Mes chers amis, nous vivons une heure grave, une heure historique, une heure où la France se tient debout face à son destin. À cette heure-ci, j’ai envie de m’adresser ce soir à tous ceux et à toutes celles qui se retrouvent dans les valeurs républicaines et humanistes, à toutes celles et à tous ceux qui veulent encore croire à la promesse républicaine d’égalité et qui refusent de renoncer au rêve de fraternité.
À toutes celles et à tous ceux qui refusent la résignation, qui ont une ambition pour la France et une ambition pour l’Europe. Je m’adresse ce soir aux hommes et aux femmes de progrès.
Depuis plusieurs semaines maintenant, avec Ségolène Royal, nous parcourons la France de part et d’autres et nous rencontrons des Français enthousiastes, entreprenants, dynamiques, mais aussi des Français inquiets, parfois désespérés et dans la difficulté. Je les écoute et, comme eux, je m’interroge sur l’état de notre pays, de nos institutions, sur ce que la droite nous laisse en héritage. Je n’interroge : comment se fait-il qu’aujourd’hui 150 000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification chaque année ?
Comment expliquer aux salariés que leur revenu n’est pas augmenté depuis quatre ans et que, dans le même temps, avec la bénédiction, avec le silence bienveillant du gouvernement de Nicolas Sarkozy, le patron d’Airbus part avec une prime de 8 M€ ?
Comment expliquer aux habitants des quartiers populaires que rien n’ait bougé depuis les émeutes de novembre 2005 et que le gouvernement ait été si sourd à la détresse de nos concitoyens ?
Et je m’interroge : est-ce que vraiment il n’y aurait, ni responsable, ni coupable de cet état de la France ? Est-ce que vraiment M. Sarkozy n’aurait pas assumé aucune responsabilité dans cette situation ?
Je vous le demande ?
Avez-vous l’impression de vivre mieux depuis cinq ans ?
Alors je vous pose une autre question : est-ce que vous voulez vivre encore moins bien ? Est-ce que vous voulez vivre encore moins bien dans cette France d’après que le candidat UMP nous promet ? Et dont je crains qu’elle ne soit que la France d’après la France, une France qui serait tellement d’après tout ce qui a fait notre pays qu’en réalité elle ne serait même plus la France, une France qui renoncerait à ses services publics en supprimant un fonctionnaire sur deux, une France qui promettrait du travail à ceux qui en ont déjà, en laissant les chômeurs se débrouiller avec le marché, une France qui mettrait en place une médecine à deux vitesses en multipliant les déremboursements, une France qui renoncerait à son modèle social, qui empêcherait de débattre librement, qui brocarderait les immigrés, qui stigmatiserait les jeunes, qui dresserait les Français les uns contre les autres ?
Cette France d’après la France, elle s’annonce depuis des mois dans des mots qui blessent, des mots qui stigmatisent, qui humilient, des mots qu’on avait l’habitude d’entendre dans la bouche du Front national et qu’on a trop entendus dans celle du candidat de l’UMP ces derniers mois.
Il y a cette obsession ethnique, ce ministère de l’Immigration, voire de l’humiliation, et de l’Identité nationale, qui montre du doigt les boucs émissaires, les immigrés, bien sûr, et avec eux les Français issus de l’immigration. Il y a cette lecture génétique de la pédophilie et du suicide des jeunes, qui s’apparente à l’eugénisme. Je vous le dis parce que, j’en suis convaincue, ce ne sont pas les de simples boulettes de campagne, c’est bien le projet du candidat de l’UMP pour la France qui transpire à travers ces propos nauséabonds.
Avec lui, mes chers amis, ce seront toujours les mêmes qui s’en sortiront et toujours les mêmes qui seront abandonnés à ce qu’il considère comme leur destin de perdants. Je vous le dis, ce nets pas la conception de l’égalité républicaine de Ségolène Royal. Cette élection présidentielle, nous sommes nombreux à la vivre comme la dernière chance pour la France que nous connaissons, pour la France que nous aimons, riche de sa diversité, de refonder son pacte républicain, de se renouveler, de repartir de l’avant, une France rassemblée, unie, solidaire, une France forte, c’est ce que propose Ségolène Royal.
Pendant de longs mois, elle a fait un travail en profondeur pour renouer un dialogue direct avec les Français. Et pour moi, vous savez, le fort taux de participation du premier tour n’est pas étranger à cette démocratie participative, à cet appel direct aux Français. Elle a fait émerger des propositions et construit un programme fidèle à nos valeurs. Elle a pris tous les risques pour montrer qu’il était possible, avec ces débats de faire de la politique autrement. En quelques semaines, elle a su faire renaître l’espoir dans le cœur de ceux qui s’étaient détournés de la politique. Je peux vous le dire, moi qui ai été le témoin quotidien de ces derniers mois, que Ségolène Royal a montré dans cette campagne du courage, de la détermination, de la volonté, de la conviction. Je peux vous dire combien elle est lucide sur les enjeux et exigeante et ambitieuse sur les réponses à apporter.
Alors, ce soir, je n’ai qu’un seul message, en guise d’espoir : à 29 ans, je n’ai malheureusement jamais eu la chance de fêter une victoire de la gauche à une élection présidentielle, donnez-moi cette chance. Donnez une chance à votre avenir.
Vive Ségolène !
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