fidélité du grand combat du sénateur Ted Kennedy dont je salue la mémoire, se bat courageusement pour permettre à 47 millions d’Américains d’avoir enfin recours aux soins.</p>
<p>C’est un exemple parmi d’autres de la nécessaire internationalisation de notre engagement qui doit répondre à la mondialisation. L’Internationale Socialiste comme le Parti Socialiste Européen prépareront leurs propositions pour Pittsburgh, en espérant cette fois ci que le G20 ne sera pas un grand show médiatique comme celui de Londres, mais bien le début d’une vraie régulation.</p>
<p>Voilà quelques mesures d’urgence pour les mois à venir. Elles sont nécessaires dans la situation économique de notre pays, elles sont nécessaires pour faire face à l’urgence sociale, mais il faut aller beaucoup plus loin.</p>
<p>Il nous faut d’abord avoir les idées claires sur l’origine de la crise.</p>
<p>C’est là que commence la différence entre les libéraux et les autres, entre eux et nous, la gauche. Le capitalisme n’a jamais été sans capitaine et le capitalisme financier n’est pas une hydre sans tête ! Ce n’est pas parce qu’il est moins réel et plus immatériel, plus patrimonial et moins familial, global plutôt que national, que le capitalisme est sans direction aux deux sens de ce mot : oui il a des objectifs, oui il a des dirigeants. Ils préfèrent l’économie virtuelle à l’économie réelle, c’est cela qu’il faut changer.</p>
<p>Mais il faut aussi ne pas se tromper sur le bouleversement qui s’opère sous nos yeux et qui n’est pas seulement économique et financier : il renvoie à des mutations profondes, à la fois idéologiques, écologiques, sociologiques.</p>
<p>Oui, la crise est sociale : c’est l’incertitude et la précarité qui ont remplacé la progression et la sécurité ; c’est la dégradation des conditions de travail et de logement ; c’est le difficile accès aux droits, de l’éducation à la santé en passant par la sécurité ; c’est la relégation hors des centres villes de pans entiers de la population, associés à un désert rural ; c’est l’insupportable écart de revenus, au sein de notre pays comme entre le Nord et le Sud.</p>
<p>Urgence sociale mais aussi crise environnementale : pollutions, déforestation, réchauffement climatique, manque d’eau, fin du tout pétrole. Le mot de Paul Valéry prend toute sa résonance : désormais, nous savons que nous, humains sommes mortels, que toute forme de vie peut cesser par la folie des hommes, des techniques non maîtrisées, des intérêts particuliers dévoreurs de l’intérêt général.</p>
<p>Et que dire de la crise agricole! Le blé ? Les prix baissent ! Le lait, les légumes, le cochon, tout baisse ! Le métier devient de plus en plus dur, dur de devoir se battre avec les banques pour simplement continuer à le faire, dur de nourrir sa famille, dur à vivre aussi quand on est perçus de plus en plus comme des pollueurs, avides de subventions ! Cette crise, si elle ne reste sans réponse, emportera avec elles de multiples exploitations. Nul chef d’Etat qui se respecte ne devrait laisser ses agriculteurs sans secours ! L’agriculture française va mal. Elle doit changer. Elle y est prête. Il faut l’aider à accélérer son évolution vers l’arrêt des pesticides et des nitrates, vers le bio, le durable, la proximité.</p>
<p>Tout à sa recherche de la rentabilité maximale à court terme –de la « profitation » comme l’ont justement dénoncée nos compatriotes de Guadeloupe, de la Martinique, de la Réunionet de Guyane voilà quelques mois –, le libéralisme entrainera l’humanité dans sa perte.</p>
<p>Finis les grands systèmes ! La chute du Mur de Berlin en 1989 a disqualifié le communisme stalinien. Vingt ans plus tard, la finance folle invalide le capitalisme anglo-américain. Profits-salaires, nation-Europe, Etat-citoyen, les compromis historiques de la social-démocratie traditionnelle sont secoués et même bouleversés par la mondialisation, l’individualisme et l’injustice sociale.</p>
<p>Non seulement les lendemains ne chantent plus, mais des siècles de croyance aveugle dans la science, la technique, le libre-échange, révèlent les ratages sous les conquêtes. Nous vivons l’ombre des Lumières. C’est l’idée même de progrès qui est épuisée.</p>
<p>Dresser ce constat, pour moi, c’est refuser sa fatalité ! Comment en sortir ? Devant une crise aussi globale, mes camarades, nous le savons, il ne suffira pas pour la gauche de proposer quelques adaptations ou de mieux gérer, c’est le système tout entier qu’il faut changer. Nous devons conduire une offensive de civilisation, transformant profondément notre façon de produire, de redistribuer, de consommer mais aussi de vivre ensemble.</p>
<p>Oui, au cœur ce choix de civilisation, se trouve le nouveau modèle de développement économique, social et durable que nous devons construire. C’est l’objet de la convention que nous préparons pour début 2010. Il s’agit d’élaborer ensemble notre « new deal » pour le monde d’après. Avec une idée centrale, qui secoue nos habitudes et nos certitudes : nous savons maintenant que l’abondance ne rend pas mécaniquement la vie meilleure.</p>
<p>Il nous faudra nous poser la question fondamentale du « que produire ? ». Le post-productivisme que nous souhaitons ne nous invite pas à renoncer à produire, mais bien à définir une production utile et sobre. Que produire mais aussi comment créer des richesses et des emplois sur notre territoire ?</p>
<p>Il faut remettre l’économie en avant, et l’Etat a son rôle à jouer pour retrouver une politique industrielle, qui manque tant à la France. Oui, l’industrie à un avenir dans notre pays. L’idée d’une division internationale du travail partageant le monde entre ceux qui pensent et ceux qui fabriquent est une impasse. La désindustrialisation, avec son cortège de licenciements, n’est ni nécessaire, ni utile, ni fatale.</p>
<p>Une politique industrielle, c’est former les salariés et sauver les bassins, c’est aussi préparer les secteurs d’avenir, les textiles techniques et intelligents, les nouveaux matériaux, la gestion des déchets, l’éco-construction, les moteurs propres, les énergies renouvelables ; les transports publics ; les fibres optiques. C’est dans ces secteurs que se trouvent les airbus et les TGV de demain. Soutenons la recherche, aujourd’hui méprisée ; valorisons les créateurs et les innovateurs aujourd’hui supplantés par les rentiers et les financiers ; accompagnons les PME aujourd’hui délaissées.</p>
<p>Une fiscalité adaptée et de nouvelles régulations devront remettre l’économie devant la finance.</p>
<p>La politique industrielle est de nouveau au cœur de la réflexion des socialistes, comme en témoigne notre proposition de créer, dans notre pays, un pôle public d’investissement industriel, mobilisable sous forme de fonds régionaux et massivement abondé.</p>
<p>Cette question sur le « que produire » nous amènera à un grand débat avec les Français : une société développée n’est elle pas une société qui consacre plus de richesses à l’éducation, à la recherche, à la santé, à la culture ? Il faudra faire des choix, fixer des priorités mais aussi faire de vrais réformes porteuses de progrès pour nos concitoyens. On est là bien loin de la conception de la réforme que porte Nicolas Sarkozy, sans sens pour la société et fondée sur le seul dogme du « moins d’Etat ».</p>
<p>Ainsi à titre d’exemple, une vraie réforme de la santé tournera le dos aux franchises médicales, aux déremboursements,  à la transformation de l’hôpital en entreprise. Elle confortera notre système de soins fondé sur la qualité de nos hôpitaux publics. Elle développera la recherche en matière de santé. Elle s’engagera enfin vers une politique de prévention tant négligée et pourtant si nécessaire. Elle luttera contre les déserts médicaux et contre les inégalités.</p>
<p>« Que produire », oui, mais aussi comment produire ? Une double exigence, sociale et environnementale s’impose aujourd’hui.</p>
<p>L’exigence sociale, c’est une organisation du travail qui s’appuie sur les compétences des salariés, des conditions de travail moins stressantes et plus valorisantes, mais aussi une intervention des salariés dans le fonctionnement des entreprises par une présence dans les conseils d’administration ou dans les comités de rémunération.</p>
<p>C’est aussi ouvrir de nouveaux droits, nous en avons les premiers outils, avec la sécurité sociale professionnelle, pour permettre la progression de chacun dans la vie au travail et pour éviter le chômage sans activité. Ce chantier est demain, pour le monde du travail, à l’échelle de ce que furent l’Ecole sous la IIIème République et la Sécurité Sociale à la Libération.</p>
<p>L’exigence écologique s’impose au « comment produire », permettez-moi de m’y arrêter quelques instants.<br />
Tout d’abord pour dire que les socialistes n’arrivent pas les mains vides. Nos collectivités locales ont toutes mises en place des politiques environnementales innovantes et audacieuses : transports collectifs propres, alternatives à la voiture, maîtrise des dépenses d’énergie dans les bâtiments publics, aides aux ménages pour les dépenses d’isolation thermique, construction de logements sociaux HQE, investissements dans les énergies renouvelables, éco-quartiers, introduction du bio dans les cantines scolaires, soutiens à l’agriculture biologique…</p>
<p>Non seulement, nous n’avons pas à rougir du bilan de nos actions en matière d’environnement, mais nous avons même toutes les raisons d’en être fiers.</p>
<p>Que disent les socialistes sur l’écologie ? D’une part, qu’il ne peut y avoir de politique écologique audacieuse qu’avec l’adhésion de la population et donc avec des mesures justes socialement. D’autre part, qu’il ne suffira pas, pour être efficaces, d’inciter financièrement ou de sanctionner fiscalement, de réparer les dégâts même s’il faut le faire sans s’attaquer aux véritables causes. Regardez deux décisions prises récemment par le gouvernement.</p>
<p>Le premier exemple, ce sont les algues vertes. Le gouvernement vient d’en découvrir la dangerosité, semble-t-il. Que fait-il ? Il les enlève, sans s’attaquer aux pollutions agricoles et donc à un modèle de développement intensif qui est en train de faire faillite. Les algues vertes, c’est un peu le symbole du cynisme de la politique du gouvernement en matière écologique : vertes à l’extérieur mais incarnant en réalité un laissez-faire toxique !</p>
<p>Le deuxième exemple touche à la fiscalité écologique. Nous ne voulons pas de cette taxe carbone telle que l’envisage l’UMP. Une taxe inefficace sur le plan écologique et injuste socialement accroissant la pression fiscale sur les familles, risquant d’être affectée à la réduction du déficit budgétaire ou à la compensation de la suppression de la taxe professionnelle.</p>
<p>La contribution énergie-climat que nous proposons concerne toutes les formes d’énergie. Son produit doit être utilisé à des compensations sociales.</p>
<p>Mais à quoi servirait de taxer les déplacements en voiture si on ne favorise pas en même temps les transports collectifs publics ?</p>
<p>Alors je fais une proposition, que le gouvernement s’engage dans un grand « plan de transports carbone zéro » : financement par l’Etat à hauteur de 50% de tous les projets de transports publics ; incitation forte aux plans de déplacement d’entreprise pour ramèner le coût des déplacements domicile-travail à moins de un euro par jour.<br />
L’écologie exige des réponses de fond, difficilement compatibles avec les dogmes du libéralisme, la privatisation des missions de l’Etat et le laisser faire du marché. C’est dans cet esprit que nous nous rendrons à Copenhague, en insistant sur les actions envers les pays du Sud, qui ont besoin et moyens et de transferts de technologies et de savoir-faire. Nous sommes totalement solidaires et partie prenante  de la campagne « Copenhague 2009 l’ultimatum climatique », lancée par les ONG.</p>
<p>Enfin, penser un nouveau modèle de développement, pour nous socialistes, c’est traiter la question de la juste distribution des richesses. Ne l’oublions jamais : la valeur fondatrice de la gauche, c’est l’égalité ! Il n’y aura pas de reprise durable sans un autre partage des richesses au profit des salariés.</p>
<p>Sur la question des salaires, le gouvernement est aux abonnés absents. Pour la droite et les libéraux, c’est rarement le moment d’augmenter les salaires. Pour Nicolas SARKOZY, jamais, sauf pendant les campagnes électorales. Quand la croissance est forte, il ne faut surtout pas augmenter les salaires parce que cela pourrait conduire à la surchauffe.</p>
<p>Quand la dépression est là, il ne faut surtout pas augmenter les salaires car cela pourrait fragiliser la reprise.<br />
Et si Sarkozy a mis la question du partage des profits sur la table, c’est justement pour évacuer celle des salaires. Pour nous, c’est la valeur ajoutée qu’il faut partager en premier. L’intéressement aux résultats, nous ne sommes pas contre, mais il n’y a pour nous de vraie rémunération, ni dans les heures supplémentaires, ni dans les profits qui sont par nature précaire, mais dans les salaires.</p>
<p>C’est pour y parvenir que notre convention proposera une grande réforme fiscale profondément redistributive.</p>
<p>Chers Camarades, le système libéral a non seulement la preuve de son inefficacité économique et de son injustice sociale mais a conduit à une société porteuse de violence, en panne de sens et en grave crise morale. Soyons en sûr, l’élection de 2012 se jouera au niveau des valeurs.</p>
<p>J’ai parlé ces jours-ci de conduire une offensive de civilisation.</p>
<p>- Une offensive de civilisation, c’est vouloir une société fondée sur des valeurs d’humanité, l’égalité, la justice, à rebours de la brutalité de tant d’oppression, d’exploitation, de marchandisation, ou tout simplement de renoncement ; c’est vouloir une société qui laisse sa trace et c’est pour cela que la culture est aussi importante, pour nous, les socialistes.</p>
<p>- Une offensive de civilisation, c’est vouloir une société où le mieux-être supplante les injonctions à consommer à outrance. Oui, il nous est permis, à nous socialistes, de lancer ce questionnement et ce débat sur un avenir post-matérialiste. Devons-nous passer à côté d’aspirations essentielles, qui ne se résument pas à la possession de marchandises ?</p>
<p>- Une offensive de civilisation, c’est vouloir une société qui développe de nouveaux liens entre les personnes, des solidarités concrètes et collectives, indispensables à une société du souci de l’autre et de la responsabilité. Qui va prendre soin, aider et accompagner les personnes âgées dépendantes pour ne prendre que cet exemple ? Quel va être à l’avenir le partage des responsabilités entre les familles, le marché et l’Etat ? Voilà des questions auxquelles nous avons à répondre.</p>
<p>- Une offensive de civilisation, c’est vouloir une société d’individus respectés dans leur identité comme dans leurs aspirations. Nous y avons toujours répondu à gauche, en défendant la culture, la laïcité, l’éducation. Ces combats restent plus que jamais d’actualité. De nouveaux défis sont devant nous, comme la construction de services publics personnalisés capable d’écouter chaque personne, d’éviter les traitements anonymes ou stéréotypés, de respecter le principe d’égalité tout en prenant en compte les besoins de chacun. Comment ne pas le rappeler en cette rentrée où l’Ecole est plus que jamais malmenée ? Nous devons défendre l’école de la République, mais nous devrons aussi proposer une réforme ambitieuse. Ne renonçant en rien à porter chaque enfant au plus haut –sinon que serait notre rêve d’émancipation ?-, mais prenant en compte chaque enfant tel qu’il est dans les méthodes pédagogiques, dans les rythmes scolaires.</p>
<p>Chers camarades, l’action politique se mesure à l’attention que la société porte à chacun, à l’attention que chacun porte aux autres et aux générations futures. Humaniser notre société, cela fait aussi partie de la mission de la politique.<br />
C’est retrouver la France que nous aimons, qui est aussi celle de la République et de la démocratie.</p>
<p>Il nous faut oui, défendre la République, qui subit aujourd’hui une remise en cause sans précédent de la part de Nicolas Sarkozy. Oui, le Président de la République s’arroge tous les pouvoirs. Il veut neutraliser l’ensemble des corps intermédiaires et des contre-pouvoirs.</p>
<p>La justice a été reprise en main. Avec le retour de la pratique des instructions individuelles au parquet, avec la nomination par le pouvoir politique des principaux magistrats, avec la suppression annoncée du juge d’instruction, je n’hésite pas à dire que dans notre pays, la séparation des pouvoirs est sérieusement écornée. Je n’hésite pas à dire que nous entrons dans un régime de justice soumis au pouvoir politique.</p>
<p>Dérive autoritaire, dérive sécuritaire aussi, mais échec sur la sécurité. Le bilan est clair : depuis 2002, 12 lois en plus et une augmentation des violences sur les personnes de plus de 40 % ! Suppression de la police de proximité, réduction des moyens aux associations de prévention, réduction des effectifs de la police et de la justice : les résultats sont là, un désastre, la violence au quotidien.</p>
<p>Comment ne pas s’inquiéter aussi des conséquences pour notre démocratie de la main mise sur les médias, avec le placement sous tutelle de l’audiovisuel public, alors que les principaux journaux et les principaux médias sont déjà aux mains des amis du Nicolas Sarkozy? Oui, dénonçons-le, mais disons aussi que nous ne construirons pas une pleine démocratie sans un quatrième pouvoir qui joue pleinement son rôle, recherchant bien sûr les faits dans une presse d’analyse et d’investigation, mais aussi porteuse de débats de fond sur l’avenir de notre pays. Ce chantier là aussi nous devrons l’ouvrir avec les journalistes et les professionnels des médias.</p>
<p>Sur tous ces terrains qui mettent en cause la République, nous serons présents. Mais je souhaite aborder maintenant le grand combat qui sera celui de la rentrée, celui qui met en cause l’organisation territoriale de notre pays et le caractère démocratique des scrutins.</p>
<p>Après avoir affaibli les droits de l’opposition au Parlement, le gouvernement s’est attaqué à un redécoupage électoral dont les conséquences sont claires : une quarantaine de députés socialistes en moins avec le même score, plus de 51% voix nécessaires pour avoir la majorité des sièges. Pourquoi ce scandale n’est-il pas unanimement dénoncé ? La démocratie est bafouée. Nous nous battrons jusqu’au bout pour nous faire entendre.</p>
<p>Ce mépris du chef de l’Etat pour l’opposition, cette volonté de ne pas l’entendre, on la mesure chaque jour, pas de concertation pour le retour de la France dans l’OTAN, pour la présence des troupes françaises en Afghanistan. Aucune information fiable non plus sur des sujets comme la grippe A qui intéresse tous les Français, nous demandons là de la transparence.</p>
<p>Mes chers camarades, le grand combat de la rentrée, je l’ai dit, nous le mènerons aussi contre le projet de loi sur les collectivités locales.</p>
<p>Ce projet de loi n’est pas une réforme, c’est une revanche. La droite n’accepte pas que nous gouvernions 20 régions sur 22, les deux tiers des départements et 14 des 20 plus grandes villes françaises. L’offensive a été préparée. Depuis des mois, le gouvernement étrangle financièrement les collectivités locales en leur imposant de nouvelles missions tout en réduisant leurs dotations et en vidant les bases de leurs ressources fiscales, jusqu’à maintenant supprimer de la taxe professionnelle.</p>
<p>Ils veulent faire croire aux Français que nous sommes dépensiers, y compris avec un discours populiste contre les élus. Nous lancerons dès la rentrée une double initiative, initiative politique autour de l’appel de la FNSER pour mobiliser autour de la défense de nos collectivités au service de notre pays et des Français et une grande campagne nationale, rappelant que les services rendus par nos collectivités sont de meilleure qualité et moins coûteux que lorsque l’Etat les réalisait. Cette campagne s’appuyera sur l’adhésion et l’attachement des Français à leur Région, à leur Département, à leur commune.</p>
<p>Nous démontrerons que les vrais conservateurs sont ceux qui tournent le dos à la décentralisation, qui continuent par la déconcentration à exercer des contrôles tatillons sur les collectivités locales et qui proposent à la France une organisation archaïque du territoire.</p>
<p>Nous, socialistes, nous croyons que les collectivités locales ont deux grandes missions à remplir : le développement ainsi que la vision et la préparation de l’avenir. C’est le rôle principal des Régions et des Communauté Urbaines ; la proximité des territoires et des habitants, c’est le rôle principal des Départements et des Communes.<br />
L’institution de ces conseillers territoriaux est incompatible avec une organisation efficace. Trop près pour voir loin et trop loin pour être près de leurs administrés. En réalité cette réforme n’a qu’un seul objectif, modifier au profit de la droite les scrutins Régionaux et Départementaux. Les conseillers territoriaux seraient en effet élus à la proportionnelle dans les agglomérations et à la majorité dans les zones rurales. C’est partager les sièges entre la droite et la gauche là où la gauche est majoritaire, et les attribuer à 100% à la droite ailleurs. C’est vouloir gagner sur le tapis vert ce que la droite a perdu dans les urnes. Voilà le véritable objectif du gouvernement.</p>
<p>Cette réforme est une honte pour la démocratie mais c’est aussi une faute majeure pour l’avenir de notre pays. Un bon exemple est le Grand Paris. Pour contrebalancer les projets menés par nos élus avec Paris Métropole, on veut instituer une société du Grand Paris dans laquelle les collectivités locales n’auront qu’un strapontin. Pourquoi ne pas non plus revenir à une administration préfectorale de Paris, comme avant 1977 ? Après avoir été punie pendant près de 100 ans pour avoir cédé à la commune, les Parisiens et les franciliens le sont-ils pour avoir élu un grand maire socialiste à Paris, un grand Président de Région, et donné ou renouvelé leur confiance scrutins après scrutins à nos élus ?</p>
<p>Nous qui considérons que la décentralisation a été la réforme démocratique la plus puissante de ces 30 dernières années, nous voulons en garder l’esprit et en approfondir la portée.</p>
<p>Nos propositions sont sur la table. Une décentralisation pleine et entière, ce sont des collectivités avec des missions claires et compréhensibles par tous. Une décentralisation pleine et entière, ce sont des collectivités autonomes, dans leurs décisions, avec une fiscalité propre, dynamique et juste. Une décentralisation pleine et entière, c’est la démocratie jusqu’au bout, avec une élection directe par les Français, maintenue pour les Conseils Régionaux et établie demain pour les communautés urbaines. Mais il n’y a pas de République sans justice et là aussi l’Etat doit jouer son rôle en faisant jouer la solidarité par une péréquation financière digne de ce nom.</p>
<p>Ce combat nous allons le mener, parce qu’il s’agit de l’avenir de nos territoires et de la qualité de vie des Français. Nous allons aussi le mener parce que la démocratie est en cause quand les modes de scrutins sont biaisés.</p>
<p>Nous poserons aussi la question de la présence des services publics sur tout le territoire. Au nom de la même folle idéologie libérale qui veut faire reculer la puissance publique sous toutes ses formes, les services publics sont attaqués aussi. Il nous faut les défendre. Ainsi, le 3 octobre, journée nationale contre la privatisation de la Poste, nous organiserons dans toutes les municipalités socialistes, des votations citoyennes afin de demander au chef de l’Etat d’organiser un référendum d’initiative populaire sur l’avenir de la Poste.</p>
<p>Vous le voyez, mes chers camarades, le travail est immense. Notre feuille de route est claire à moyen terme, elle l’est aussi à court terme.</p>
<p>Le Parti socialiste, premier parti d’opposition, doit être utile à 100% aux Français, en combattant les régressions sociales, en proposant comme nous le faisons encore ce matin, en préparant un grand projet de la gauche en 2012.<br />
Ce projet ne s’écrit plus à huis clos. J’engagerai dans quelques jours avec beaucoup d’entre vous un Tour de France à la rencontre et à l’écoute des Français, pour débattre de la société dans laquelle nous voulons vivre, du mieux-être que nous voulons construire. Nous proposerons aux Français d’être des activistes de notre projet. Ils pourront constituer le socle de nos primaires ouvertes.</p>
<p>Nous engagerons les grands rendez-vous de notre projet, la convention nationale sur le nouveau modèle de développement, des Assises sur l’éducation et la recherche, sur le climat, sur la ville et sur la culture.</p>
<p>J’engage tous les militants à nous donner la feuille de route de la rénovation le 1er octobre. Je vous appelle tous à une grande mobilisation pour défendre les collectivités locales et remporter la bataille des régionales.</p>
<p>Nous entrons dans la construction de la maison commune de la gauche, car la gauche, c’est notre histoire, c’est notre avenir.</p>
<p>Refonder les idées, refonder notre Parti et construire la maison commune de la gauche, voilà l’ambition fixée à La Rochelle.</p>
<p>Le travail est immense mais vous êtes là, fiers de ce que nous sommes et enthousiastes à ramener l’espérance.</p>
<p>Alors tout est possible. La France qu’on aime le mérite !</p>
<p>Alors bon travail mes camarades !</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Intervention de Martine Aubry au Conseil national du 9 juin 2009</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Jun 2009 10:09:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>discours</dc:creator>
				<category><![CDATA[Martine Aubry]]></category>

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		<description><![CDATA[Conseil national du 9 juin 2009 Intervention de Martine AUBRY Chers Camarades, Notre Parti a subi dimanche une importante défaite électorale. Nous devons en comprendre les causes et en tirer toutes les conséquences. Je veux tout d&#8217;abord remercier tous les militants qui n&#8217;ont jamais baissé les bras dans une campagne qui n&#8217;était pas facile. Je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left"><i><strong>Conseil national du 9 juin 2009<br />
Intervention de Martine AUBRY </strong></i></p>
<p align="center">
<p>Chers Camarades,</p>
<p>Notre Parti a subi dimanche une importante défaite électorale. Nous devons en comprendre les causes et en tirer toutes les conséquences.</p>
<p>Je veux tout d&rsquo;abord remercier <strong>tous les militants </strong> qui n&rsquo;ont jamais baissé les bras dans une campagne qui n&rsquo;était pas facile.</p>
<p>Je veux aussi féliciter <strong>nos camarades </strong> qui ont été <strong>élus dimanche </strong>. Ils sont moins nombreux que lors du mandat précédent. Alors je leur dis, je leur demande : battez-vous deux fois plus. Défendez au parlement les idées et les propositions que nous avons portées. Soyez à la hauteur des espérances que nos électeurs ont placées en nous. Soyez à l&rsquo;écoute du peuple silencieux de dimanche dernier qui a aussi besoin de nous.</p>
<p>Je veux aussi penser à ceux qui n&rsquo;ont pas été élus dimanche. Ils ont bien sûr tout mon soutien et mon amitié même si cela je le sais ne les consolera pas.</p>
<p align="center">*</p>
<p>Oui, chers camarades, je le disais, nous avons le devoir de <strong>regarder en face la signification des résultats du scrutin de dimanche </strong>. Nous devons le faire <strong>avec lucidité et sang froid </strong>.</p>
<p>Rien ne servirait de <strong>minimiser </strong> l&rsquo;ampleur de notre défaite en se référant à d&rsquo;autres périodes plus douloureuses de notre histoire.</p>
<p>Rien ne servirait <strong>d&rsquo;en relativiser l&rsquo;importance </strong>. Bien sûr, la roue tourne, on le sait, l&rsquo;UMP a perdu les élections européennes de 1999 et 2004, cela ne l&rsquo;a pas empêchée d&rsquo;être victorieuse en 2002 et 2007. Mais pour cela, il faut savoir rebondir.</p>
<p><span id="more-214"></span></p>
<p>Non, <strong>rien ne servirait de chercher ailleurs qu&rsquo;en nous-mêmes </strong>. Bien sûr des événements particulier on joué : la <strong>crise a disparu des écrans de TV </strong> la semaine dernière, on a parlé <strong>crash de l&rsquo;Airbus A330 </strong>, on a parlé <strong>Obama </strong>, on a parlé du film <strong>Home </strong>- nous traversons une crise profonde.</p>
<p>Oui, nous avons un devoir d&rsquo;analyser <strong>les vraies raisons de l&rsquo;échec -mais </strong>je crois que nous les connaissons, nous les devinions, nous les vivions- et de réagir immédiatement pour entraîner un <strong>sursaut collectif </strong>.</p>
<p align="center">*</p>
<p><strong>1) Crise de la construction européenne, tout d&rsquo;abord. </strong></p>
<p>Dimanche, les français se sont massivement abstenus. Moins de 15% ont voté pour la liste arrivée en tête. 26 millions de Français ne se sont pas rendus aux urnes. Et l&rsquo;analyse des causes de l&rsquo;abstention est éclairante : les deux tiers des Français des abstentionnistes ont pensé que leur vote ne servirait à rien (31% ont pensé que leur vote n&rsquo;aurait pas d&rsquo;impact sur leur vie quotidienne, 20% sur la France, 14% sur l&rsquo;Europe).</p>
<p>Les Français se sont détournés de l&rsquo;Europe.<br />
Chacun doit en assumer sa part de responsabilité :</p>
<p>- responsabilité collective des politiques tous bords confondus, qui n&rsquo;ont pas su montrer la force du message européen, de l&rsquo;idéal qu&rsquo;il représente et cela depuis des années ;</p>
<p>- responsabilité de la droite qui a porté le libéralisme en Europe avec les conséquences que l&rsquo;on connaît : dérégulation, financiarisation qui installe la loi du plus fort et le développement des injustices, associés à une très grande inefficacité économique. L&rsquo;Europe éloigne les peuples quand elle s&rsquo;éloigne des peuples.</p>
<p>Et puis, nous sommes face à une droite démagogique, qui n&rsquo;hésite pas à tenir un discours opposé à ses actes. Contrairement à Angela Merkel, Silvio Berlusconi, et David Cameron, Nicolas Sarkozy camoufle ses intentions et cache le projet commun qu&rsquo;il partage avec le PPE. Alors que la poursuite de la libéralisation, c&rsquo;est-à-dire de la privatisation des services publics est en première ligne de ses projets, avec la flexibilisation accrue du marché du travail, il a l&rsquo;indécence de nous parler de « l&rsquo;Europe qui protège ».</p>
<p>Nous sommes aussi face à une droite populiste, qui n&rsquo;hésité pas à jouer sur la corde de la xénophobie pour détourner le scrutin de ses vrais enjeux. Nous sommes face à une droite dure qui n&rsquo;hésite pas à utiliser tous les moyens possibles pour arriver à ses fins, y compris le contrôle des médias et l&rsquo;abaissement des contre-pouvoirs.</p>
<p>Tout cela, on peut le regretter, mais cela ne servirait à rien. Nous devons le combattre, mais aussi parvenir à nous faire entendre malgré cela, et à faire comprendre à nos concitoyens les vrais enjeux et les vrais choix qui s&rsquo;offrent à eux.</p>
<p align="center">*</p>
<p><strong>2) Crise de la sociale démocratie, ensuite. </strong></p>
<p>Oui, tout cela est réel et a eu de lourdes conséquences. Mais levons-le nez du guidon aussi, chers camarades.<br />
La défaite de dimanche, ce n&rsquo;est pas seulement la nôtre, c&rsquo;est celle de la sociale démocratie toute entière. Avec 160 députés, notre groupe au Parlement européen a perdu 55 députés et se retrouve désormais très loin derrière le PPE.</p>
<p>Les socialistes et les sociaux démocrates sont en recul partout. Ce recul touche autant les sociaux démocrates que les socialistes, les partis dans l&rsquo;opposition comme ceux au gouvernement :</p>
<p>•  au Royaume-Uni, le labour recule de neuf points par rapport aux dernières élections.<br />
•  en Allemagne, le SPD obtient son plus mauvais résultat à une élection depuis la seconde guerre mondiale.<br />
•  en Espagne, le PSOE de Jose Luis Zapatero est largement distancé par le Parti populaire de Mario Rajoy.<br />
•  Même chose en Italie, en Pologne, au Portugal, en Bulgarie, en Slovénie, à Chypre.<br />
•  Aux Pays-Bas, en Autriche, en Finlande et en Hongrie, on assiste en outre à une forte poussée de l&rsquo;extrême droite.</p>
<p>Cela ne minimise pas l&rsquo;ampleur des résultats français, mais cela les inscrit dans un mouvement d&rsquo;ensemble.</p>
<p>Le monde et l&rsquo;Europe connaissent une crise économique majeure, qui traduit la faillite du système économique libéral, système défendu par la droite conservatrice et libérale. Et pourtant, faute d&rsquo;expression de ceux qui souffrent de cette crise, la droite sort confirmée voire confortée, même si en France le total des voix de droite arrive derrière le total des voix de gauche.</p>
<p>Nous sommes tous responsables, mais ceux qui ont égaré la sociale démocratie en faiblissant sur nos valeurs ont brouillé le message. Disons-le aussi, nous n&rsquo;avons pas fait l&rsquo;effort intellectuel et politique nécessaire pour apporter les réponses d&rsquo;aujourd&rsquo;hui à la nouvelle situation du monde. J&rsquo;y reviendrai.</p>
<p align="center">*</p>
<p><strong>3) Crise de notre Parti, enfin </strong></p>
<p>Et notre Parti, et cela ne date pas d&rsquo;hier, n&rsquo;a pas renouvelé ses pratiques et ses comportements ce qui le rend non crédible et inaudible pour le plus grand nombre. Je veux le dire franchement, il faut aller jusqu&rsquo;au bout et comprendre pourquoi les français n&rsquo;ont pas envie de nous soutenir. C&rsquo;est une question d&rsquo;image, d&rsquo;affichage de nos divisions, mais pas seulement.</p>
<p>Ce sont nos pratiques internes, notre fonctionnement, qui sont en cause aujourd&rsquo;hui comme hier déjà. Nous sommes tournés vers nous-mêmes, arc-boutés sur nos positions, nous avons perdu l&rsquo;envie de travailler ensemble, et ce qui apparait nationalement est aussi là de la même manière sur le plan local. On pourrait disserter ce soir pendant des heures sur notre campagne. Chacun s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs exprimé, y compris pendant la campagne, sur des terrains souvent opposés. A-t-on trop dénoncé ou pas assez, a-t-on été trop européens ou pas assez, ou trop tardivement ?</p>
<p>Ces débats nous les aurons, mais soyons sûrs d&rsquo;une chose, c&rsquo;est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;émetteur qui est en cause. Si nous ne sommes pas capables d&rsquo;accepter cette réalité dure, nous continuerons une lente désagrégation qui nous emportera tous. Oui, ce débat nous l&rsquo;aurons. Mais je crois sincèrement que nous n&rsquo;avons pas le temps aujourd&rsquo;hui de nous diviser sur des querelles secondaires. Nous avons l&rsquo;obligation d&rsquo;aller ensemble à l&rsquo;essentiel.</p>
<p align="center">*</p>
<p>Notre prochain rendez-vous, c&rsquo;est celui des régionales. Je le dis simplement, si certains ont l&rsquo;intention de se replier sur leur terrain, en espérant ainsi se démarquer de notre Parti, ils se trompent. Certes, tel ou tel pourra sauver son siège au regard de ce qu&rsquo;il a apporté à la population, mais soyons en sûrs, à moyen terme, tout cela ne sera que vain, si notre Parti n&rsquo;est pas à la hauteur des enjeux.</p>
<p>Aussi, c&rsquo;est à une profonde refondation de notre parti que j&rsquo;appelle, refondation des idées, refondation à gauche, mais aussi profonde refondation de nos pratiques, de nos démarches personnelles et collectives. Ce sont trois refondations qui doivent répondre aux trois crises que je viens de rappeler.</p>
<p>Oui, je vous le dis, chers camarades, nous ne sortirons pas de cette situation par quelques replâtrages, par je ne sais quel recentrage ou réorientation ou par quelques artifices de communication. La ligne politique a été définie par les militants lors de notre Congrès, elle doit être suivie.</p>
<p align="center">***</p>
<p>Ce dont nous avons besoin aujourd&rsquo;hui, je vous le dis très solennellement, c&rsquo;est d&rsquo;un véritable sursaut de nature à refonder profondément notre Parti. C&rsquo;est un état d&rsquo;esprit. C&rsquo;est une conviction profonde.</p>
<p>Je vous ferai ce soir quelques propositions, nous en débattrons dans les jours qui viennent.</p>
<p><strong>1) La refondation de nos idées </strong></p>
<p>Je l&rsquo;ai dit, la crise de la sociale démocratie européenne appelle avant tout une refondation de nos réponses. Nous avons pris du retard sur la réflexion stratégique et programmatique.</p>
<p>Ce ne sont pas nos valeurs qui sont en cause. Elles n&rsquo;ont jamais été d&rsquo;autant d&rsquo;actualité. Je reste convaincue que les Français, comme les Européens, préfèrent porter un modèle qui les grandit, un modèle qui les unit de manière ouverte et fraternelle plutôt qu&rsquo;un modèle qui les divise et les replie sur eux-mêmes.</p>
<p>Paradoxalement, la crise nous aide à nous retrouver sur une ligne politique.</p>
<p>Nous ne voulons pas d&rsquo;une société du court terme et de l&rsquo;argent roi ; nous voulons une société portée par d&rsquo;autres valeurs et qui prépare l&rsquo;avenir. Nous ne voulons pas d&rsquo;une société de la loi du plus fort et de la débrouille ; nous voulons d&rsquo;une société qui retrouve sa force dans ce que les hommes et les femmes ont de commun, et dans l&rsquo;empathie pour les autres.</p>
<p>La vraie question, me semble-t-il, est d&rsquo;inventer les réponses d&rsquo;aujourd&rsquo;hui à la crise de nos sociétés, réponses que nous sommes d&rsquo;ailleurs capables de porter souvent dans nos collectivités locales, mais que nous n&rsquo;arrivons pas à porter dans un projet collectif. En d&rsquo;autres termes, c&rsquo;est en portant haut les valeurs qui sont les nôtres que   nous trouverons l&rsquo;issue, mais en étant capables de les revisiter. De les revisiter à l&rsquo;aune des changements profonds de notre société. De les revisiter à l&rsquo;aune de la volonté de chaque individu d&rsquo;être pris en compte dans ce qu&rsquo;il est, dans ses aspirations, mais aussi de notre capacité à construire un collectif dans lequel il se retrouve.</p>
<p>Mais aussi en trouvant les réponses d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, qui articulent l&rsquo;économique et le social, les libertés et les sécurités, la maîtrise du présent et la préparation de l&rsquo;avenir. Voilà, l&rsquo;enjeu de cette refondation des idées.</p>
<p>Mais, je vous le dis, si nous voulons construire un nouveau projet de société dans lequel les français se retrouvent, nous avons le devoir d&rsquo;innover dans la manière de le penser. L&rsquo;attente est là. La volonté est présente. Nous devons être à ce rendez-vous, qui réclame un puissant effort collectif d&rsquo;imagination politique, et un changement radical de méthode. On n&rsquo;élabore pas, on n&rsquo;écrit plus un projet dans le huit-clos d&rsquo;un parti, en circuit fermé.</p>
<p>Bâtir un projet de société, c&rsquo;est mettre en débat les questions qui se posent à nous <strong>. </strong>C&rsquo;est le faire bien sûr avec notre cœur, avec la mémoire de nos luttes sociales, féministes, écologistes et avec la sincérité de nos valeurs de socialistes, à l&rsquo;écoute de ce que nous disent les français.</p>
<p>Pour notre parti, il y a urgence et obligation à entendre ce qui vient de toutes parts, non pas depuis hier, mais depuis trop longtemps. Les Français veulent être écoutés, et ils considèrent que les grands partis ne les écoutent plus. Les Français attendent du Parti socialiste un projet crédible, inscrit dans les valeurs de la gauche et adapté aux   temps nouveaux. Ils sont lucides sur la panne que connait la France, mais ils ne nous font pas encore confiance pour conduire l&rsquo;alternance.</p>
<p><strong><em>Les attentes des français…. </em></strong></p>
<p>C&rsquo;est pourquoi nous écrirons ce projet de société en donnant à chaque étape la parole aux Français <strong>. </strong>Nous en débattrons, étape après étape, avec vous et avec eux et avec les intellectuels, les hommes et les femmes engagées dans la société qui nous ont rejoints notamment dans le Laboratoire des idées.</p>
<p>J&rsquo;en suis convaincue, c&rsquo;est par un dialogue fécond entre les Français qui disent leurs difficultés et leurs attentes, les experts qui sont là pour les analyser et tracer chacun dans leur domaine les chemins du possible, et les politiques que nous réussirons.</p>
<p>Nous nous sommes déjà mis au travail en ce sens depuis plusieurs mois. Avec la création et la mise en route du Laboratoire des idées. Un premier travail a été fait également auprès des français pour mettre en exergue non pas leurs attentes à court terme, mais leurs aspirations les plus fondamentales à partir desquels nous devons je le crois déterminer les modes d&rsquo;entrée, innovants, dans notre projet. Nous en débattrons le 7 juillet avec l&rsquo;ensemble des membres du Bureau et du Secrétariat National.</p>
<p>Mais surtout, après ce cadre de juillet, je veux que nous engagions une démarche hors-les-murs de Solférino, innovante, enthousiaste et féconde <strong>. </strong>Nous irons, dans chaque fédération, avec les militants, et je le souhaite, ceux des autres partis de gauche, à la rencontre des Français. Nous devons nous démultiplier. Je proposerai à une vingtaine de parlementaires, mais aussi à des maires, des adjoints et vice présidents d&rsquo;exécutifs locaux, de devenir les <strong>ambassadeurs du projet </strong>.</p>
<p>A chacune de ces étapes, notre projet s&rsquo;enrichira des propositions des Français, s&rsquo;approfondira par le dialogue avec des citoyens volontaires. Il se nourrira de l&rsquo;expérience vécue et réussie des « innovateurs du quotidien », qui transforment notre société là où ils sont, dans des associations et des entreprises, des hôpitaux ou des écoles.</p>
<p>Nous devrons aussi donner la possibilité aux Français qui le souhaitent de devenir à leur tour des ambassadeurs de ce projet. Ainsi, sur tout le territoire, nous nous déploierons, démultipliant cette démarche, irrigant le pays et le Parti.</p>
<p align="center">**</p>
<p align="center">*</p>
<p><strong> 2) La refondation de la gauche </strong></p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, faces aux grandes questions auxquelles nous avons à répondre, il faut <strong>une nouvelle démarche de rassemblement à gauche </strong>. Rassemblement des Partis politiques de gauche, mais aussi rassemblement de ceux qui, portant des valeurs démocrates et d&rsquo;humanisme, je le sais, aspirent à nous retrouver.</p>
<p>Car je vous le dis, il n&rsquo;y aura pas de victoire à gauche sans une gauche solidaire et unie. Ce scrutin est là pour nous le rappeler, une fois de plus malheureusement. Le total des voix de gauche est comparable à celui de 2004, mais nous avons un quart de sièges en moins. L&rsquo;appel au vote efficace est nécessaire, nous l&rsquo;avons fait, mais peu efficace, si je puis dire. En 2004, c&rsquo;est le traumatisme du 21 avril 2002, encore tout proche, qui était venu à notre secours.</p>
<p>Mais cela ne s&rsquo;est jamais reproduit, ni à l&rsquo;élection présidentielle, ni aux législatives qui ont suivi, pas plus qu&rsquo;aux municipales de 2008. Alors, oui, tantôt c&rsquo;est la gauche radicale qui fait un bon score ; en 1994, c&rsquo;était le PRG avec Bernard Tapie ; puis les socialistes qui « prennent leur revanche » comme en 2004.</p>
<p>Dimanche, c&rsquo;est la personnalité de Daniel Cohn-Bendit qui a séduit une partie de notre électorat par son image d&rsquo;européen convaincu et de combattant de l&rsquo;écologie. Et je dirai que cette fois-ci au moins, c&rsquo;est une cause juste, cause que nous avons fait nôtre depuis quelques années.</p>
<p>Mais, pendant que nous nous mesurons entre nous, c&rsquo;est malheureusement la droite qui rit et qui prospère et c&rsquo;est le libéralisme qui prospère. Et je veux le dire à Dany, avec toute la sympathie qui est la nôtre pour lui et pour les hommes et les femmes qui composent son attelage et je sais qu&rsquo;il le sait : ne rêvons pas, soyons réalistes, le 7 juin n&rsquo;est pas le D-Day de l&rsquo;écologie pas plus que juin 2004 n&rsquo;a été le D-Day du socialisme.</p>
<p>L&rsquo;écologie, sans la gauche, restera une belle idée sans réalité. L&rsquo;écologie et le social iront de pair dans une gauche unie ou ne seront pas. La gauche sera unie ou ne sera pas, qui peut aujourd&rsquo;hui en douter ?</p>
<p>C&rsquo;est la raison pour laquelle, je veux dès demain –j&rsquo;ai déjà pris des contacts hier et aujourd&rsquo;hui-, engager des discussions avec tous ceux qui à gauche, sans exclusive, veulent porter un autre modèle de société pour la France, battre Sarkozy en 2012 et gouverner ensemble ensuite. Je vous en demande le mandat ce soir.</p>
<p>Et je le dis clairement, il ne s&rsquo;agit pas de retomber à nouveau dans les accords d&rsquo;appareils que nous concoctons habituellement à la veille des élections. <strong>Nous devons bâtir une Maison commune </strong>fondée sur :</p>
<p>•  un projet commun ;</p>
<p>•  et une stratégie de candidatures la plus efficace possible pour porter ces idées au pouvoir, partout où nous le pouvons.</p>
<p>Je le dis dès maintenant aux partis de gauche : nous voulons rentrer dans cette démarche sans préalable, sans a priori et sans volonté hégémonique. La réussite nécessite que chacun trouve sa place, que nous soyons capables d&rsquo;être ouverts aux idées des autres et que nous fassions ce travail avec les Français.</p>
<p>C&rsquo;est dans cette démarche d&rsquo;ouverture aux Français de nos Partis pour préparer le projet, et de rassemblement à gauche, que doit être portée <strong>la réflexion sur les primaires pour le choix de notre candidat à à l&rsquo;élection présidentielle de 2012 </strong>. Ce sujet ne peut être traité à la légère comme un gadget pour masquer nos insuffisances. Il doit être réfléchi et pensé dans une démarche politique et collective.</p>
<p>J&rsquo;ai la conviction profonde que seule cette démarche de rassemblement à gauche peut nous permettre le succès lors des régionales de 2010, des cantonales et sénatoriales de 2011, et les élections présidentielles de 2012.</p>
<p align="center">*</p>
<p>La refondation la gauche chez nous, mais aussi au niveau mondial, en commençant par l&rsquo;Europe. A l&rsquo;échec de la sociale démocratie en Europe, doit répondre une ambition renouvelée du Parti Socialiste Européen.</p>
<p>Nos députés européens vont avoir à se prononcer dans les jours qui viennent sur différentes désignations importantes et notamment le Président du Parlement et le Président de la Commission européenne. J&rsquo;irai voir demain Nicolas SARKOZY pour lui faire part en votre nom de nos positions sur le Conseil européen des 18 et 19 juin.</p>
<p><strong>Je vous propose de refuser tout accord technique avec le PPE </strong>. Nous devons porter nos propres candidatures et assumer d&rsquo;être clairement dans l&rsquo;opposition. Nous apporterons par ailleurs tout notre soutien à Poul Rasmussen pour qu&rsquo;il se succède à lui-même à la tête du PSE.</p>
<p>Par ailleurs, nous devons aussi renforcer notre présence au sein de la famille progressiste. L&rsquo;arrivée d&rsquo;OBAMA à la tête des Etats-Unis est une chance historique pour construire une force politique internationale à l&rsquo;image de celle que constitue de plus en plus le PSE au niveau européen. Oui, nous devons aussi renforcer notre présence à l&rsquo;international pour faire exister réellement une alliance du socialisme et des forces progressistes. Je vous propose de nommer <strong>Ségolène Royal comme représentante du Parti Socialiste à l&rsquo;Internationale Socialiste </strong>.</p>
<p>Nous devons à la fois nous alimenter de la pratique de nos Partis frères mais aussi porter notre propre message.</p>
<p align="center">**</p>
<p align="center">*</p>
<p><strong>3- Troisième refondation nécessaire, celle de notre Parti </strong></p>
<p>Ne nous racontons pas d&rsquo;histoires. Nous donnons l&rsquo;impression et c&rsquo;est parfois une réalité, de ne plus être heureux de vivre et travailler ensemble. De nous situer en concurrence et non en complémentarité. L&rsquo;unité, ce n&rsquo;est pas penser tous pareil ; c&rsquo;est avoir le courage de porter à l&rsquo;interne les débats nécessaires puis de défendre collectivement nos positions. Y compris pendant cette campagne difficile, les petites phrases assassines n&rsquo;ont pas manqué. J&rsquo;ai la conviction qu&rsquo;elles ne servent ni celui qui les exprime – sauf peut être dans une satisfaction immédiate de communication – ni notre Parti.</p>
<p>Je souhaite ce soir et dans les jours qui viennent que le mode de gouvernance que nous allons mettre en place nous assure une solidarité totale et une réaction immédiate en cas de non respect de nos règles communes.</p>
<p>Nous n&rsquo;avons pas le droit d&rsquo;abimer ainsi notre Parti. Chacun doit se demander ce qu&rsquo;il doit lui apporter et non pas ce que le Parti lui doit. Cet état d&rsquo;esprit doit exister en permanence et notamment au moment du choix de nos candidats. Le : « pourquoi pas moi ? » et non pas « qui est le meilleur pour faire gagner le Parti » se généralise. Je vous appelle ce soir à des changements profonds de nos comportements mais aussi de nos règles internes.</p>
<p>Nous avons un secrétariat national, nous avons un bureau national. Ces instances doivent remplir pleinement leur rôle. Chaque secrétaire national doit porter la réflexion, être réactif par rapport à l&rsquo;actualité et en contact avec la société. Maintenant que l&rsquo;ensemble des sensibilités est représenté au Secrétariat National, le Bureau National doit redevenir l&rsquo;instance du débat politique où nous forgeons notre réflexion et nos décisions communes. J&rsquo;y veillerai absolument.</p>
<p>Face à l&rsquo;ampleur de la tâche qui est devant nous, il nous faut à la fois serrer les coudes, amplifier le mouvement de refondation et être à la hauteur des attentes sur le projet. C&rsquo;est la raison pour laquelle il nous faut changer notre mode de gouvernance. Un Parti est un lieu de débat. Ces débats doivent avoir lieu en son sein et les positions prises défendues par tous.</p>
<p>Nous devons constituer une équipe collective resserrée qui travaillera avec l&rsquo;ensemble des secrétaires nationaux et dont les membres accepteront d&rsquo;être coresponsables des chantiers de la refondation et de les mener ensemble. Dans le contexte actuel, il est hautement souhaitable que tous les talents politiques soient présents dans nos instances de gouvernance. J&rsquo;ai rencontré beaucoup de camarades ces dernières heures. Je continuerai dans les jours qui viennent pour annoncer le plus tôt possible ce nouveau dispositif.</p>
<p>Mes camarades, il s&rsquo;agit d&rsquo;une nouvelle étape. Non pas d&rsquo;un rassemblement factice ou d&rsquo;une unité de façade. Il s&rsquo;agit pour chacun de prendre la responsabilité de mettre sa force politique, son imagination, ses propositions au service de tous.</p>
<p>Nous devons enfin :</p>
<p>- inventer de nouvelles formes de militance. Cela est majeur si nous voulons nous ouvrir sur la société car aujourd&rsquo;hui aucun projet, aucun programme ne peut être défini en vase clos.</p>
<p>- faire émerger la génération qui demain nous remplacera en veillant au respect des objectifs fondamentaux de diversité, de parité, d&rsquo;égalité des chances pour faire un Parti qui ressemble à ceux qu&rsquo;il veut représenter. Nous créerons, pour régénérer les cadres de notre Parti, une <strong>université permanente </strong> qui aura pour mission de détecter, former et préparer ses militants aux responsabilités dans notre Parti et leur accès aux mandats électifs. Nous devrons aussi réformer les modes de désignation de nos candidats et plus généralement moderniser nos statuts.</p>
<p>- nous devons utiliser les nouvelles technologies pour avoir un meilleur dialogue avec les militants comme avec les Français et ces nouveaux outils seront utiles à notre vie interne comme à notre démarche.</p>
<p>Je crois nécessaire aussi que les grandes figures de notre Parti soient de nouveau en capacité de dialoguer entre eux et de retrouver le goût du débat politique, la convivialité des échanges et pourquoi pas l&rsquo;enthousiasme de faire renaître notre Parti. Je leur proposerai de nous réunir à intervalle régulier.</p>
<p align="center">***</p>
<p>Avant de conclure, je vous propose <strong>d&rsquo;inscrire notre feuille de route dans un calendrier que je vous soumets ce soir à grands traits </strong>.</p>
<p>•  annonce de la nouvelle gouvernance dans les prochains jours,</p>
<p>•  dans les jours qui viennent, engagement des discussions avec l&rsquo;ensemble de la gauche,</p>
<p>•  fin août, la Rochelle sera le premier élément du lancement de notre projet. Nous avons une université d&rsquo;été conçue ouvert sur la société et les autres partis de gauche,</p>
<p>•  dès le lendemain, lancement du tour de France du projet,</p>
<p>•  avant la fin de l&rsquo;année, les Assises, les Forums, Etats Généraux et les Conventions déjà envisagées sur la culture, l&rsquo;éducation, la sécurité seront réunis et se tiendra la grande convention sur le nouveau modèle de développement social, économique et écologique.</p>
<p>Nous avons six mois pour changer de cap.</p>
<p>S&rsquo;agissant <strong>des élections régionales, nous devons commencer aujourd&rsquo;hui </strong>, je réunirai très vite les Présidents de Région sortants pour réfléchir avec eux aux projets pour les régionales, au calendrier et à la meilleure façon d&rsquo;ouvrir nos listes, de les renouveler et de les diversifier.</p>
<p align="center">***</p>
<p>Notre responsabilité est forte. Je pèse mes mots. Des décisions que nous allons prendre dans les heures qui viennent, <strong>de notre engagement collectif dans la voie que j&rsquo;ai tracée ce soir dans les semaines et les mois qui suivront, dépendra notre réussite ou notre échec </strong>. Nous pouvons rebondir. Il ne tient qu&rsquo;à nous de le vouloir. Nous pouvons à nouveau incarner l&rsquo;espoir. Il ne tient qu&rsquo;à nous de nous tourner à nouveau sur la société, de nous rassembler, de nous unir à gauche, de nous mobiliser, de nous rénover dans nos idées comme dans nos pratiques. Ma détermination est totale. Ma combativité aussi. Parce que vous êtes là. En allant vers les autres partis et en refondant nos idées sans changer nos valeurs nous serons digne de ce qu&rsquo;attendent les Français.</p>
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		<title>Déclaration de Martine AUBRY lors de la soirée des élections européennes 2009</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Jun 2009 20:00:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>discours</dc:creator>
				<category><![CDATA[Martine Aubry]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Français se sont exprimés et quand ils s’expriment il faut les entendre. Je veux tenir ici, ce soir, le discours de la lucidité et de la vérité. - Ces élections ont lieu dans une période de crise profonde en France comme en Europe. Le premier message de ce scrutin, c’est que malheureusement l’Europe n’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les Français se sont exprimés  et quand ils s’expriment il faut les entendre. Je veux tenir ici, ce soir, le  discours de la lucidité et de la vérité.<br />
<span id="more-212"></span><br />
- Ces élections ont lieu dans  une période de crise profonde en France comme en Europe. Le <strong>premier message de ce scrutin</strong>, c’est  que malheureusement l’Europe n’est pas apparue comme une solution. Les  électeurs se sont massivement abstenus.</p>
<p>Chacun doit en assumer sa part  de responsabilité :</p>
<p>- responsabilité collective des  partis politiques qui n’ont pas su montrer la force du message européen, de  l’idéal qu’il représente ;</p>
<p>- responsabilité de ceux qui  portent le libéralisme en Europe, avec les conséquences que l’on mesure  aujourd’hui : dérégulation, financiarisation qui installe la loi du plus  fort et le développement des injustices, associés à une grande inefficacité  économique. L’Europe éloigne les peuples quand elle s’éloigne des peuples.</p>
<p><strong>Deuxième leçon de ce scrutin </strong>: si la liste UMP arrive en tête, c’est que Nicolas Sarkozy n’a pas dit<strong> ses intentions et le vrai projet libéral  européen qu’il porte</strong> avec ses alliés. Il a de fait <strong>utilisé dans la campagne le thème de la sécurité</strong>, sur lequel il a  pourtant échoué en France. C’est au prix d’un renforcement de la droite extrême  et de l’extrême droite.</p>
<p>Mais 70% des électeurs se sont  portés sur des listes qui dénoncent sa politique injuste et inefficace. Face à  ce résultat, et face à l’abstention des catégories populaires et des classes  moyennes touchées par la crise, je demande ce soir au Président de la  République de prendre enfin les mesures à la hauteur de la situation et de  renoncer à un nouveau tour de vis social.</p>
<p><strong>Lucidité et vérité aussi sur nous-mêmes, socialistes et forces de  gauche</strong>. La droite de M.  Sarkozy n’est plus crédible, mais nous ne le sommes pas encore. De nombreux  électeurs de gauche ont porté leurs voix sur les listes Europe-Ecologie. Ce  vote est un appel vers un projet qui tourne le dos à la société dans laquelle  nous sommes. La question environnementale en est un élément majeur, qui pour  nous est inséparable de la question sociale.</p>
<p>Je prends <strong>toute la mesure de la responsabilité</strong> du Parti Socialiste dans le  score qui est le sien ce soir.</p>
<p>Je l’ai dit dès ma prise de  fonction comme premier secrétaire et je le redis ici.</p>
<p>Notre Parti Socialiste a  souffert de ses batailles internes et de ses divisions. <strong>Je mets toutes mes forces pour le rassembler</strong>. Il faut poursuivre  avec détermination.</p>
<p>Le Parti Socialiste a besoin <strong>d’une profonde rénovation</strong>. Il doit ne  plus vivre en circuit fermé et doit s’ouvrir sur la société.</p>
<p><strong>Unité, rénovation des idées et des pratiques, rassemblement de la  gauche</strong>, ce sont les tâches  majeures auxquelles nous allons nous atteler dès demain.</p>
<p>Je veux m’adresser ce soir <strong>aux Français qui s’inquiètent des jours qui  viennent</strong>. Aggravation de la crise, inquiétudes pour l’avenir, crainte d’un  tour de vis social. Je les assure que les socialistes seront à leurs côtés, les  militants comme les élus qui font un formidable travail quotidien qu’ils  reconnaissent.</p>
<p><strong>Je voudrais dire aux Français que je comprends leur message, que je le  partage</strong>.</p>
<p>Je mettrai toute mon énergie à  poursuivre le chemin de ces derniers mois et tout mon engagement et mon  enthousiasme pour leur redonner l’espoir. Je leur demande de garder confiance  dans le Parti Socialiste et dans la gauche.</p>
<p>Déclaration de Martine AUBRY</p>
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		<title>Intervention de Martine Aubry lors de la venue des parlementaires et des élus locaux- 12 mai</title>
		<link>http://discours.parti-socialiste.fr/2009/05/12/intervention-de-martine-aubry-lors-de-la-venue-des-parlementaires-et-des-elus-locaux-12-mai/</link>
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		<pubDate>Tue, 12 May 2009 15:44:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>discours</dc:creator>
				<category><![CDATA[Martine Aubry]]></category>

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		<description><![CDATA[A un moment clé de la campagne européenne, les parlementaires et les élus locaux sont venus entendre le message de mobilisation du Parti socialiste pour les élections du 7 juin. Après avoir salué la présence de chacun, Jean-Christophe CAMBADELIS, directeur de campagne, a indiqué les enjeux et a donné la parole à tous les responsables [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>A un moment clé de la campagne européenne, les parlementaires et les élus locaux sont venus entendre le message de mobilisation du Parti socialiste pour les élections du 7 juin. Après avoir salué la présence de chacun, Jean-Christophe CAMBADELIS, directeur de campagne, a indiqué les enjeux et a donné la parole à tous les responsables engagés sur le terrain. Martine AUBRY en a fait la synthèse</strong></em><span id="more-205"></span><strong>Intervention de Martine AUBRY, Première secrétaire</strong></p>
<p><em>L’action positive de nos élus</em><br />
Je salue tous nos camardes élus qui sont venus aujourd’hui et que nous avions prévus de réunir à la fin de cette première étape de campagne avant d’aborder la campagne officielle. Bienvenue chez vous dans notre maison commune, celle du Parti socialiste. Je remercie tous les interlocuteurs qui m’ont précédé. Que de talents dans ce Parti quand nous portons haut nos valeurs. Que de talents quand nous sommes capables de dire avec des mots forts ce pour quoi nous nous battons, ce pour quoi nous nous sommes engagés, ce pour quoi nous sommes là où nous sommes aujourd’hui pour dire que nous ne voulons plus de cette France et de cette Europe brutale, mais d’un monde plus serein, plus doux et plus juste. C’est la force de ceux qui viennent de s’exprimer et celle de ceux que nous avons réunis.</p>
<p>Merci à nos parlementaires qui depuis l’arrivée de Nicolas SARKOZY au pouvoir sont là, jour après jour, pas seulement pour défendre leurs droits, mais un autre projet et pour dénoncer cette politique économique qui nous mène à un mur et cette régression sociale comme celle du travail dominical. Ce recul dans tous les domaines de la protection collective, ce n’est pas la France, au moment où il faudrait réarmer l’Etat et porter un projet susceptible de redonner l’espoir aux Français. Merci à nos députés européens. Revenons un instant sur le remarquable travail des parlementaires européens, et particulièrement sur celui accompli par Benoît HAMON sur le secret bancaire ou celui de Catherine TRAUTMANN  qui ont œuvré pour que l’accès à Internet devienne aussi un droit, libre pour tous. Merci<br />
enfin à tous nos élus, présidents de régions, de départements maires, qui essaient alors que l’Etat ne s’est jamais autant dégagé des collectivités locales, de relancer la croissance et à accompagner les salariés licenciés. Nous sommes avec nos camarades militants aux portes des usines et aussi prêts à défendre les services publics, comme la Poste, l’hôpital ou l’Education.<br />
Après les 30 000 licenciements, le plus grand plan social préparé par le gouvernement dans le secteur public, ce sont 35 000 emplois supplémentaires qui vont être supprimés avant la fin de l’année. Oui, nous sommes forts quand nous sommes unis pour porter les valeurs de la gauche.</p>
<p><em>La force du projet européen des socialistes</em><br />
Nous n’avons eu de cesse de rassembler, car nous savons qu’il n’y a pas de gauche sans projet européen. Les Français savent que ces problèmes nous dépassent largement mais que ce continent est le seul qui fasse confiance aux hommes et aux femmes pour définir leur destin. C’est le seul continent qui n’accorde pas une confiance aveugle dans les forces mécaniques du marché, qui veut porter haut l’émancipation de chacun, maîtriser notre présent et préparer l’avenir. La vraie politique c’est de porter un projet de société et non de se laisser porter par les vagues du libéralisme ou les intérêts de quelques uns. C’est pourquoi nous avons besoin de retrouver les messages fondateurs de l’Europe.</p>
<p>Nous avons travaillé et nous nous sommes mis d’accord sur un texte fort, adopté à l’unanimité et qui indique clairement pourquoi nous croyons à une autre Europe, et pourquoi nous portons ces valeurs d’émancipation de préparation de l’avenir et de justice. Faire l’Europe ne consiste pas seulement comme le fait Nicolas SARKOZY avec Angela MERKEL à serrer la main devant les caméras à des leaders européens après avoir trop longtemps méprisé et mis une trop grande distance avec l’Allemagne. Plus que de belles images, nous cherchons des idées fortes.</p>
<p>A la suite du mouvement ouvrier et de ce que nous ont dit les philosophes des lumières, nous portons ensemble les 27 partenaires, un autre projet pour l’Europe. C’est ce que contient notre manifeste européen dont nous parlons devant les portes des usines et sur les marchés. Nous devons aller vite vers l’harmonisation fiscale et sociale, pour éviter des délocalisations y compris à l’intérieur de l’espace européen et pour faire mieux vivre les pays qui nous ont rejoints. Il faut également augmenter le budget de l’Europe, car c’est par l’action d’une puissance publique réarmée que nous arriverons à construire un projet d’égalité.</p>
<p><em>La droite si loin de l’Europe</em><br />
Nos listes sont prêtes depuis un certain temps déjà. Mais quel bonheur d’évoluer dans un Parti démocratique, où tout ne se décide pas dans le bureau du Premier secrétaire ou comme cela se fait ailleurs dans le bureau du président de la République où l’on dégage ceux qui ne plaisent pas, à cause d’une petite phrase. Nos camarades sont réellement engagés pour l’Europe, ils ne font pas autre chose et beaucoup d’entre eux sont nouveaux sur nos listes. Depuis plus d’un mois, nos militants nos candidats font campagne, ils ont la parole et n’ont pas attendu le coup de sifflet de Nicolas SARKOZY hier pour défendre leurs idées.</p>
<p>La droite n’a pas très envie de rentrer dans cette campagne. Dans son discours de Nîmes dont on ne sait toujours pas s’il s’agit d’un premier meeting de l’UMP ou d’une adresse du président de la République à la France, pour lancer la campagne, Nicolas SARKOZY nous a peu parlé de la France qui va dans le mur et où les jeunes sont désespérés, où les personnes âgées ne peuvent plus finir leur mois et qui s’enfonce lentement dans la crise. Il nous parle d’un échec sanglant, économique, social. Nicolas SARKOZY a très peu parlé d’Europe, et davantage de la Turquie, comme pour faire peur avant les élections. Il renoue avec les bons thèmes : la sécurité et la Turquie.</p>
<p>Au PS nous croyons à un modèle de société pour la France et pour l’Europe. Nicolas SARKOZY refuse aussi d’aborder son bilan européen. Alors qu’il était président de l’Europe, il a réussi avant tout à faire parler de lui, tel était le but. Le président SARKOZY devait nous sortir de la crise internationale. Or non seulement nous n’avons aucun plan de relance européen, ce qu’Obama a à juste titre contesté, mais les Allemands et nos partenaires européens ont même demandé à Nicolas SARKOZY d’arrêter de faire leçon en disant qu’il pourrait y avoir un vrai plan européen, le jour la France en fera un. On aurait pu imaginer que Nicolas SARKOZY mette un frein en matière de déréglementation des services publics, mais il a au contraire voté avec ceux qui prônent la libéralisation des services publics.</p>
<p>L’action internationale de Nicolas SARKOZY est sans doute le volet le plus inquiétant de sa politique. Derrière les satisfecits, la Russie a annexé l’Abkhazie et la Géorgie, et on ne pourra pas dire que l’Europe a joué un rôle favorisant la paix, la Justice et l’équilibre des frontières dans cette partie du monde.  Le bilan Français comme le bilan européen sont catastrophiques. Démantèlement des services publics, pas de politique économique, une politique financière qui ne travaille que pour elle et des déréglementations permanentes (directive du temps de travail sur les 65 heures ou directive de la honte qui permet de retenir 18 mois en prison les sans-papiers). Voilà le bilan des libéraux, voilà pourquoi les Français ne veulent plus de cette Europe. A la sortie du G20, on prend quelques règles, on met quelques rustines, les agences de notation seront mieux contrôlées, il y aura des règles prudentielles pour les banques, et nous recommencerons comme avant. Ils recommencent déjà, ces banquiers ces patrons voyous dont il devait nous livrer les noms, peuvent dormir tranquilles. Dexia continue à distribuer des bonus, la Société générale des stock-options, la loi dont on nous parlait n’est toujours pas là, seul un décret  a minima a été pris.</p>
<p><em>Notre message</em><br />
Les forces vives du Parti sont sur le terrain pour défendre le manifeste que nous partageons à 27 pays. Notre Europe n’est pas libérale, elle ne ressemble en rien à cette Europe libérale des 19 pays qui la gouverne actuellement. Notre Europe créera de l’emploi, renouera avec la croissance, et remettra l‘économie devant la finance. Elle préparera les emplois durables de demain et laissera une autre planète à nos enfants. Ce sera une Europe juste dans la répartition des richesses et dans la défense des services publics. Il faut enfin que notre Europe existe au plan international, une défense européenne, une présence pour défendre la paix à l’ONU et une parole unique à l’OMC et au BIT.</p>
<p>Il faut dire aux Français simplement, qui aurait cru qu’Obama soit élu il y a un an ? Les Américains ont changé de politique, nous pouvons aussi changer le sens de l’Europe le 7 juin. Mettre les citoyens d’abord, c’est la force de l’appel de Robert SCHUMANN, quand il a crée l’idée du Conseil de l’Europe. Les hommes et les femmes d’abord, une société au service de tous et non pour quelques uns. A qui faire confiance ? Nous disons aux Français, ne faites pas confiance à cette Europe libérale à celle du PPE, à ceux qui laissent de côté les plus démunis, mais à ceux qui ont toujours pourfendu ce système.</p>
<p>Nous rentrons maintenant dans une phase essentielle de la campagne et nous devons montrer qu’il existe un autre modèle. Si nous ne changeons pas ce qu’ils font là-bas, à Strasbourg, nous ne changerons pas ce que nous pouvons faire ici. Ils continueront à déréglementer, à mettre à bas les protections sociales ou à brimer les libertésNous devons mener cette campagne en allant vers ceux qui souffrent des licenciements et qui ont peur de l’avenir. Ces jeunes qui se sentent éjectés d’une société qui les regarde comme des délinquants ou des paresseux, de ces retraités qui souffrent car les promesses n’ont pas été tenues et qui craignent la remise en cause du système de santé. Nous devons dire à chacun que ce qui se prépare ici est lié à ce qui se passera là-bas. Sans tenir de grands discours, nous devons donner aux Français des réponses concrètes. Vous nous avez dit en défilant dans la rue, que vous ne supportiez plus que ceux qui ont mené à cette crise, soient aussi ceux qui continuent à gagner de l’argent. Avec le manifeste, nous mettrons fin au secret bancaire, nous réduirons l’échelle des rémunérations, nous créerons des salaires minima et en mettant à l’index ceux qui ne respectent pas les règles en matière de répartition des richesses.</p>
<p>A ceux qui disent que ferez-vous pour sortir de la crise ? Nous avons défini avec les socialistes européens, à Toulouse, grâce à Poul Nyrup RASMUSSEN, un plan sur les 100 premiers jours de 100 milliards d’euros, d’investissement à court terme pour relancer l’économie et le bâtiment.  Nous aiderons les régions les élus en difficulté et nous reprendrons une directive pour interdire les licenciements financiers et boursiers si les entreprises ne réindustrialisent pas les sites.</p>
<p>Aux retraités nous dirons que si le PPE gagne, c’est l’âge de la retraite qui sera repoussé et l’accès à la santé qui sera de plus en plus difficile. Aux jeunes, nous dirons que nous voulons créer avec le PSE 10 millions d’emplois verts  et nous lancerons une forme d’emplois jeunes pour que les choses redémarrent.</p>
<p>Le manifeste de Stockholm  et le programme du PPE sont semblables et c’est à cela aussi que François BAYROU et le Modem adhèrent.</p>
<p>Il nous faut donc expliquer tout cela à nos concitoyens, non pour gagner une élection, parce que l’enjeu est plus grave, mais pour changer l’Europe. Il ne faut pas se contenter de nos réunions publiques, même si nous sommes contents de nous retrouver, mais il faut aller là où les Français ne mettent plus la tête dehors et au pied des immeubles, devant les marchés et les hôpitaux et des entreprises. Faites le car vous représentez la crédibilité du Parti socialiste.</p>
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		<title>Discours de Martine Aubry &#8211; Printemps des libertés</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Mar 2009 13:03:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>discours</dc:creator>
				<category><![CDATA[Martine Aubry]]></category>

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		<description><![CDATA[Chers Amis, Chers Camarades, On nous dit que nous ne sommes pas si nombreux, 1 500 personnes, sans doute même un peu plus. Ce n&#8217;est pas si mal pour un Parti qui reprend l&#8217;habitude de se retrouver, de travailler, de réfléchir entre deux élections –et pas seulement au moment des élections. Ce n&#8217;est pas si [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chers Amis, Chers Camarades,</p>
<p>On nous dit que nous ne sommes pas si nombreux, 1 500 personnes, sans doute même un peu plus. Ce n&rsquo;est pas si mal pour un Parti qui reprend l&rsquo;habitude de se retrouver, de travailler, de réfléchir entre deux élections –et pas seulement au moment des élections. Ce n&rsquo;est pas si mal pour un Parti qui a le courage de parler, aujourd&rsquo;hui, des libertés, avant qu&rsquo;il ne soit trop tard. Et c&rsquo;est un plaisir de voir notre Parti, grâce à tous ceux qui ont travaillé à cette journée autour de M.P. De La Gontrie, s&rsquo;ouvrir à nouveau, ouvrir les portes et les fenêtres vers ceux qui n&rsquo;auraient jamais dû s&rsquo;éloigner de nous, si nous ne nous étions pas éloignés d&rsquo;eux : les associations, les bénévoles, les acteurs de la solidarité… Ils étaient avec nous au cours de cette journée. C&rsquo;est aussi un grand bonheur.</p>
<p>On nous dit « Vous parlez des libertés… mais ce n&rsquo;est pas le sujet ! ». Je crois que ceux qui nous disent cela sont ceux qui nous disait, lorsque la loi TEPA a été votée, lorsque le bouclier fiscal a été voté, que nous étions trop durs avec Nicolas Sarkozy. Ils nous demandaient d&rsquo;ailleurs d&rsquo;attendre les effets de cette loi qui devait « libérer les initiatives »… Les effets, on les a vu et nous avions raison de nous y prendre au plut tôt. Là aussi, donc, nous avons raison d&rsquo;être là sur le terrain des libertés, et je voulais vous remercier. <span id="more-204"></span>Je suis heureuse que vous soyez là, un dimanche. Et je crois que,pour beaucoup de Français, savoir que le Parti socialiste était là jeudi dans les manifestations et aujourd&rsquo;hui au Zénith pour parler des libertés est une bonne chose. Pas pour nous, mais pour ceux qui ont besoin de nous. Et c&rsquo;est cela qui doit nous motiver.</p>
<p>Je veux remercier tous ceux qui étaient donc présents, et notamment les élus ce matin pour dire leurs inquiétudes face aux manipulations électorales, face à l&rsquo;étranglement des collectivités locales. Mais aussi tous ceux qui, cet après-midi, sont venus nous dire pourquoi ils défendaient les libertés individuelles et collectives. Chacun des intervenants, avec sa passion, sa colère, nous apportait témoignage à la fois de son combat et des raisons de son engagement. Les échanges qui nous ont occupés n&rsquo;étaient pas très gais. C&rsquo;est vrai que c&rsquo;est grave, que c&rsquo;est un peu obscur. Mais, je crois que nous remplissons notre rôle quand nous sommes là pour dire pourquoi nous sommes contre le traitement répressif de la précarité dans notre pays, l&rsquo;affaiblissement des contre-pouvoirs et même l&rsquo;encadrement et le recul des libertés individuelles et collectives.</p>
<p><strong>Ce qui se passe aujourd&rsquo;hui dépasse ce que nous connaissions des discours traditionnels de la droite, en particulier en temps de crise sociale </strong>. Aujourd&rsquo;hui, dans le fond, on a un peu l&rsquo;impression que ce que le pouvoir, le Président de la République, ne donne pas de sa main gauche –vous savez cette main qui appelle au partage, à la tolérance, qui donne, qui appelle à l&rsquo;égalité- lui permet de se servir plus de la main droite –celle qui veut faire croire qu&rsquo;en limitant les libertés on va accroître l&rsquo;efficacité d&rsquo;une politique qui est déjà vouée à l&rsquo;échec.</p>
<p>Nous sommes là pour dire que ces deux mains doivent agir ensemble, comme le triptyque de la devise de la République et nous n&rsquo;accepterons pas que, sous quelque prétexte que ce soit, l&rsquo;on brime les libertés pour soi-disant résoudre les problèmes de notre pays. Voilà pourquoi nous sommes là aujourd&rsquo;hui.</p>
<p>Et alors que débute le printemps, il est vrai que l&rsquo;on a un peu de mal à avoir le cœur léger parce que notre pays s&rsquo;enfonce dans la crise, la crise économique et sociale ; parce que nous savons bien que le Président de la République –par idéologie- ne veut pas remettre en cause ce qui est maintenant un boulet pour notre pays : ce bouclier fiscal ; qu&rsquo;il ne veut pas remettre en cause une politique qui pourtant nous conduit à une situation dramatique ; qu&rsquo;il ne veut pas faire ce que les experts, ce que nos pays voisins (les Allemands, les Anglais, les Espagnols) font depuis plusieurs semaines et plusieurs mois. Les Français sont là pour dire leurs angoisses, leurs difficultés de vivre avec un pouvoir d&rsquo;achat tel que celui des petites retraites, des salariés (petits et moyens) qui baisse ; ils sont là pour dire aussi –et nous l&rsquo;avons vu jeudi dans les manifestations- leur angoisse de perdre leur emploi, alors que tout ce que l&rsquo;on nous annonce –licenciements jour après jour- laisse le pouvoir sans voix, sans réaction.</p>
<p>À cette injustice extrêmement forte qui vise à aider ceux qui ont déjà tout en laissant de côté les autres. Mais, dans quel pays sommes-nous ? Ce bouclier fiscal qui a permis de donner un chèque de 368 000 euros en moyenne à 850 personnes : 30 ans de salaire de la vie d&rsquo;un Smicard ! Voilà la France d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ! Et on vient nous dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de lien entre les injustices et les libertés ! Nous, socialistes, hommes et femmes de gauche ; nous, citoyens des associations et des syndicats, nous avons toujours pensé qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de liberté sans égalité. Voilà pourquoi ces deux sujets sont intimement liés.</p>
<p>Et ce jeudi, devant ce mouvement historique dans lequel nous étions, à l&rsquo;injustice, le gouvernement a ajouté le mépris par ce Premier ministre –car pour une fois ce n&rsquo;était pas le Président de la République- qui est venu pour dire « circulez, il n&rsquo;y a rien à voir. Nous ne changerons rien. Vous pouvez hurler, crier votre désespoir, il n&rsquo;y a plus rien à dire, nous allons continuer ». Cela est d&rsquo;autant plus étonnant qu&rsquo;il y a, aujourd&rsquo;hui, toutes les raisons de bouger.</p>
<p>Nous étions au lendemain, lors de cette manifestation, des prévisions de l&rsquo;INSEE (organisme officiel du gouvernement) qui a dit au gouvernement que la crise était beaucoup plus profonde et beaucoup plus durable que ce qui était annoncé par le gouvernement lui-même.</p>
<p>La crise est une croissance qui va diminuer de 3 % dans notre pays. Alors qu&rsquo;on nous annonce toujours – 1,5 %.</p>
<p>La crise, c&rsquo;est surtout ces 400 000 chômeurs supplémentaires que nous aurons au 1 er semestre de l&rsquo;année, c&rsquo;est-à-dire 300 000 de plus dans les trois mois qui viennent ! Et on nous dit que rien ne sera fait pour changer les choses. C&rsquo;est pourquoi nous lançons une pétition pour obtenir l&rsquo;annulation de ce bouclier fiscal, que cette loi TEPA qui finance les heures supplémentaires en période de chômage soit abrogée.</p>
<p>Que faudra-t-il au gouvernement pour comprendre ? Sûrement pas une opposition qui propose, car nous avons proposé un plan de relance massif, équilibré, ayant des conséquences directes, un peu à l&rsquo;aune de ce qu&rsquo;a fait Angela Merkel ou José Luis Zapatero… Ici, on nous dit : NON. Et, dans le fond, on se demande aujourd&rsquo;hui si Nicolas Sarkozy ne joue pas le pourrissement, s&rsquo;il n&rsquo;attend pas on ne sait quoi d&rsquo;ailleurs car nous savons bien, nous, que la France va continuer sur la pente du toboggan, avec le cortège de désespoir que cela va entraîner.</p>
<p><strong>Et que fait Nicolas Sarkozy pendant que les Français souffrent, pendant que les Français lui lancent un SOS… Lui nous parle de sécurité </strong>. Il y a eu des actes inacceptables récemment, comme il y en a beaucoup ces derniers temps. Nous les condamnons tous avec une grande fermeté. Et c&rsquo;est vrai que lorsque quelques jeunes ont pénétré dans un collège pour un règlement de compte personnel, le collège a eu droit à une visite présidentielle dans les deux jours, et ce n&rsquo;est sans doute pas anormal. Quand un professeur, avec un grand courage, s&rsquo;est interposé pour empêcher la violence d&rsquo;élèves contre d&rsquo;autres, il a été reçu dans les 24 h par le Président de la République –c&rsquo;est sans doute utile pour conforter les enseignants qui ont bien du mal, aujourd&rsquo;hui, à trouver des motifs d&rsquo;espoir dans l&rsquo;action du gouvernement. Mais, ne croyez-vous pas que les salariés licenciés à Continental, à Arcelor Mittal où Nicolas Sarkozy avait dit qu&rsquo;il reviendrait et que la société ne fermerait pas, ont besoin du Président de la République ? Et comment se fait-il, face aux suicides de jeunes et de moins jeunes dans les prisons, faute d&rsquo;être accompagnés, soignés, qu&rsquo;aucun membre du gouvernement –en tout cas pas le Président de la République- ne s&rsquo;y précipitent pour dire que dans une démocratie, «  <i>la façon dont sont traités les détenus, les malades mentaux, les exclus, montre le niveau de développement de la société </i> ». C&rsquo;est aussi ce que nous voulons dire lorsque nous nous réunissons pour parler des libertés.</p>
<p>Tout se passe comme si Nicolas Sarkozy voulait à nouveau mettre les projecteurs sur la sécurité pour nous détourner des questions économiques et sociales et de son propre échec. Cela ne nous surprend pas car nous sommes habitués à cette stratégie de contournement.</p>
<p>Mais, on ne nous y reprendra pas. Pour les socialistes, la sécurité est un droit fondamental, aussi important que l&rsquo;accès à la santé, à l&rsquo;école, au logement, au travail qui sont mis à bas aujourd&rsquo;hui. Nous tous, élus, et notamment les maires, nous battons tous les jours parce que le nombre de policiers a été réduit sur le terrain, parce que la police de proximité a été supprimée, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de prévention de la délinquance, parce qu&rsquo;on limite les finances des conseils généraux, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus d&rsquo;accompagnement dans les collèges, dans les lycées, parce que l&rsquo;on a supprimé les études surveillées, parce qu&rsquo;on limite les moyens dans les quartiers qui rendraient à ces jeunes leur dignité.</p>
<p>Certes, il faut améliorer la sécurité dans notre pays car, dans le fond cette fois-ci, il ne pourra pas botter en touche sur le thème « c&rsquo;est de leur faute » ! Cela fait 7 ans qu&rsquo;ils sont là, cela fait 7 ans que Nicolas Sarkozy s&rsquo;est occupé de la sécurité, cela fait 7 ans qu&rsquo;il a fait voter des lois toujours plus sécuritaires et sans aucun effet ! Rappelez-vous de ces lois qui correspondent généralement à un fait-divers : on veut rendre pénalement répréhensibles des jeunes qui se retrouvent dans les escaliers de leurs immeubles ; on veut rendre répréhensibles les jeunes qui, aujourd&rsquo;hui, se retrouvent dans des « bandes »… J&rsquo;aimerais savoir comment on peut mesurer ce qu&rsquo;est une bande, lorsque des jeunes se baladent ensemble dans une ville ; on a fait les peines plancher. Ces lois qui nous laissent penser qu&rsquo;il y a des réponses simples à des problèmes complexes, qui veulent empêcher que les juges puissent porter une appréciation en fonction de l&rsquo;environnement, de la personne qu&rsquo;ils ont face à eux, pour appliquer bêtement les directives du gouvernement. La voilà la réalité !</p>
<p>Et puis, 7 ans d&rsquo;une politique du chiffre. Une politique du chiffre qui pousse à mettre les policiers dans le cœur des villes, préférant arrêter des hommes et des femmes qui conduisent sans ceinture, avec un portable à l&rsquo;oreille (même si ce n&rsquo;est pas bien), alors que je préférerais les voir dans les quartiers, là où il y a des trafics, là où il y a de sérieux problèmes, là où 95 % des Français qui y vivent attendent toujours cette police de proximité que l&rsquo;on a supprimée. La voilà la vraie lutte contre l&rsquo;insécurité !</p>
<p><strong>Nicolas Sarkozy n&rsquo;a pas réussi sur grand chose. En tout cas, s&rsquo;il y a bien un domaine où il a échoué, c&rsquo;est bien celui de l&rsquo;insécurité </strong>. Il ne nous refera pas le coup : parler de la sécurité plutôt que de la crise et attendre peut-être, je le dis avec précaution mais aussi avec crainte, qu&rsquo;un débordement ou qu&rsquo;un acte violent lors de manifestation puisse permettre de dénoncer les conflits et les Français qui sont dans la rue, comme il l&rsquo;a fait souvent en montrant du doigt l&rsquo;ensemble de la jeunesse de ce pays. Nous ne nous laisserons pas faire. Nous avons des solutions et nous les porterons.</p>
<p>En parlant de cette réponse autoritaire de Nicolas Sarkozy, privilégiant cela aux réponses économiques et sociales, nous nous situons au cœur du sujet qui nous réunit aujourd&rsquo;hui.</p>
<p><strong>REPONDRE A L&rsquo;ANGOISSE SOCIALE PAR LA DIMINUTION DES LIBERTES, faire croire aux Français qu&rsquo;en restreignant le champ de la démocratie, en brimant les libertés, ils seront plus en sécurité, c&rsquo;est ce qu&rsquo;a dit Nicolas Sarkozy depuis son élection </strong>.</p>
<p><strong>Nous refusons de rentrer dans un système de propagande par la peur, qui voudrait faire croire aux Français que ce n&rsquo;est pas le progrès humain qui est la condition première de l&rsquo;ordre, qu&rsquo;il voudrait faire croire aux Français que la liberté et la fraternité peuvent être mises à mal pour un soi-disant objectif d&rsquo;efficacité, et qu&rsquo;un pouvoir même démocratique pourrait sans risque pour notre République se méfier de la Justice et de la liberté comme d&rsquo;un piège, de l&rsquo;idéal comme une duperie… C&rsquo;est ce que disait Jaurès, il y a près d&rsquo;un siècle. </strong></p>
<p>Notre République, aujourd&rsquo;hui désemparée par les crises, écornée par les obscurantismes, par les souffrances auxquelles elle doit faire face, doit porter haut ce qui la constitue. Ce qu&rsquo;elle est, c&rsquo;est-à-dire la liberté, l&rsquo;égalité, la fraternité. Il ne convient pas de les brader, de les négocier, de les réduire. C&rsquo;est, au contraire, aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;il faut essayer de les développer.</p>
<p>Pourquoi ? Nous n&rsquo;acceptons pas la mise sous coupe de la Justice, la restriction de l&rsquo;indépendance de la presse, le fichage des Français, le dur traitement infligé aux plus modestes. L&rsquo;heure n&rsquo;est pas à la résignation. Nous devons le dire très simplement, mais aussi très fortement. Je crois, dans le fond, que ce que nous ont dit tous ceux qui étaient là aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est que des centaines de milliers de citoyens disent NON à cette reprise en main et se lèvent. Parfois seul, à 10, à 50, à quelques milliers, sur des pétitions, dans leurs quartiers ou pour défendre une cause au-delà de nos frontières. Ils montrent leur opposition à cette « France d&rsquo;après » que Nicolas Sarkozy est en train de nous mettre en place depuis son arrivée au pouvoir.</p>
<p><strong>La résignation n&rsquo;est pas à l&rsquo;ordre du jour </strong> et nous pouvons nous réjouir aujourd&rsquo;hui que le Parti socialiste soit au cœur de ces militants du quotidien qui défendent, pas après pas, les libertés. Ces militants, on les connaît tous. Ils ont un visage, une voix, un combat. Permettez-moi d&rsquo;en citer quelques-uns, en commençant par nos élus, ceux qui continuent à se battre bien qu&rsquo;étranglés par l&rsquo;Etat en matière de finances pour maintenir l&rsquo;investissement en cette période de crise et aider les entreprises à conserver leurs emplois, pour aider les Français en cette période où le pouvoir d&rsquo;achat stagne ou diminue, mais aussi ces élus qui ont parrainé avec le Réseau Education Sans Frontières ces enfants dont on voulait expulser les parents.</p>
<p>Combien j&rsquo;ai été touchée, dans ma ville et ailleurs, de voir que beaucoup de Français, de toute catégorie sociale, de toute opinion politique, sont venus pour ces parrainages car ils ont considéré ces enfants assis à côté des leurs dans les classes comme leurs propres enfants. Ils n&rsquo;ont pas accepté de voir qu&rsquo;ils étaient traités comme des délinquants. Ils les ont considérés comme leurs enfants. C&rsquo;est celle-là la France que nous aimons, Monsieur Sarkozy !</p>
<p>Le militantisme quotidien, c&rsquo;est aussi le visage de cette femme retraitée qui chaque soir recharge chez elle quelques téléphones portables pour les migrants de Calais pour qu&rsquo;ils puissent, cahin-caha, conserver une relation avec leur famille. Alors, elle est mise en garde à vue ! Alors, elle est poursuivie ! Alors, on l&rsquo;inquiète !</p>
<p>Ce sont aussi ces assistants sociaux, ces psychiatres, ces visiteurs de prisons qui disent ne pas accepter la situation des prisons françaises et qui se battent pour donner des droits aux détenus et pour qu&rsquo;ils soient soignés, non pas en sortant de prison, mais pendant le moment où ils sont en train de purger leur peine.</p>
<p>Ce sont aussi le combat de ces artistes, de ces internautes, alors que les pouvoirs publics abandonnent la création, qui n&rsquo;admettent pas d&rsquo;être criminalisés pour avoir accès à la culture et au savoir sur internet.</p>
<p>C&rsquo;est aussi le combat, c&rsquo;est aussi la voix, le visage des journalistes, des enseignants, des magistrats, des médecins –surtout dans les hôpitaux publics- qui en ont assez de voir leurs professions montrées du doigt, qui en ont assez qu&rsquo;on leur dise qu&rsquo;ils coûtent cher alors qu&rsquo;ils font vivre la République. Cette République que nous défendons justement aujourd&rsquo;hui.</p>
<p>Cette scène militante a amené à constituer des réseaux qui sont, aujourd&rsquo;hui, efficaces, mobilisateurs, exigeants. Et ces réseaux dans lesquels nous sommes ne sont pas là uniquement pour dénoncer, mais aussi pour dire qu&rsquo;un autre modèle de société est possible. C&rsquo;est cela que nous devons préparer, en étant dans les mobilisations, mais aussi en proposant.</p>
<p>C&rsquo;est ce que fait aujourd&rsquo;hui le Parti socialiste. C&rsquo;est ce que font nos élus, nos militants. Nous avons, avec les associations, avec les défenseurs de la République, dit pourquoi nous ne pouvions pas accepter le fichier EDVIGE. Nous avons participé à de nombreux appels, en apportant notre soutien à l&rsquo;appel de la colline. Ce matin, Jean-Marc Ayrault a rappelé comment les parlementaires socialistes ont combattu avec vigueur et détermination et avec parfois des méthodes originales (chanter la Marseillaise aux pieds de la présidence de l&rsquo;Assemblée nationale, ce n&rsquo;est pas si courant). Mais, lorsque l&rsquo;on n&rsquo;est pas entendu, quand ils sont en train de faire voter des lois pour supprimer les droits de l&rsquo;opposition, pour limiter le droit d&rsquo;amendement, quand on met en place une loi sur l&rsquo;audiovisuel qui perd son indépendance politique et financière, alors oui, il faut trouver les moyens de s&rsquo;opposer et nos parlementaires l&rsquo;ont fait. Il faut les en remercier.</p>
<p>Il va falloir nous mobiliser. Nos parlementaires ont pris l&rsquo;initiative de supprimer cet article L 622-1 du code d&rsquo;entrée et de séjour des étrangers qui considère que les hommes et les femmes qui apportent leur fraternité, leur solidarité aux immigrés peuvent être des « passeurs », organisateurs de réseaux clandestins, peuvent être considérés comme des chefs d&rsquo;entreprises qui utilisent de la main d&rsquo;œuvre au noir ou comme des marchands de sommeil. Nous voulons que dans notre pays, le pays des Droits de l&rsquo;Homme, je le rappelle, la solidarité ne soit plus un délit.</p>
<p>Nous allons lancer, avec beaucoup d&rsquo;autres partis et beaucoup d&rsquo;autres associations, je l&rsquo;espère, une mobilisation des Français pour qu&rsquo;ils disent NON, pour qu&rsquo;ils disent que c&rsquo;est de la solidarité dont nous avons besoin, que c&rsquo;est de la fraternité dont nous avons besoin et non pas de nous condamner.</p>
<p>Le film de Philippe LIORET est très beau. Je connais bien la situation de Calais et il n&rsquo;a fait qu&rsquo;effleurer la situation de ces hommes et de ces femmes qui vivent parqués dans des bois, qui sont arrêtés lorsqu&rsquo;on leur sert la soupe quotidienne, tant et si bien que les organisations et associations humanitaires ont fait la grève –il y a quelques semaines- parce qu&rsquo;elles ne pouvaient plus supporter que leur action de solidarité soit l&rsquo;occasion pour la police d&rsquo;intervenir.</p>
<p>Ce film entraînera peut-être un sursaut de conscience vers lequel nous appelait Camus devant des situations qui ne pouvaient qu&rsquo;être réprouvées. Peut-être que les Français vont montrer, comme ils l&rsquo;ont fait avec RESF, que ceux qui sont en face d&rsquo;eux –les étrangers, qu&rsquo;ils soient les copains de leurs enfants, leurs parents ou ceux qui se battent pour passer en Grande-Bretagne ou ailleurs- ont la même part d&rsquo;humanité que nous. Ils viennent de pays qu&rsquo;ils ont quitté, souvent dans la douleur, en y laissant leur famille, fuyant la guerre, la misère. Ils ont eu une vie dure et ne sont pas en train de nous manger le pain sur le dos ou de mettre à bas notre sécurité sociale, toutes les statistiques montrent le contraire.</p>
<p><strong>Il faut dire la vérité aux Français et il faut les laisser être ce qu&rsquo;ils sont : des hommes et des femmes généreux qui ont envie de porter la devise de la France dans la réalité de nos quartiers, de toutes nos régions. Voilà ce pour quoi nous nous battons. </strong></p>
<p>Les socialistes, mes chers camarades, sont dans ce combat, n&rsquo;en déplaise à certains. Nous avons édité un livre qui n&rsquo;est pas un pamphlet, qui dit malheureusement la réalité de ce que l&rsquo;on vit aujourd&rsquo;hui et il vaut mieux agir avant qu&rsquo;il   ne soit trop tard.</p>
<p>Et si beaucoup d&rsquo;associations, d&rsquo;institutions font ce travail, c&rsquo;est à un parti politique de porter le projet politique qui doit remplacer cette situation, mais qui doit aussi dénoncer dans le court terme ce qui arrive de nos jours.</p>
<p>Nous allons recevoir dans quelques minutes des artistes, non pas parce que nous sommes organisateurs de concerts, mais parce que les artistes portent aussi le même message que nous, comme l&rsquo;ont porté les voix des journalistes et des associations. Ils disent aussi, et souvent plus fort que d&rsquo;autres et c&rsquo;est sûrement pour cela que la culture n&rsquo;est pas aimée par ceux qui n&rsquo;aiment pas la liberté, ce qui fait mal. Ils nous disent pourquoi cette société est violente, ils nous disent pourquoi cette société est inégalitaire et ils sont là, aujourd&rsquo;hui, avec nous tout simplement parce que nous défendons la même République et que nous avons envie d&rsquo;une société plus douce.</p>
<p>Je veux leur dire merci. Dans quelques instants, nous allons recevoir AXIOM, un rappeur lillois et il va vous interpréter sa lettre au Président, cette lettre qu&rsquo;il a écrite en plein milieu des violences urbaines. Je vous propose de bien écouter les paroles. Dans le fond, sa lettre au Président, c&rsquo;est tout ce que nous avons dit aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est tout ce que nous voudrions dire haut et fort à tous les Français qui ont envie d&rsquo;une société plus douce.</p>
<p>Moi aussi, j&rsquo;ai envie ce soir d&rsquo;adresser une lettre au Président de la République. J&rsquo;ai envie de lui dire tout simplement que la France n&rsquo;a jamais été aussi forte dans le monde et les Français aussi heureux que lorsqu&rsquo;ils ont défendu les droits de l&rsquo;Homme, que lorsqu&rsquo;ils ont défendu la devise de la France partout, ici et ailleurs. Je veux aussi lui dire très solennellement que notre conviction est qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;ordre sans justice et que cela commence par la justice. Nous lui redirons et nous lui demandons de développer la solidarité et la fraternité et non pas la peur, l&rsquo;individualisme et le repli sur soi. Et nous lui demandons de faire rimer à nouveau égalité et liberté. C&rsquo;est cela notre combat.</p>
<p>Merci</p>
<p><em><strong>DISCOURS DE MARTINE AUBRY<br />
PRINTEMPS DES LIBERTES<br />
ZENITH – LE 22 MARS 2009</strong></em></p>
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