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Conseil National du 15 mars 2003 – deuxième discours

15-03-2003

Chers camarades, notre Conseil National se tient, à un moment particulièrement, crucial, de la crise irakienne.

Le monde hésite entre la paix et la guerre. Les Nations Unies sont saisies d’une résolution dont on ne sait pas si elle sera discutée ou non. Il y a la volonté américaine de passer en force. Un sommet se tient entre Espagnols, Anglais et Américains dans les heures qui viennent. Et, face à cette prétention des Etats-Unis de régler unilatéralement le sort du monde, par rapport aux arguments qui sont utilisés et qui relèvent moins d’une analyse des risques que d’une volonté de faire un « choc des civilisations », c’est vrai qu’il faut opposer une détermination de même ampleur, avec d’autres moyens.

La nôtre est celle pour la paix, avec la mobilisation des opinions publiques.
Cette position, nous l’avons exprimée – le Parti Socialiste, les groupes parlementaires – dès l’origine de la crise : la primauté du droit, le rôle des Nations Unies, la recherche d’une issue diplomatique, la volonté de désarmer l’Irak, la nécessité de condamner Saddam HUSSEIN, qui est sans doute l’un des pires dictateurs de la planète.

Cette position, qui dès le départ incluait le recours éventuel au veto au Conseil de Sécurité, est devenue aussi celle de la France et, au-delà de la France, d’un bon nombre de pays.

Nous en sommes heureux et nous avons soutenu toutes les initiatives du chef de l’Etat dès lors qu’elles participaient du même mouvement et visaient à atteindre les mêmes objectifs.

Ce qui se joue aujourd’hui, au-delà de la crise irakienne et de sa résolution, au-delà même de la primauté du droit et de l’ONU sur la force, ce qui se joue aujourd’hui, c’est une conception du monde, c’est une organisation du monde, c’est un système de pensée ou un autre à l’échelle du monde.

Et à cet égard, nous ne faisons pas de distinction entre la prétention d’une hyper puissance à imposer ses règles, ses vues, voire même sa philosophie, donc nous ne faisons pas de distinction avec cette démarche-là d’avec la mondialisation libérale, c’est le même projet.

Dès lors, il faut nous mobiliser, c’est le sens de notre délibération ici dans ce Conseil national et nul n’aurait compris que débattant de notre avenir, à juste raison, qu’évoquant les principaux dossiers de notre pays, de l’Europe et du Monde, nous ne soyons pas au rendez-vous de la période.
Donc nous devons nous mobiliser à travers le vote d’une résolution, c’est une goutte d’eau par rapport à ce qui peut se dire et s’exprimer mais c’est notre position et elle doit s’affirmer.

Nous devons aussi appeler à une mobilisation citoyenne, une opinion internationale émerge, une conscience planétaire surgit, nous l’avions déjà vu à travers un certain nombre de mouvements par rapport à la mondialisation libérale, nous la voyons aussi s’affirmer par rapport à la remise en cause de cette guerre-là, je dis bien « de cette guerre –là ».

Et nous devons faire en sorte d’être nombreux dans la manifestation de cet après-midi, d’où la contrainte qui pèse sur notre conseil national et j’en suis désolé, mais c’est l’urgence. Nous devons faire aussi en sorte, si la crise connaître d’autres prolongements, de prendre toutes les initiatives utiles, fortes, nécessaires pour exprimer notre condamnation de la guerre et notre refus d’une démarche fondée simplement sur la force et sur une conception du Monde qui n’est pas la nôtre.

Merci.

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