Chers amis, je suis heureux de nous voir ce soir aussi nombreux dans cette agglomération lyonnaise pour supporter Ségolène Royal et préfigurer ainsi la victoire !
Vous êtes à l’image de cette vague immense qui est en train de se lever en France, nourrie de toutes nos frustrations ces dernières années, mais aussi de toutes nos attentes, de toutes nos espérances, et qui va faire qu’au second tour, nous le remporterons et ferons de Ségolène Royal la première présidente de la France !Oui, nous sommes nombreux ce soir, nombreux et différents.
Différents par nos origines, par nos âges, par nos parcours, différents par nos modes de vie, nos cultures, nos philosophies, mais c’est justement cette différence qui fait notre force et qui va nous permettre, avec la victoire de Ségolène Royal, de construire une France rassemblée et non pas une France caporalisée.
Nous sommes divers aussi dans nos approches politiques, et ceux qui sont présents ici représentent tout le spectre du futur arc-en-ciel présidentiel : rouge, rose, vert, et aussi, ce soir, pour la première fois, orange !
Orange, représentant de ces 7 millions de Français qui eux aussi ont dit non au candidat de la continuité et du gouvernement sortant.
Nous sommes divers, mais nous avons une même volonté, celle du changement, de la rénovation en profondeur, de la vie politique, économique, sociale, écologique de notre pays. Nous savons quelle France nous voulons ensemble dessiner.
C’est d’abord celle de l’État impartial voulu par Ségolène Royal.
Lorsque Ségolène nous dit qu’elle est une femme libre et que les comptes qu’elle devra rendre demain, elle devra les rendre au seul peuple français. Elle n’entend pas renier ses valeurs, elle nous dit au contraire qu’elle refuse la mise en tutelle de la France, qu’elle refuse la confiscation de la vie politique, de la vie économique, de la vie médiatique de notre pays par un seul camp !
Et avec elle, nous aussi, nous voulons affirmer de toutes nos forces que nous refusons la berlusconisation de notre pays.
Car notre tradition, qui constitue la grandeur de la France, c’est précisément de pouvoir vivre dans un Etat républicain.
Nous voulons ensuite cette France juste dont parle Ségolène Royal, et qu’attendent aujourd’hui les Français ? Une France qui, dès l’école, sache promouvoir tous ses enfants, leur redonner un même droit à la connaissance et ne les enferme pas dès leur plus jeune âge dans le ghetto de l’échec scolaire.
Une France juste, qui sache promouvoir à nouveau ses quartiers populaires, les réintégrer pleinement dans la cité, plutôt que de les condamner à la paupérisation et à la violence.
Une France juste qui permette à chacun de vivre pleinement de son travail, de voir sa vie sécurisée face aux transformations économiques de notre société, ou tout simplement face aux accidents de la vie.
Nous voulons enfin une France qui soit à l’avant-garde des grands défis écologiques qu’a à connaître notre siècle. Ces défis ne doivent pas simplement donner lieu à des discours sans suite, ils doivent nous amener à repenser l’ensemble de notre société.
Mais, ricanent un certain nombre de nos adversaires, tout cela n’est que bons sentiments, car la gauche est incapable de gérer l’économie, et va conduire le pays au déficit et à la faillite : comme si nous n’y étions pas déjà !
Eh bien, mes chers camarades, mes chers amis, si on veut aller jusqu’au bout de la comparaison entre la gauche et la droite sur le plan économique, avez-vous été subjugués par l’action menée par les différents ministres de l’économie et des finances de la droite qui se sont succédé ?
Par M. Francis Mer, qu’on a vite renvoyé dans ses foyers, par M. Thierry Breton, qui commande plus qu’il n’agit ? Et entre les deux, il y a même eu un troisième ministre de l’économie, dont vous avez déjà oublié le nom parce qu’il fut éphémère, c’était Nicolas Sarkozy !
Non, mes chers amis, si je regarde le cours des deux mandats de Jacques Chirac, je vois bien un ministre de l’économie et des finances qui ait marqué par son passage. Il est vrai que ce n’était pas vraiment le président de la République qui l’avait nommé. Ce ministre, c’était Dominique Strauss-Kahn, et il est avec nous aujourd’hui.
Alors, mes chers camarades, au moment où, au niveau national, le vote du deuxième tour devient plus qu’un choix politique, un choix éthique, un véritable choix de civilisation, nous n’avons pas le droit de nous dérober devant la victoire parce que cela bousculerait les schémas du passé.
Non, mes amis, écoutons la voix de Romano Prodi, écoutons la voix de tous les socialistes européens, celle de Zapatero ! Choisissons la voie de l’avenir, portons Ségolène Royal au pouvoir pour que vive la France présidente et que vivent les valeurs de la République !
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