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Archive pour juin 2007

Discours de François Hollande au Conseil national du 23 juin 2007 : « Nous devons ouvrir un nouveau cycle

23-06-2007

François HollandeÀ l’occasion de Conseil national du 23 juin, François Hollande a évoqué des premières pistes d’analyses des deux défaites à l’élection présidentielle et aux élections législatives. Il est également revenu sur les risques qu’une gouvernance de droite allait faire peser sur la France durant les cinq prochaines années avant de conclure sur le processus de rénovation.

« Merci à tout le parti de s’être mobilisé pour les élections législatives. C’était un moment difficile. On connaît les enchaînements, les logiques. Il y avait de la déception, de la douleur, peut-être même du fatalisme. On voyait ce que l’abstention pouvait produire. Et pourtant, le Parti –dans toute sa diversité, dans ses profondeurs, avec ses responsables s’est mobilisé et a fait que non seulement nous avons tenu bon, mais fait davantage.

Je veux saluer les candidats : ceux qui ont gagné, ceux qui ont perdu. Remercier tous ceux qui se sont investis dans ces campagnes et qui permettent au Parti, au lendemain de ce cycle, d’être présent, d’être fort, même s’il n’a pas été victorieux.

Les socialistes viennent de subir deux défaites successives. Elles sont certes honorables, mais lourdes de conséquences.

Déclaration de François Hollande au soir du second tour des élections législatives

17-06-2007

Les Français ont voulu, pour ce second tour des élections législatives, corriger la tendance qui s’était dessinée lors du premier tour.

Ils semblent avoir réussi en offrant à la gauche –et notamment au Parti socialiste- un groupe parlementaire d’au moins 200 députés, soit 25 % de plus que dans l’Assemblée sortante, celle de 2002.

Je tiens au nom même de la démocratie à les en remercier. Par ce vote, nos concitoyens ont entendu installer d’abord une force face au nouveau pouvoir permettant l’équilibre et le contrepoids indispensable en démocratie.

Ils ont voulu aussi exprimer un doute, voire une crainte à l’égard des premières mesures injustes du gouvernement de François FILLON, et notamment l’annonce de cette « TVA sociale » et les franchises médicales. Ils ont aussi réprouvé la méthode qui consiste, avant une élection, de ne pas avouer clairement les intentions du nouveau pouvoir.

La « vague bleue » annoncée qui devait déferler n’a donc pas eu lieu. Il y aura dans la prochaine Assemblée, et tant mieux, de la diversité et du pluralisme. C’est bon pour le pays. La France marchera sur ses deux jambes : une majorité, car il y a une majorité –je la reconnais- qui doit avoir un gouvernement, et une opposition, celle que la gauche –et notamment le Parti socialiste- va incarner.

Je reste néanmoins lucide sur la situation. Le Parti socialiste s’est redressé, au-delà même de ce que certains pouvaient espérer. Mais, en même temps, l’abstention reste forte et la droite a désormais la quasi-totalité du pouvoir.

C’est pourquoi, les socialistes sont confrontés à une double exigence :

  • Ils doivent être une opposition utile au pays, qui critique chaque fois que c’est nécessaire, mais qui propose sur chaque sujet. Nous le ferons.
  • Ils doivent tirer toutes les leçons des scrutins qui viennent de se dérouler, se renouveler autant qu’il sera possible et, déjà dans la future Assemblée, il y aura grâce à nous plus de femmes et, je l’espère, plus d’élus issus de notre diversité. Ensuite, rénover la gauche, la refonder si c’est nécessaire –et c’est nécessaire- pour qu’elle constitue l’alternative indispensable pour les échéances futures.

Discours de François Hollande – Meeting à Nantes

04-06-2007

Chers Amis,

Je veux saluer Jean-Marc Ayrault comme maire de Nantes, comme prochain député de Loire-Atlantique, comme président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale depuis 10 ans ; cela a passé si vite que l’on a le sentiment de commencer.

Je veux dire ici à Ségolène Royal que, partout où je vais, les gens me disent que, certes nous n’avons pas gagné le 6 mai, mais quelle belle campagne ! quel engagement ! quel courage ! quelle force ! et quelle envie de continuer ! Nous avons l’occasion dans une semaine d’utiliser notre bulletin de vote pour corriger l’élection présidentielle –sans doute, mais pour faire en sorte d’équilibrer le Parlement. Nul besoin d’attendre 2012. Nous avons encore la possibilité d’agir avant. Nous devons donc tous participer au scrutin. Les élections législatives peuvent nous donner les moyens d’agir, de faire entendre notre voix, celle des jeunes qui se sont engagés pour la première fois dans une élection et qui peuvent éprouver de la déception, sans aller jusqu’au désespoir ; celles des « vieux routiers » de la gauche qui savent bien qu’une défaite d’aujourd’hui peut se transformer en victoire demain. Nous ne nous résignons jamais à l’abandon, au fatalisme. On aurait pu, en effet, gagner tout de suite, mais ils ne perdent rien pour attendre : nous sommes là ; nous sommes une force ; nous sommes le Parti socialiste avec sa longue histoire, avec son bel avenir qu’il faudra rénover, refonder, changer, mais ce sera toujours le Parti socialiste. Avec ses valeurs, ses principes, ses idéaux. Et l’on modernisera, bien sûr ; on a bien compris qu’il y avait la mondialisation ; on sait qu’il y a nécessité d’avoir des entreprises compétitives, dynamiques. C’est un socialiste qui a permis d’éradiquer l’inflation en France : François Mitterrand. Et qui a permis de restructurer les entreprises ? Des Premiers ministres socialistes : Pierre Mauroy, Laurent Fabius, d’autres encore. Et qui a permis de faire réellement diminuer le chômage et pas dans les statistiques : Lionel Jospin. On a donc aucune leçon à recevoir de ces pseudos modernisateurs, pour qui la modernité c’est moins de protection, moins de droits pour les salariés et plus de liberté pour les entreprises.