Chers Amis, Chers Camarades,
Il me revient de conclure notre journée et je souhaitais que notre journée parlementaire soit orientée sur deux sujets majeurs : l’évaluation des 5 premiers mois du quinquennat et l’ouverture de la confrontation sur l’ordre du jour parlementaire et de la session extraordinaire qui vient ainsi que de la session ordinaire qui va s’ouvrir.
Je salue tous les parlementaires socialistes, mais aussi les radicaux de gauche et les apparentés. Cela nous permet d’avoir, à l’Assemblée nationale, un groupe de 204 députés. C’est une force, à condition de s’en servir.
Notre journée parlementaire se tient 5 mois après l’élection de Nicolas Sarkozy et à la veille d’annonces -que l’on nous dit importantes- du Chef de l’Etat.
Le contexte a déjà changé. Avant l’été, tout paraissait possible : le paquet fiscal devait forcément créer un choc de confiance et donc de croissance ; le pouvoir d’achat devait mécaniquement progresser avec la libéralisation des heures supplémentaires ; l’immobilier devait nécessairement être stimulé par les déductions d’intérêts d’emprunts ; les déficits publics se résorber rapidement à l’horizon 2010 et la compétitivité des entreprises miraculeusement s’améliorer à mesure des cadeaux fiscaux accordés à leurs dirigeants.
Après l’été vient le temps de la réalité ; la réalité est, finalement, une dame bien polie ; elle prend son temps, elle est respectueuse, soucieuse même des apparences. Elle laisse un pouvoir s’installer ; elle lui permet de prendre ses premières décisions. Puis, dame réalité devient plus pressante, un peu moins patiente et vient, progressivement, présenter la note : la croissance sera bien inférieure à 2 % -c’est établi pour l’année 2007 ; le pouvoir d’achat est devenu la première préoccupation des Français et est amputé par les hausses de prix dans tous domaines ; la crise financière et immobilière qui secoue les Etats-Unis tend, de manière implacable, à s’élargir au reste du monde et nous en avons déjà les premières traductions avec la réduction des crédits bancaires ; les partenaires européens s’alarment –non sans raison- de nos déficits grandissants ; le commerce extérieur atteint un niveau record : 30 milliards d’euros pour l’année 2007. Voilà comment, en quelques mois, le climat a déjà changé.