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Archive pour avril 2008

Intervention de François Hollande – Motion de censure – mardi 8 avril 2008

08-04-2008


Monsieur le Premier ministre,

L’opposition ne manquait pas de raisons pour mettre en cause aujourd’hui la responsabilité de votre gouvernement. Les Français nous avaient précédé d’une certaine façon à l’occasion des élections municipales et cantonales. Et leurs motivations rejoignaient les nôtres.

L’échec de votre politique économique, l’erreur du paquet fiscal, la dérive préoccupante des déficits, le plan de rigueur dont vous n’osez même pas prononcer le nom, la réforme de l’Etat aussi improvisée qu’injuste et surtout les manquements répétés à votre engagement de campagne sur le pouvoir d’achat… Autant de sujets qui expliquent, 1 an après votre accession à la direction du pays, la perte de confiance qui s’est installée chez nos concitoyens et les profondes inquiétudes qu’ils nourrissent à l’égard de votre politique.

Et pourtant, nous avons voulu placer notre débat de censure sur les graves décisions que le Président de la République vient de prendre à l’occasion du sommet de l’OTAN à Bucarest , aussi bien sur l’engagement de nos forces en Afghanistan que sur le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN.

Chacun au-delà de sa sensibilité politique, ne peut nier l’importance de ces choix , les changements d’orientation qu’ils annoncent. Chacun mesure leur portée sur notre politique étrangère et sur notre stratégie de défense.

Afghanistan – Intervention de J.M. Ayrault du 1er avril 2008

01-04-2008

Assemblée nationale – Séance du mardi 1er avril 2008
Ordre du jour : Déclaration du gouvernement sur la situation en Afghanistan et débat sur cette déclaration

Monsieur le Président,
Monsieur le Premier Ministre
Mesdames, Messieurs,

Le 26 avril 2007, entre les deux tours de l’élection présidentielle, le candidat Nicolas Sarkozy annonçait sur France 2 qu’il retirerait nos troupes d’Afghanistan s’il était élu. Il estimait alors, je le cite, que « la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne semble pas décisive. » Et il s’engageait à poursuivre la politique de rapatriement de nos forces armées entamée par Jacques Chirac.

Que s’est-il donc passé depuis un an pour que le chef de l’Etat change son fusil d’épaule? Pourquoi est-il devenu si urgent que la France renforce son effort de guerre ? Aucune explication n’est venue étayer la volte-face présidentielle.

Seul, sans information du Parlement et semble-t-il contre l’avis d’une partie de l’Etat major des Armées, le chef de l’Etat bouleverse la nature de l’engagement français en Afghanistan et le consensus national qui l’entourait.