Parti socialisteParti Socialiste EuropéenLes Jeunes SocialistesLa coopol

Discours de François Hollande lors de ses voeux à la presse le 16 janvier 2006

16-01-2006

(…)Pour tout dire, cette année 2006, année de vérité, c’est une année pleine, il n’y a pas de temps à perdre. (…).La victoire de Michelle Bachelet au Chili est à la fois historique, symbolique et, exemplaire. Elle est historique, parce que pour celles et ceux qui ont partagé le combat – et j’en suis – des Chiliens au lendemain de la dictature, qui ont vu dans ce pays le pire et qui maintenant peuvent apprécier le meilleur, c’est-à-dire : la démocratie, l’élection de Michèle Bachelet n’est pas simplement un succès pour les Chiliennes et les Chiliens mais pour tous les démocrates. C’est une victoire symbolique parce que la gauche chilienne s’installe dans la durée puisqu’une socialiste succède à socialiste Ricardo Lagos. C’est enfin une victoire exemplaire avec la gauche durable, la gauche unie, la gauche renouvelée et pour le parti socialiste qui se prépare à son tour à aller devant les électeurs l’année prochaine, c’est effectivement une belle référence. C’est une femme qui a été élue, je ne l’oublie pas. D’ailleurs comment pourrais-je l’oublier ? Quand je regarde ce qui se passe dans d’autres pays, dans d’autres démocraties, en Finlande notamment, je me dis que là aussi les sociétés politiques bougent et qu’elles bougeront encore, en France aussi.

Mais au-delà de vous, c’est à la presse toute entière que je veux adresser aussi mes vœux. La presse en France ne va pas bien. Elle est excessivement concentrée, quoi qu’en dise un rapport officiel. Elle est fragile, elle manque de soutien public. Ses formes d’organisation sont, à bien des égards, dépassées. Elle n’est pas non plus indépendante, autant qu’il le faudrait. Et c’est pourquoi je fais aujourd’hui une proposition, que les sociétés de rédacteurs soient partout généralisées et que ces sociétés de rédacteurs puissent dans tous les organes de presse, écrites ou audiovisuelles, être représentées dans les lieux de décision de l’entreprise. Une proposition de loi sera prochainement déposée dans ce sens. M’adressant à travers vous aux Français, je souhaite que 2006 serve à préparer le choix essentiel de 2007. Mon seul objectif pour l’année 2007, c’est de faire gagner la gauche. Alors, je veux faire dans cette perspective, de 2006 une année de vérité. Une année de vérité, d’abord pour la France.

2006 s’ouvre dans un climat de pessimisme, comme rarement nous avons connu, de peur, de déclassement, de perte de repères, et de quête de sens.

En 2005, la France a été confrontée à des défis qu’elle n’a pas toujours pu relever. D’abord, elle s’est interrogée sur son identité à l’occasion du référendum du 29 mai et faute d’ailleurs d’avoir pu elle-même maîtriser son destin, elle a refusé un choix qui lui était proposé d’une Europe plus large et plus forte. La France s’est posée aussi avec angoisse la question de sa cohésion lors des émeutes des banlieues. Le « Vivre ensemble » a été une nouvelle fois mis à mal et les principes républicains ont parus bien loin de la réalité. La France enfin, a été interpellée sur sa puissance même, sur son statut de grand pays, à travers la médiocrité de ses résultats économiques, son manque de leadership en Europe et le recul de sa présence dans le monde. Je vais vous dire les choses simplement. La France a des atouts considérables, sa jeunesse, sa main d’œuvre, sa richesse. Elle un rôle à jouer : sa capacité à se mobiliser sur les grandes causes, à délivrer un message universel.

La France n’est donc pas en déclin, elle est en de mauvaises mains. La droite voudrait faire passer ses échecs comme une crise d’un modèle français. Mettre de côté sa propre responsabilité dans ses résultats pour mettre en accusation le pacte social comme le modèle républicain. Ce n’est pas la France qui est faible, c’est le pouvoir actuel qui l’affaiblit.

Et c’est pourquoi 2006 doit être une année de vérité pour la droite. Jacques Chirac achève son interminable fin de règne et la majorité sortante entame sa dernière année de législature. Le temps des bilans est donc venu. Et c’est en 2006 qu’il faudra le dresser. Et c’est en 2007 que viendra le jugement. Il nous revient donc, au Parti socialiste, à l’ensemble de la gauche, de mettre en avant ce qui est l’évidence, c’est à dire un échec gouvernemental portant sur les quatre colonnes sur lesquelles repose une réussite ou hélas sur lesquelles un échec finalement apparaît.

D’abord sur l’emploi, un chiffre : aucune création nette d’emplois depuis 2002. Le chômage peut baisser statistiquement à travers les départs en retraite plus nombreux que les arrivées sur le marché du travail, les emplois aidés et enfin les radiations qui hélas transforment des chômeurs en Rmistes. Le chômage peut baisser statistiquement en revanche l’emploi lui ne progresse pas. Et cela veut dire que pour les Français, il n’y a aucun progrès dans l’accès de tous au travail.

La sécurité qui était l’engagement du Président de la République et du Ministre de l’Intérieur. Les chiffres maintenant sont là. Depuis 2002, les violences faites aux personnes n’ont cessé de progresser. Pour l’année 2005, 5% d’augmentation de ces violences et quand on sait en plus qu’il y a eu 110.000 faits de violences urbaines et seulement si je puis dire, 1/4 imputables au mois de novembre, ce qui veut dire que nous sommes dans une situation où les violences urbaines ne sont pas simplement liées à des crises et notamment une que nous avons traversé, mais constituent un phénomène qui s’est structuré tout au long de ces derniers mois avec la droite aux responsabilités.

Les finances publiques sont dans le rouge et la dette atteint un niveau record. Là encore deux chiffres simples : fin 2001, la dette représentait 59% de la richesse nationale, fin 2006, ce sera 68%, près de 9 points de plus.

Enfin : la compétitivité des entreprises. Jamais le déficit commercial de la France n’aura été aussi élevé, 25 milliards d’euros de solde négatif. Et devant une situation aussi grave nous avons le gouvernement des « auto satisfaits ». Autosatisfaction de Jacques Chirac au prétexte qu’il faudrait refuser l’auto-flagellation. Il faut bien dire que l’auto-flagellation n’est pas dans sa culture. S’il avait fallu le juger par rapport aux promesses non tenues, c’est vrai que l’acte d’accusation aurait été particulièrement lourd. Sa culture, c’est l’impunité y compris par rapport au verdict du suffrage universel. Il a oublié une promesse, que je veux rappeler, qui est celle de la réforme du statut pénal du chef de l’Etat. Cette promesse, il l’avait prise comme candidat en 2002, elle devait être honorée dans la première année de son quinquennat, il n’en est rien aujourd’hui. Comme il ne reste plus qu’un an avant la fin de son mandat , je demande au nom du Parti socialiste qu’un projet de loi soit déposé avant l’élection présidentielle pour que la réforme du statut pénal du chef de l’Etat puisse être adopté par le Parlement avant l’échéance présidentielle de l’année prochaine.

Quant à D. de Villepin, sa méthode c’est le gouvernement de l’annonce : les mesures se succèdent aux déclarations, les incantations aux décisions sans que jamais preuve soit apportée de leur effectivité. Et sans qu’en plus on soit sûr qu’il en assurera lui-même la conduite et la maîtrise car la plupart de ses annonces portent sur une période qui va au-delà de 2007, ce qui laisse supposer que le délai de péremption de son propre gouvernement sera largement dépassé. Ainsi en est-il de la lutte contre l’endettement du pays, de la réforme fiscale, de la cohésion sociale et même de l’égalité des chances. Il faut prendre cette façon de gouverner sans humour et sans tendresse car une telle pratique par rapport à tant de difficultés pour les Français n’est pas acceptable et que sa politique est dure pour les plus fragiles. Aujourd’hui un nouveau contrat pour les jeunes est présenté. C’est un sous-contrat avec un sous-salaire, une sous-sécurité, et une vraie précarité. C’est la généralisation du contrat nouvelle embauche pour tous les moins de 25 ans assortis de nouveaux allègements de charge pour les entreprises. Ce sera un contrat spécifique pour les jeunes, comme on fera un contrat aussi pour les seniors. Pour les jeunes la seule forme d’emploi jusqu’à 25 ans sera le contrat de première embauche, c’est à dire la possibilité d’être licencié à tout moment et pour tout motif. Ce qui est en cause, c’est l’éclatement du droit du travail selon les catégories et les âges. Enfin, Nicolas Sarkozy n’a de tolérance que pour lui-même et un curieux usage des mathématiques politiques parce que quand il y avait 25 000 véhicules qui brûlaient en 2001, c’était la faute de la gauche mais quand aujourd’hui il y a 45 000 voitures qui brûlent, ce serait une réussite de Nicolas Sarkozy parce que nous dit-il, cela aurait pu être pire. Chaque fait divers dramatique et il y en a de nombreux, donne l’occasion à opération de communication. Aujourd’hui, nous dit-on, il est dans le train Nice-Lyon, mais où étaient les forces de police dans ce même train le 1er janvier, où était le Ministre de l’Intérieur les 2 et 3 janvier quand on attendait une explication ? On ne peut pas avoir une politique de sécurité qui réponde simplement par un redéploiement de forces de police et l’annonce de projet de lois qui viendraient s’ajouter aux autres. Dois-je rappeler que sur l’ordonnance de 45, il y a déjà eu depuis 2002, trois modifications législatives, on nous annonce une 4e, qu’il y a déjà eu une loi sur l’immigration qui a introduit le contrat d’intégration et aujourd’hui il faudrait une deuxième loi pour appliquer ledit contrat . Avec ce gouvernement, avec Nicolas Sarkozy en particulier, c’est l’inflation politique, l’inflation législative, l’inflation médiatique mais hélas c’est le recul des libertés comme de la sécurité pour beaucoup de nos concitoyens.

Nous sommes devant une France où les inégalités n’ont jamais été aussi profondes et c’est le défi qui est lancé à la gauche. Redonner confiance à la France, redonner force à l’égalité, redonner grandeur à la République et c’est pourquoi je veux faire de l’année 2006, une année de vérité pour la gauche. Pour le Parti socialiste, l’année 2005 a été consacrée à nos débats internes, commencée dans la division sur le référendum européen, terminée dans l’unité avec le congrès du Mans qui nous a permis de dépasser ce qui nous avait séparé, le oui, le non, qui nous a uni sur l’essentiel : notre projet et qui nous permet aujourd’hui, de faire de ce projet pour la France le message de l’année 2006.

En ce début d’année et par rapport au mandat qui m’a été donné par le congrès du Mans, je veux tenir le cap, faire respecter les règles et donner à notre Parti la force nécessaire. Je ne me laisserai pas détourner par d’autres considérations, d’autres circonstances ou d’autres précipitations. Un calendrier a été choisi, un temps a été fixé, un objectif a été arrêté et bien cet objectif, ce calendrier, cette méthode, j’en fais aujourd’hui ma priorité.

D’abord sur le projet. L’élection présidentielle de 2007 opposera deux conceptions de la France. Car c’est la France qui en sera l’enjeu. Une première conception fondée sur la réussite individuelle et la reproduction des fractures établies et qui en définitive met les Français en conflit avec eux mêmes, c’est-à-dire une France divisée, une France séparée, une France éclatée, une France fracturée, une France fragmentée. Nous n’en voulons pas. A cette conception-là, nous voulons opposer une conception fondée sur l’harmonie et la réconciliation.C’est une ambition pour la France fondée sur le dépassement de nos diversités, sur une sortie collective de la crise de confiance qui frappe notre pays. Ce que nous voulons, c’est une France rassemblée et une France juste, qui donne en définitive une identité à l’individu mais aussi une identité à la France. Nous ne séparons pas le projet pour la France du projet pour chacun.

Ce que nous voulons pour la perspective, au-delà de 2007, ce n’est pas simplement affirmer le modèle républicain, c’est réaliser la promesse de la République, c’est à dire permettre à chaque citoyen de choisir et de réussir sa vie, et c’est pourquoi chacun doit disposer à égalité de ressource, des chances nécessaires pour sa promotion personnelle et c’est ce qui fonde la légitimité de la puissance publique et de l’Etat.

Et c’est pourquoi notre projet aura quatre grandes priorités.

- La première est de donner à chaque salarié, pas simplement la promesse mais l’effectivité que le droit au travail sera reconnu, à travers deux grandes propositions que nous affinerons au cours des prochains mois. D’abord sur la formation professionnelle qui sera à la fois un droit individuel et une gestion collective des fonds de financement. Je m’explique. Chacun doit pouvoir avoir autant de droits à la formation professionnelle qu’il n’a pas eu précisément , de chance pour sa formation initiale. Un même temps de formation doit être offert à chacune et à chacun. Et il faut aussi gérer différemment les fonds de la formation professionnelle. C’est une masse financière considérable, qui doit être maintenant affectée là où les besoins sont les plus évidents et tout au long de la vie. La deuxième proposition que nous faisons : c’est le contrat de reclassement, c’est-à-dire que pour toute personne victime d’un plan social ou d’un licenciement économique, c’est la signature d’un contrat avec le service public de l’emploi permettant d’aller de l’emploi vers l’emploi sans passer par la case chômage et en ayant en plus, une formation, une qualification, un accompagnement à la recherche d’un emploi. Voilà la première priorité sans laquelle il ne peut pas y avoir retour de la confiance au delà de la politique de croissance que nous mettrons en œuvre.

- La deuxième priorité, c’est l’éducation, c’est le choix majeur, pas simplement au nom de l’égalité, mais au nom de l’excellence, au nom de la réussite individuelle et collective, au nom dans la bataille dans la mondialisation, au nom de la citoyenneté et c’est pourquoi toutes les mesures que nous prendrons, au delà de 2007 seront concentrées sur la jeunesse. Tout doit être fait aujourd’hui pour que les jeunes puissent devenir des citoyens et des travailleurs avec toutes les dimensions qui s’attachent à ces droits.

- La troisième priorité, c’est la justice fiscale. Il n’y aura pas de France rassemblée s’il n’y a pas de société juste. Nous faisons trois propositions : la fusion de l’impôt sur le revenu avec la contribution sociale généralisée pour la progressivité de l’impôt , le changement des règles de la fiscalité locale à travers une nouvelle fiscalité liée aux revenus qui se substituera à la taxe d’habitation et enfin un changement des modalités du financement de la protection sociale. J’ai été d’ailleurs ravi de voir que sur ces terrains là, on venait nous chercher. Vous étiez presque compatissants, c’est rare en disant « on vient prendre les idées de la gauche », c’est donc que l’on avait des idées ! Merci de cette reconnaissance. Mais c’est vrai que nous serons vigilants sur le financement de la protection sociale. S’il s’agit comme nous le proposons, de faire en sorte que tous les facteurs de production travail comme capital, soient appelés au financement de la maladie et de la retraite, alors, c’est l’orientation qu’il faut choisir et elle prendra du temps, on le sait. C’est notre cap et nous le tiendrons. Mais s’il s’agit à travers cette récupération des mots, comme souvent la droite s’y emploie – elle prend les mots de la gauche pour prendre ensuite des mesures de droite- s’il s’agit à travers cette réforme des cotisations sociales de faire une TVA sociale, alors très peu pour nous car il s’agirait à ce moment là, de faire payer aux consommateurs l’allègement des cotisations accordé aux entreprises.

- Enfin, quatrième priorité : la démocratie politique, sociale et participative. Sur la démocratie politique, nous voulons des changements institutionnels. J’ai été d’ailleurs intéressé par les propositions du président de l’UMP. J’ai l’impression qu’il n’aime pas le Premier ministre, je veux dire par là, la fonction de Premier ministre. Nous, nous voulons à la fois un Président responsable. Nous voulons un Président actif puisqu’il est élu au suffrage universel mais ce que nous voulons, c’est un Parlement qui dispose de plus d’initiatives, de capacité de contrôle, de maîtrise de son ordre du jour, qui ne soit pas empêché d’intervenir par le vote bloqué ou l’article 49-3. Ce que nous voulons aussi, c’est la limitation du cumul des mandats. Il est vrai que certains sont peut-être moins qualifiés que d’autres pour aller dans cette direction. Démocratie politique mais je dirais surtout, démocratie sociale et participative. Nous ferons la proposition d’un changement des règles de représentation des syndicats, nous ferons la proposition d’un financement public des syndicats, nous ferons la proposition que les salariés à travers des élections dans chaque entreprise, puissent, au-delà d’un certain seuil d’effectifs, avoir une représentation dans les conseils d’administration ou les conseils de surveillance.

Voilà le sens de notre projet, le calendrier de travail est connu. La commission du projet s’est déjà réunie avant les vacances de Noël, elle s’est de nouveau réunie la semaine dernière, elle continuera son travail jusqu’au mois de mai. Pendant ce temps-là, les Etats généraux du projet qui ont été confiés à H. Emmanuelli se tiendront . De grandes réunions thématiques se feront de manière décentralisée, permettant la rencontre avec les forces vives et les Français. Il s’agit de confronter nos propositions avec tous ceux qui le voudront et aussi de faire en sorte, de promouvoir nos idées. Enfin, au mois de juin sera adopté le projet par l’ensemble des militants dans le cadre d’une Convention nationale. Projet pour le premier semestre, désignation aussi pour les élections législatives. Nous ferons en sorte que la parité et la diversité soient respectées. C’est un engagement que j’ai pris,il y aura autant de candidates que de candidats. Au mois de mars, les circonscriptions réservées à des femmes seront connues. En juin, l’ensemble de nos candidats seront désignés. Pour l’élection présidentielle, là aussi le calendrier est connu et a été arrêté par notre dernier congrès. C’est en novembre 2006 (même si pour certains c’est encore trop tôt et pour d’autres déjà trop tard) que nous désignerons notre candidate ou notre candidat. Ce calendrier a sa logique, son utilité et sa légitimité. La logique, c’est que nous ne pouvons désigner l’une ou l’un d’entre nous qu’une fois le projet adopté car notre candidat sera forcément celui du projet des socialistes. Il portera les idées socialistes, il pourra ajouter les siennes mais c’est par le projet socialiste que nous nous retrouverons tous. C’est la logique aussi de savoir dans quelle configuration nous allons désigner notre candidat, quel est l’état des forces en présence, l’état de la gauche, l’état de la droite. Là encore, si nous voulons avoir un accord avec nos partenaires de gauche, la moindre des choses c’est de laisser vivre cet accord pour ensuite désigner nous même notre candidat. C’est la logique. Il y a aussi une utilité. C’est mon rôle de Premier secrétaire de protéger les candidats à la candidature. A quoi servirait-il de s’exposer trop tôt au risque de s’affaiblir, avant même que la campagne ne commence ? Je pense aussi pour cette raison-là, le calendrier est le bon. Il sera tenu. Enfin, c’est la légitimité du vote des militants. Il y aura une désignation par les militants. Je suis le Premier secrétaire du respect du vote des militants et cela vaut aussi pour les décisions de congrès. Alors d’ici novembre, il y a beaucoup de talents au Parti socialiste et tant mieux. Travaillons collectivement, il y a une émulation, c’est normal, il y a de la patience aussi, elle est nécessaire.

D’ici là, nous engagerons une campagne d’adhésion dès le mois de février, pour offrir à la gauche le grand parti dont elle a besoin. C’est vraiment que nous n’avons pas là-dessus, réussi autant qu’on l’avait espéré. C’est vrai qu’il y a eu des tentatives, c’est vrai qu’elles n’ont pas toujours abouti, c’est vrai aussi qu’il y a dans d’autres partis d’autres formules d’adhésion parfois virtuelles à des partis eux-mêmes virtuels. Mais nous avons le devoir d’ouvrir plus largement nos portes et c’est pourquoi ces nouveaux adhérents, que j’espère nombreux, pourront choisir et le projet des socialistes et le candidat des socialistes.

Enfin, il faut que 2006 soit une année de vérité pour le rassemblement de la gauche. Je suis heureux qu’une date ait été trouvée, le 8 février, pour cette première réunion de la gauche, c’est une première étape. Ma conception du rassemblement est simple : toutes les initiatives pour s’opposer à la droite sont nécessaires, sur l’emploi il y a matière, sur les libertés ou encore plus récemment sur l’article 4 de la loi de février 2005. Il ne peut y avoir dans ce rassemblement contre la droite aucune exclusive et c’est ainsi que se préparent les désistements pour 2007 et en tout cas la différenciation entre la gauche et la droite, c’est une évidence. Mais le rassemblement de la gauche, ce n’est pas simplement l’addition de tous ceux qui combattent la droite, sans autre perspective que de contester ou de résister. C’est pourquoi, l’objectif que je propose, avec le Parti socialiste et avec toutes les forces de gauche qui le voudront, c’est la recherche d’un accord de gouvernement autour de propositions communes permettant de diriger ensemble le pays. Nous verrons bien si nous y parvenons, mais accord de gouvernement, c’est-à –dire, propositions communes pour diriger ensemble le pays. Il ne s’agit pas de forcer quiconque à une alliance programmatique ou à une participation d’ores et déjà à l’exercice du pouvoir. C’est à chaque parti de gauche de dire ce qu’il veut et au moment où il en décidera librement. Mais je le dis aussi avec force, il n’y aura de dynamique que dans l’unité et de confiance dans l’alternance que dans la cohérence et le respect. L’union c’est une condition de la crédibilité, et le contrat du gouvernement n’est pas simplement un contrat entre les familles de la gauche, c’est un contrat avec les Français et c’est ce que j’appelle la gauche durable. La gauche durable, c’est ce qui aussi, au nom du contrat de gouvernement, permet de conclure des accords électoraux avec les partenaires qui voudront aller dans ce sens. Tel est pour moi, l’objet de la réunion du 8 février, vérifier que nous sommes contre la droite, c’est une évidence, et ensuite rechercher la voie d’un accord permettant de gouverner ensemble le pays. Mais pour que nous donnions toute notre énergie à ce combat-là, il faut que le Parti socialiste montre l’exemple. Il veut des accords programmatiques, il doit être prêt à des accords électoraux dès le premier tour. Je le dis ici, le PS ne veut pas gouverner seul s’il gagne en 2007. Il doit donc assurer la représentation de la diversité de la gauche à l’Assemblée nationale. Et c’est pourquoi je propose que dans le cadre des accords électoraux, nous cherchions à permettre à nos partenaires de disposer d’un groupe parlementaire. Bien sûr que je prends un engagement au nom des socialistes que nous changerons le mode de scrutin au-delà de 2007 pour y introduire une part de proportionnelle et puisque cela ne se fera pas d’ici 2007, puisque la droite s’y refuse, alors nous les socialistes, nous devons rechercher des accords électoraux permettant la représentation de la diversité de la gauche. Enfin, si le moment venu, après avoir conclu l’accord de gouvernement, s’il a lieu, scelleés nos accords électoraux liés à l’accord de gouvernement , si alors l’idée d’une candidature commune de la gauche peut émerger, – je n’en sais rien aujourd’hui – il faudra ouvrir le processus des primaires associant les électeurs de la gauche au choix de leur candidat dans l’esprit de ce qui s’est fait en Italie, mais c’est vrai, dans un cadre institutionnel différent. D’ici-là, les socialistes auront choisi leur propre candidat.

Pour tout dire, cette année 2006, année de vérité, c’est une année pleine, il n’y a pas de temps à perdre. C’est en 2006, que nous devons proposer aux Français une espérance, offrir à la gauche un cadre de rassemblement, conclure les alliances nécessaires et surtout convaincre. En 2006, beaucoup sont dans l’attente, parfois dans l’impatience et parfois dans la retenue et pourtant 2006 est l’année décisive. C’est en 2006 que se décide le changement de 2007. Respecter le temps, ne pas nous laisser détourner de nos objectifs, être tenaces, être présents, être du côté des Français, ceux qui souffrent. Voilà ce que doit être, à mon sens, le vœu du Parti socialiste. Sortir d’abord de nos propres frontières, nous socialistes, ouvrir nos portes, rassembler la gauche, donner un espoir crédible et porter un message tout simple, élémentaire aux Français : Oui, en 2007, le changement est possible et ce changement ne passe que par la gauche.

Commentaires fermés