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Archive pour mai 2007

Elections législatives – Paris (Zénith) – Discours de François Hollande

29-05-2007

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Chers Amis,

Lorsque les socialistes sont rassemblés, rien ne peut les arrêter. Vous êtes rassemblés parce que les Français demandent qu’on le soit. Vous êtes rassemblés, parce que vous voulez être à la hauteur du défi qui vous est lancé. Vous êtes rassemblés, parce que vous voulez le changement dans notre pays. Vous savez que seuls les socialistes peuvent l’offrir aux Français.

Merci à vous tous, socialistes depuis toujours, socialistes d’un jour, socialistes de demain, d’être là avec nous, ensemble, pour la bataille qui s’annonce. Merci à ce parti, ce grand parti que j’aime, qui est la force et qui se présente devant les Français avec fierté. Fierté d’avoir respecté la parité pour les élections législatives ; fierté d’avoir renouvelé autant que c’était possible nos candidats pour les élections législatives ; fierté d’avoir engagé –et il y aura encore beaucoup à faire- la diversité des quartiers, des origines, des couleurs, pour représenter la société française.

Nicolas Sarkozy a lancé, au Havre nous dit-on, son appel ; il veut une majorité à sa main pour mener sa politique à sa guise. Nous lançons donc notre appel de Paris : nous voulons une majorité de gauche pour prêter main-forte aux Français et leur donner non pas la rupture par rapport au pacte social ou au pacte républicain, mais l’espérance, l’espérance d’être demain une France plus juste et plus forte.

Nous sommes bien conscients des dangers qui s’annoncent et de l’adversaire qui est devant nous. C’est tout de même une machine infernale. Il veut tout dévorer, tout absorber, tout broyer, tout digérer. Face à ce pouvoir vorace, il faut une gauche coriace et nous le serons dans les jours qui viennent.

Depuis le 6 mai, tout est fait pour décourager le vote. On veut donc décourager le vote, déconsidérer l’enjeu. Il n’y aurait même plus à voter ; il suffirait d’entendre le Président de la République demander sa majorité pour qu’elle lui soit donnée. Comme par décret, avant même que les Français n’aient voté. On veut dévaluer l’adversaire ; nous n’aurions même pas le droit de gagner ; cela nous serait interdit. Nous avons donc le devoir de gagner ces élections législatives.

C’est un devoir non pas pour nous-mêmes, pour être plus nombreux à l’Assemblée nationale –encore que cela ne fait pas de mal !

Notre devoir est vis-à-vis des Français, de tous ceux qui nous attendent, qui nous espèrent, qui veulent une politique équilibrée, qui veulent du changement, mais pour le meilleur pas pour le pire, et qui veulent comprendre le sens de ces élections législatives.

Discours de François Hollande – Meeting à Bordeaux

23-05-2007

Chers Amis,

J’ai plusieurs raisons fortes d’être parmi vous, en tant que Premier secrétaire, à Bordeaux. La première est pour saluer le résultat de Ségolène Royal au second tour de l’élection présidentielle en Gironde. Si tous les départements français avaient fait aussi bien, cela aurait un autre visage, convenons-en ! La deuxième est que nous sommes pris par l’esprit de conquête. Si nous sommes rassemblés ce soir, ce n’est pas simplement pour garder nos 5 circonscriptions –même s’il faut se battre pour les garder-, mais c’est aussi pour en conquérir d’autres car, il y en a d’autres, en Gironde, à gagner. Et, si j’en cite une parmi d’autres –il ne faut pas y voir malice-, c’est bien parce que nous voulons, au-delà de la parité, limiter le cumul des mandats ; il nous paraît très important que Michèle Delaunay puisse être la prochaine députée de Bordeaux. Nous ne voulons pas de mal à Alain Juppé, mais nous voulons tout simplement qu’il ne soit pas trop accaparé : maire de bordeaux depuis peu, Ministre du développement durable… tout un programme ! Et maintenant, candidat député. Non ! Nous allons y mettre bon ordre, un ordre juste, et ce sera Michèle Delaunay qui vous représentera.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de François Hollande

12-05-2007

Chers Camarades,

Nous sortons d’une élection présidentielle qui a été d’une rare intensité. La mobilisation a été exceptionnelle et, à bien des égards, cette élection présidentielle marque des ruptures politiques profondes.

La première : dans la crise démocratique, il y a eu pour cette élection une participation civique qui a atteint un niveau inégalé sous la Vè République (85 %).

La deuxième : en souvenir, sûrement mais pas seulement, du 21 avril 2002, un vote utile qui s’est imposé à gauche comme à droite.

La troisième : il y a eu, malgré l’émergence d’un centre, un renforcement de la bipolarisation qui a repris tous ses droits comme en témoigne d’ailleurs le faible nombre de votes blancs et nuls au second tour du scrutin.

La quatrième : la droite veut faire de son succès non pas une continuité, mais une rupture non pas seulement par rapport au chiraquisme, non pas seulement par rapport à la gauche, mais par rapport au pacte social lui-même, celui qui avait pu être établi en consensus, en compromis ou en lutte depuis 50 ans.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de Ségolène Royal

Je dirai simplement quelques mots pour dire aussi que tous ces applaudissements sont destinés aussi à tous les militants, les citoyens qui se sont formidablement mobilisés au cours de cette belle campagne.
Vous dire aussi la fierté d’avoir conduit cette campagne, désignée par 60 % des militants socialistes, je voudrais souligner la très forte mobilisation dans les fédérations, la mobilisation des militants, bien sûr, mais aussi celles des partis alliés qui nous ont rejoints, qui nous ont soutenus dans cette campagne, tous les élus qui ont également été en première ligne de ce combat. Nous avons vu des salles pleines à craquer, des citoyens enthousiastes, des citoyens mobilisés, et aujourd’hui c’est une force qui s’est levée, même si le combat ne s’est pas terminé comme nous l’aurions souhaité. C’est une force qui s’est levée de 17 millions de voix.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de Claude Bartolone

Chers camarades, bien entendu que nous aurions tous préféré que ce conseil national se déroule dans une tout autre ambiance, et bien entendu, il nous faut tenir compte qu’il nous reste maintenant cinq semaines, c’est cinq semaines qui séparent les élections présidentielles des élections législatives.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de Benoît Hamon

Chers camarades, je ne vais pas être très long. Nous avons perdu cette élection présidentielle. Il sera temps de tirer toutes les leçons de cette défaite après les élections législatives. Et je crois que les uns et les autres, Ségolène Royal, François Hollande et tous ici avons raison de tous tourner vers l’avenir et d’essayer de faire en sorte que ces élections législatives ne soient pas perdues d’avance.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de Dominique Strauss-Kahn

Mes camarades, dès dimanche soir, j’ai parlé de défaite, certains ont crié au scandale, je crois qu’ils ont tort, je crois que nous avons intérêt à dire la vérité et à faire comprendre aux Français que nous sommes capables de regarder la vérité en face. Certains y ont vu une attaque contre Ségolène Royal, tant on aime opposer les socialistes les uns aux autres.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de Vincent Peillon

Mes camarades, nous sommes maintenant dans la campagne des législatives et je vais me permettre d’être extrêmement bref. Si on avait un petit peu la pêche dans cette campagne, comme on aurait dû peut-être l’avoir davantage dans la campagne des présidentielles. Je vous le dis, aujourd’hui on nous avait dit, et moi je suis à 100 % pour, on ne commence pas à se mettre de la cendre sur la tête, on n’ouvre pas les débats, on est en campagne, on est rassemblé. C’est mon état d’esprit. Pour le reste, va venir le moment des débats.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention d’Harlem Désir

Chers camarades, je voudrais à mon tour rendre hommage à la détermination et à l’énergie de Ségolène Royal dans cette campagne, ainsi qu’à l’engagement des militants qui s’y sont investis dans toutes les fédérations et dans tout le pays comme l’a rappelé François Hollande.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention d’Henri Emmanuelli

Mes chers camarades, je crois que nous allons ce matin dire à peu près la même chose parce que nécessité fait loi. Nous sommes au lendemain d’une défaite, mais à la veille d’une bataille, et ce n’est pas effectivement à la veille d’une bataille qu’on entreprend l’inventaire de ses faiblesses ou de ses erreurs, je suis persuadé que Von Klosvitz* n’aurait passé d’accord avec cet état d’esprit-là.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention d’Elisabeth Guigou

Mes chers camarades, nous avons, toutes celles et ceux qui sont intervenus l’ont dit, nous avons devant nous une double responsabilité et nous sommes tous d’accord là-dessus, les législatives d’abord, la refondation après.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de Jean-Luc Melanchon

D’abord, je remarque qu’on n’est pas à huis clos. Alors, c’est très bien d’être entouré par les oreilles attentives, moins attentives là parce que, à cette heure-ci, la voix du couloir est plus forte que la voix de la tribune, mais quand même. Donc ça crée l’alternative du diable que vous connaissez : le silence serait étouffant, le débat serait déchirant. Va trouver ta voie entre les deux. Donc nous sommes tous condamnés à la litote de convenance, l’euphémisme mondain et la fraternité par précaution mutuelle.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention d’Henri Weber

Chers camarades, la campagne fut ardente, la défaite est douloureuse, d’autant que nous avions en main de nombreux atouts. On l’a dit avant moi, un bilan particulièrement calamiteux de la majorité sortante, et pas seulement sur les questions de sécurité publique, principalement sur les questions économiques et sociales, avoir un pays qui se traîne à 1,5 % de croissance en moyenne pendant cinq ans alors que le contexte mondial est extraordinairement porteur, c’est vraiment un bilan de faillite.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention d’Arnaud Montebourg

Chers camarades, dans cette magnifique campagne qui laisse derrière nous des moments extraordinaires, nous avons vu, après les résultats de ce scrutin, réapparaître les deux France : à l’ouest, baignée dans la tradition démocrate chrétienne, plus urbaine, plus optimiste d’ailleurs, à l’est, la France, qui d’ailleurs avait voté non massivement, cette immense flaque bleue qui ensevelit d’ailleurs beaucoup de nos positions politiques, plus rurale, davantage périurbaine, et qui a fusionné et réalisé la fusion dans les urnes des trois droites.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de Jean-Marc Ayrault

Je dois vous dire que c’est à titre tout à fait exceptionnel que je préside cette séance, dont je partagerai la présidence avec mon collègue et ami, Jean-Pierre Bel, président du groupe des socialistes au Sénat, à titre exceptionnel, puisque notre ami Gérard Collomb n’a pas pu se rendre à ce Conseil national, il m’a demandé de bien vouloir l’excuser ; mais je dirais aussi à titre symbolique, puisque, en tant que président du groupe des députés socialistes, c’est aussi une manière de dire que nous commençons une nouvelle campagne, qui est celle de la bataille des élections législatives.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de Kader Arif

Je vais faire court, mes chers camarades, court mais peut-être plus sincère.
Je ne sais pas si je suis la couleur marron de la mosaïque qui a été évoquée tout à l’heure, mais cette couleur marron de la mosaïque, pour être très honnête, elle n’est pas forcément très représentée au sein de notre parti, même si je sens çà et là des volontés pour qu’elle existe.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de Razzye Hammadi

Je remercie ceux qui sont restés, déjà, car, comme le disait Jean-Luc précédemment, si dans la société, souvent, la tête commande le ventre, j’ai cru comprendre que dans la salle, pour beaucoup, le ventre avait commandé la tête.
Je voudrais remercier, parce que c’est important de rester dans cette salle au lendemain de ce résultat, c’est aussi attribuer du solennel, c’est aussi attribuer du solennel à cette réunion, à cette instance, et je voulais le rappeler, nous avons dit qu’il fallait que nous nous adressions les uns aux autres avec franchise, je le fais.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de Marie-Noëlle Lienemann

Chers amis, chers camarades, face à une droite dure, nous avons besoin d’une gauche forte. C’est pourquoi l’essentiel aujourd’hui est bien de gagner nos élections législatives et d’en faire un succès. Il y a un temps pour tout, nous aurons le temps des analyses, des bilans, mais l’urgence aujourd’hui est la reconquête. Nous devons partir du socle de l’élection présidentielle, mais il est clair qu’il faut regagner du terrain dans le cœur de cible de la gauche, chez les salariés, chez les employés car nous n’avons pas fait le plein dans cet électorat. Et il suffit de regarder la carte géographique pour voir que les terres ouvrières, que les terres industrielles n’ont pas répondu présentes à l’appel.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de Pascal Cherki

Trois minutes seront largement suffisantes puisque nous n’ouvrons pas aujourd’hui la question des raisons de la défaite, mais quand même, parce que c’est un problème qu’on va avoir dans ces élections législatives, quand on regarde quand même le socle sociologique que nous avons réuni dans cette élection présidentielle au second tour, tout à l’heure on parlait de tache bleue ou de je ne sais pas quoi, mais il nous a quand même manqué une partie substantielle des ouvriers et des employés de la France industrielle qui, en grande partie, avaient voté non et qui ont préféré voter pour une droite bonapartiste que voter pour une gauche généreuse, et donc c’est une question qui nous interroge puisque, une fois passées les élections législatives, le débat sera : comment les reconquérir ?

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de Laurent Baumel

Il est entendu que nous n’engageons pas, dans le Conseil national d’aujourd’hui, une analyse approfondie de la défaite mais, puisque les camarades qui m’ont précédé ont un peu effleuré le sujet, je voudrais à mon tour livrer très rapidement deux réflexions.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de Jacques Généreux

Mes chers camarades, j’ai bien compris que ce n’était pas le jour et le lieu de faire l’analyse complète de la défaite. Je me félicite simplement que tout ce que j’ai entendu ce matin amène à penser que nous avons quand même bien réalisé qu’il s’agit d’une défaite car, au moins, ne partons pas d’un contresens dans nos travaux futurs sur le fait que nous avons connu une défaite aussi sévère, si ce n’est plus sévère qu’en 2002 si on considère la défaite de la gauche et non pas simplement des socialistes, puisque la gauche a encore reculé de 7 points dans des circonstances, comme l’a rappelé Henri Weber et tant d’autres, où les circonstances étaient quand même beaucoup plus favorables pour nous.

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de Franck Pupunat

Chers camarades, on pose souvent la question : le PS va-t-il perdre son âme ? Je n’en suis pas certain. Et pour une raison simple : il me semble que nous l’avons déjà un peu perdue sur un certain nombre de points. Et c’est bien collectivement que nous avons parfois renoncé, de façon sournoise, sans nous en rendre compte, progressivement, souvent par facilité, nous avons laissé de côté des bouts d’idéal.

DÉCLARATION DE FRANCOIS HOLLANDE – 2ÈME TOUR DE L’ELECTION PRÉSIDENTIELLE – DIMANCHE 6 MAI 2007

07-05-2007

Mesdames, Messieurs,

Nous attendions ce scrutin depuis cinq ans. Nous nous étions redressés depuis 2002. Nous avons obtenu de belles victoires aux régionales et aux européennes. Nous avions ouvert des pratiques nouvelles à travers une désignation exemplaire de notre candidate à l’élection présidentielle.

Néanmoins, ce soir, malgré tous ces efforts, malgré toute cette action, la victoire n’est pas au rendez-vous.

C’est Nicolas Sarkozyqui a été élu Président de la République.

Il a pu obtenir ce résultat par un rassemblement de toutes les droites : de l’extrême droite jusqu’au centre droit. Il a pu aussi parvenir à ses fins parce qu’il a multiplié les promesses, alors même qu’il était le candidat de la majorité sortante depuis 2002 et qu’il a donc réussi, il faut bien le dire, une opération de mystification qui se révélera dangereuse pour le pays.

Néanmoins, il est le nouveau Président de la République. Et nous devons faire en sorte, aujourd’hui, dans le respect du suffrage, de partager le pouvoir, de permettre que la force qui représente aujourd’hui la gauche, et au-delà de la gauche, les valeurs de la République, puisse faire prévaloir l’équilibre et préparer l’avenir.

Je veux remercier et saluer Ségolène Royal qui, par sa campagne, sa ferveur, sa capacité de conviction, sa force de caractère sur des valeurs qui nous sont communes a réussi à mobiliser, pas suffisamment, tant de nos concitoyens et nous sommes tout près de la victoire, sans l’avoir obtenue.

Je veux ensuite remercier les près de 18 millions de nos concitoyens qui ont porté leur suffrage sur Ségolène Royal. Je sais aujourd’hui ce qu’est la force de ce vote, même s’il n’a pas pu être majoritaire. Je sais ce qu’il contient de perspectives d’avenir. Je sais ce qu’il constitue d’élan et de rebond pour les élections législatives qui arrivent.

Je veux dire à ces électrices et électeurs que leur vote aura été utile. Il ouvre, là, d’autres étapes –et bientôt proches- pour la reconquête. Je sais aussi leur déception et même le désarroi de beaucoup. Je veux lancer un appel au calme et à la cohérence.

Le calme, parce que dans la République, c’est la loi du suffrage. Il faut avaler sa colère, sa frustration, sa peur pour porter cette énergie dans un futur suffrage, dans un mouvement qui doit se faire dans le cadre de la République et de la démocratie et nulle part ailleurs.

Je veux dire aussi à ces électeurs qui espéraient tant dans le changement et qui voulaient écarter les chocs d’une droite dure que leur combat prend une autre dimension avec les élections législatives qui viennent.

Pour poursuivre dans cet esprit, il faut que la gauche –et le Parti socialiste notamment- se rassemble. Ce qui vient de se produire est trop grave, trop risqué pour l’avenir ; les enjeux nous dépassent et nous devons être exemplaires. Cela n’empêchera pas les examens de conscience, les regards critiques. Mais, aujourd’hui, c’est le moment de la clarté et du rassemblement. Et, il faudra, dans cette campagne des élections législatives, que, comme Premier secrétaire avec tous les talents, toutes les personnalités du Parti socialiste qui ont leur place et leur rôle, nous fassions un effort collectif pour être à la hauteur du défi qui est devant nous. Il s’appelle l’alternance, la démocratie, la capacité à ouvrir une espérance. Il y a cette déception, cette défaite mais aussi cet élan collectif qui permet tout, qui autorise tout.

Au-delà des élections législatives, la gauche devra se réunir davantage, refonder ses idées, porter aussi un message d’ouverture et d’élargissement. Nous entendons donc rassembler, rassembler autant qu’il sera nécessaire, mais sur des valeurs qui sont celles de la solidarité et de la modernité. Et il y a place pour d’autres que nous dans ce rassemblement.

Je veux dire à tous les militants, les sympathisants du Parti socialiste qu’ils peuvent être fiers. Aujourd’hui, même s’il y a là comme une frustration et de colère, ils peuvent être fiers ; ils ne doivent pas se résigner. Il n’y a pas de fatalité. Nous sommes là après une belle campagne et une épreuve car ce n’est pas notre candidate qui a été désignée. Mais nous sommes aussi là avant d’autres échéances. Et la force que nous avons été capable de lever, les idées qui sont les nôtres, l’élan collectif que nous devons produire feront des victoires pour demain.

Soyons-en dignes, soyons-en capables. Nous ne pourrons être dignes et capables que si nous sommes unis, ouverts et sûrs de nos convictions.

Intervention de Pierre Mauroy au meeting de Lille du 3 mai 2007

03-05-2007

Mes chers amis, mes chers camarades, merci à vous tous d’être là ce soir. Vous êtes des milliers venus du Nord, du Pas-de-Calais et d’ailleurs pour écouter Ségolène Royal, et je sens bien qu’avec vous, est engagée une dynamique qui rend désormais la victoire possible.
Je m’associe aux mots d’accueil de Gilles Pargneaux, l’accueil des amis parisiens, des dirigeants des formations de gauche, et je suis particulièrement sensible à la présence des représentants du Parti socialiste européen et de ceux qui représentent l’internationale socialiste.

Mes amis, c’est à la huitième campagne présidentielle à laquelle je participe. Je peux vous dire que, si aucune n’a ressemblé à une autre, à chaque fois, les maîtres mots pour gagner ont été les mêmes, c’est-à-dire le rassemblement et ensuite la volonté de l’emporter. C’est une affaire de conviction, d’énergie et d’enthousiasme.

Intervention de Poul Nyrup Rasmussen, président du PSE au meeting de Lille du 3 mai 2007

Bonjour à tous.
J’ai un simple message ce soir à Ségolène Royal : Ségolène Royal, l’Europe et les Européens ont besoin de toi.

Je veux que ce soir, je m’adresse à vous, les travailleurs, salariés, chômeurs, à vous qui souhaitez plus de justice sociale, à vous qui revendiquez un meilleur salaire, à vous qui voulez vraiment que la France et l’Europe changent, à vous qui vous levez tôt et à vous qui vous levez tard ! Chers travailleurs partout en France, ne croyez pas les mensonges de Nicolas Sarkozy !

Intervention de Martine Aubry au meeting de Lille du 3 mai 2007

Mes chers amis, mes chers camarades, grâce à vous, une fois encore, Lille est au rendez-vous. Lille est au rendez-vous parce que vous êtes là. Lille est au rendez-vous parce que vous venez de toute la région, Nord-Pas-de-Calais, Picardie, et parfois bien plus loin, autour de Pierre Mauroy, de Daniel Percheron, de Bernard de Rozier, de Dominique Dupilet, de Gilles Pargneaux et de Serge Janquin.
Mais aussi, vous êtes là, toute la gauche rassemblée, et nous savons que nous avons toujours gagné dans l’union.
Je salue Jean-Michel Baylet, Jean-Pierre Chevènement, je salue tous les militants de la gauche qui sont ici, Michèle de Messine, du Parti communiste, les Verts qui sont là, cette union que nous attendons.
Nous pouvons aussi nous réjouir vivement de la présence d’Elio di Ruppo, qui est toujours là, notre camarade et notre frère du parti socialiste belge. Nous serons à ses côtés le 10 juin, de toutes nos forces, puisque c’est son slogan, pour gagner en Belgique.
Je salue Piero Fassino qui, avec Romano Prodi, a su faire le large rassemblement qui les a menés au gouvernement.
Et puis permettez-moi de saluer Jacques Delors. Je sais que j’ai la chance de l’avoir pour père, mais je sais aussi que beaucoup de Français seront heureux de le voir ici ce soir pour ce qu’il a apporté à la France et à l’Europe.

Intervention de Jacques Delors au meeting de Lille du 3 mai 2007

Chers amis, chers camarades, merci d’être venus ici.
Je suis heureux moi aussi d’être à Lille, où j’ai mes attaches familiales les plus proches, mais je suis aussi heureux d’être dans le Nord, car le Nord, pour moi, c’est un grand moment du mouvement social.

Merci à ceux d’entre vous qui, il y a quarante ans, vingt ans ou maintenant, passent leurs loisirs dans les mouvements de jeunesse pour bâtir une société meilleure. Merci à ceux qui s’engagent dans les organisations syndicales, et ce n’est pas facile, dans toutes les organisations syndicales, sans exception.
Merci à vous qui êtes dans des associations pour vous occuper des handicapés, des personnes âgées, ou bien pour essayer de veiller à la nature, avec les Verts.
Merci à vous tous, et je sens aujourd’hui une atmosphère qui est la même que celle qu’il y avait l’autre jour à Charlety, un parfum de fraternité, et vous nous apportez un parfum de victoire.

Oui, le mouvement social, avec les héritiers de Marx, de Trotski, de Marc Sangnier, de tout le monde, oui, c’est à ce mouvement social que s’adresse Ségolène. L’ouverture politique n’est pas une ouverture politicienne, elle s’adresse à vous parce qu’elle veut une démocratie participative, elle s’adresse à vous pour que vous puissiez bâtir avec elle de vraies concertations, de vrais dialogues, de vraies négociations.