Chers Amis,
Lorsque les socialistes sont rassemblés, rien ne peut les arrêter. Vous êtes rassemblés parce que les Français demandent qu’on le soit. Vous êtes rassemblés, parce que vous voulez être à la hauteur du défi qui vous est lancé. Vous êtes rassemblés, parce que vous voulez le changement dans notre pays. Vous savez que seuls les socialistes peuvent l’offrir aux Français.
Merci à vous tous, socialistes depuis toujours, socialistes d’un jour, socialistes de demain, d’être là avec nous, ensemble, pour la bataille qui s’annonce. Merci à ce parti, ce grand parti que j’aime, qui est la force et qui se présente devant les Français avec fierté. Fierté d’avoir respecté la parité pour les élections législatives ; fierté d’avoir renouvelé autant que c’était possible nos candidats pour les élections législatives ; fierté d’avoir engagé –et il y aura encore beaucoup à faire- la diversité des quartiers, des origines, des couleurs, pour représenter la société française.
Nicolas Sarkozy a lancé, au Havre nous dit-on, son appel ; il veut une majorité à sa main pour mener sa politique à sa guise. Nous lançons donc notre appel de Paris : nous voulons une majorité de gauche pour prêter main-forte aux Français et leur donner non pas la rupture par rapport au pacte social ou au pacte républicain, mais l’espérance, l’espérance d’être demain une France plus juste et plus forte.
Nous sommes bien conscients des dangers qui s’annoncent et de l’adversaire qui est devant nous. C’est tout de même une machine infernale. Il veut tout dévorer, tout absorber, tout broyer, tout digérer. Face à ce pouvoir vorace, il faut une gauche coriace et nous le serons dans les jours qui viennent.
Depuis le 6 mai, tout est fait pour décourager le vote. On veut donc décourager le vote, déconsidérer l’enjeu. Il n’y aurait même plus à voter ; il suffirait d’entendre le Président de la République demander sa majorité pour qu’elle lui soit donnée. Comme par décret, avant même que les Français n’aient voté. On veut dévaluer l’adversaire ; nous n’aurions même pas le droit de gagner ; cela nous serait interdit. Nous avons donc le devoir de gagner ces élections législatives.
C’est un devoir non pas pour nous-mêmes, pour être plus nombreux à l’Assemblée nationale –encore que cela ne fait pas de mal !
Notre devoir est vis-à-vis des Français, de tous ceux qui nous attendent, qui nous espèrent, qui veulent une politique équilibrée, qui veulent du changement, mais pour le meilleur pas pour le pire, et qui veulent comprendre le sens de ces élections législatives.

Chers Camarades,
Je dirai simplement quelques mots pour dire aussi que tous ces applaudissements sont destinés aussi à tous les militants, les citoyens qui se sont formidablement mobilisés au cours de cette belle campagne.
Chers camarades, bien entendu que nous aurions tous préféré que ce conseil national se déroule dans une tout autre ambiance, et bien entendu, il nous faut tenir compte qu’il nous reste maintenant cinq semaines, c’est cinq semaines qui séparent les élections présidentielles des élections législatives.
Chers camarades, je ne vais pas être très long. Nous avons perdu cette élection présidentielle. Il sera temps de tirer toutes les leçons de cette défaite après les élections législatives. Et je crois que les uns et les autres, Ségolène Royal, François Hollande et tous ici avons raison de tous tourner vers l’avenir et d’essayer de faire en sorte que ces élections législatives ne soient pas perdues d’avance.
Mes camarades, dès dimanche soir, j’ai parlé de défaite, certains ont crié au scandale, je crois qu’ils ont tort, je crois que nous avons intérêt à dire la vérité et à faire comprendre aux Français que nous sommes capables de regarder la vérité en face. Certains y ont vu une attaque contre Ségolène Royal, tant on aime opposer les socialistes les uns aux autres.
Mes chers camarades, je crois que nous allons ce matin dire à peu près la même chose parce que nécessité fait loi. Nous sommes au lendemain d’une défaite, mais à la veille d’une bataille, et ce n’est pas effectivement à la veille d’une bataille qu’on entreprend l’inventaire de ses faiblesses ou de ses erreurs, je suis persuadé que Von Klosvitz* n’aurait passé d’accord avec cet état d’esprit-là.
D’abord, je remarque qu’on n’est pas à huis clos. Alors, c’est très bien d’être entouré par les oreilles attentives, moins attentives là parce que, à cette heure-ci, la voix du couloir est plus forte que la voix de la tribune, mais quand même. Donc ça crée l’alternative du diable que vous connaissez : le silence serait étouffant, le débat serait déchirant. Va trouver ta voie entre les deux. Donc nous sommes tous condamnés à la litote de convenance, l’euphémisme mondain et la fraternité par précaution mutuelle.
Je dois vous dire que c’est à titre tout à fait exceptionnel que je préside cette séance, dont je partagerai la présidence avec mon collègue et ami, Jean-Pierre Bel, président du groupe des socialistes au Sénat, à titre exceptionnel, puisque notre ami Gérard Collomb n’a pas pu se rendre à ce Conseil national, il m’a demandé de bien vouloir l’excuser ; mais je dirais aussi à titre symbolique, puisque, en tant que président du groupe des députés socialistes, c’est aussi une manière de dire que nous commençons une nouvelle campagne, qui est celle de la bataille des élections législatives.
Je remercie ceux qui sont restés, déjà, car, comme le disait Jean-Luc précédemment, si dans la société, souvent, la tête commande le ventre, j’ai cru comprendre que dans la salle, pour beaucoup, le ventre avait commandé la tête.
Mes chers amis, mes chers camarades, grâce à vous, une fois encore, Lille est au rendez-vous. Lille est au rendez-vous parce que vous êtes là. Lille est au rendez-vous parce que vous venez de toute la région, Nord-Pas-de-Calais, Picardie, et parfois bien plus loin, autour de Pierre Mauroy, de Daniel Percheron, de Bernard de Rozier, de Dominique Dupilet, de Gilles Pargneaux et de Serge Janquin.