Chers camarades, on pose souvent la question : le PS va-t-il perdre son âme ? Je n’en suis pas certain. Et pour une raison simple : il me semble que nous l’avons déjà un peu perdue sur un certain nombre de points. Et c’est bien collectivement que nous avons parfois renoncé, de façon sournoise, sans nous en rendre compte, progressivement, souvent par facilité, nous avons laissé de côté des bouts d’idéal.
Benoît en parlait tout à l’heure, mais sur la question de l’assistanat, par exemple, pendant cette campagne nous avons défendu tous les jours une ligne politique qui dénonçait systématiquement l’assistanat. En creux, finalement, nous dénoncions les individus qui, soi-disant, profitent ou allaient profiter du système. Mais qui profite le plus du système aujourd’hui ? Est-ce les plus pauvres ? Eh bien non, je crois plutôt que nous aurions dû remettre en cause l’ensemble de notre système.
Nous avons défendu une ligne politique couperet : pas de droits sans devoirs, pas de nouveaux droits sans devoirs. Dire cela, ce n’est pas neutre, dire cela implique finalement que tous le droits, que beaucoup de droits se méritent. Et en disant cela, à qui sommes-nous fidèles ? A la logique de notre idéal humaniste ou bien à la logique du système capitaliste qui reconnaît, qui récompense seulement les méritants ?
Nous devons, nous, je crois, faire l’analyse inverse. Nous sommes aujourd’hui dans une société d’assistance généralisée où tous les jours nous sommes gavés par la télévision, où tous les jours nous sommes gavés par la publicité, où le peuple soi-disant éclairé élit à sa tête un populiste à tendance xénophobe. C’est bien cela que j’appelle l’assistanat, un terme qui désigne des citoyens qui sont loin, très loin de la lumière.
Et notre rôle, à nous, n’est-il pas de dire, bien au contraire, que c’est en donnant accès à des droits sans conditions, aux droits fondamentaux, à la culture, à l’éducation par exemple à travers une allocation autonomie, sans conditions, au logement, aux soins, que nous arriverons à faire en sorte que les individus deviennent des citoyens en situation à ce moment-là de passer un contrat éclairé avec la société.
Alors, pour moi, ce sont des droits sans devoirs, des droits sans préalables, de nouveaux droits sans devoirs, de nouveaux droits sans préalables, c’est justement ce qu’il faut faire pour sortir de cette société de l’assistanat.
Et je termine en un mot, en disant que ce morceau d’idéal que nous laissons échapper nous fragilise et nous assèche. Il touche au sens, il touche à l’essence même de notre combat. Je sens en effet que notre parti est proche d’irréversible parce que nous croyons en des valeurs humanistes et fraternelles. Nous devons préserver ce qui fait notre cœur, nous devons ne nous fier qu’à un seul indicateur, à une seule boussole, notre utopie, notre idéal. Et, cette boussole, elle nous oriente sans ambiguïté vers notre gauche. L’irréel d’aujourd’hui pourra et sera le réel de demain. Je vous remercie.
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