Année après année, le rendez-vous de La Rochelle demeure très attendu. Pas toujours pour les mêmes raisons.
Il y a un an, ici même, c’était la première étape d’une campagne que nous espérions tous victorieuse.
Aujourd’hui, c’est de notre capacité à comprendre et à dépasser une défaite cruelle pour préparer l’avenir dont il est question. Nous sommes venus nombreux. Nos débats ont été de qualité. C’est pour moi un encouragement sur notre vitalité.
Convenons que nul n’avait prévu le scénario du printemps dernier. Et c’est pourquoi, le temps de l’analyse est nécessaire.
L’interprétation de l’échec du 21 avril ne peut se réduire à des conclusions sommaires. Depuis plusieurs semaines tout, peut-être trop, a été dit. Sur la campagne, sur le bilan, sur la stratégie de la Gauche plurielle, sur le Parti, voire sur le candidat. Je suis toujours impressionné par notre infinie intelligence à déchiffrer nos échecs. Et je suggère donc qu’à l’avenir nous mettions cette qualité à les prévenir plutôt qu’à les commenter.
Mais après une défaite de cette nature, le débat est impérieux. Et la liberté dans l’échange des arguments est essentielle si l’on veut approcher la vérité qui n’est pas incompatible avec la dignité.
Chacun doit d’ailleurs prendre sa responsabilité à mesure du rôle qu’il a joué. Je n’y échappe pas. Quant à Lionel Jospin, il a pris la décision qui lui est apparue la plus conforme à sa conception de la vie publique. Elle nous a coûté humainement et sans doute politiquement. Elle nous oblige à agir désormais sans lui. Nous avons de la peine, mais pas d’inquiétude ; nous savons bien que le propre d’une grande organisation au service d’un idéal universel est de vivre au-delà des personnes qui l’animent.
Mais j’affirme ici ma gratitude à l’égard de son action comme premier dirigeant socialiste puis comme Premier ministre. Et si je mesure le traumatisme du printemps dernier, je n’oublie pas le redressement de la gauche, grâce à lui dès mai 1995, et la victoire de mai 97.
L’histoire de notre formation politique a été riche et tumultueuse. Elle ne s’est jamais construite sur l’amnésie ou sur la table rase. Chacune de nos victoires a fait progresser le pays. Chacun de nos échecs a conduit à nous rapprocher des Français, à redéfinir notre projet, à repenser nos méthodes. C’est encore plus nécessaire aujourd’hui si nous voulons engager un nouveau départ.
» Le suffrage universel, malgré ses incertitudes, malgré ses erreurs et ses surprises, c’est la lumière en plein jour « disait Jean Jaurès. Cette lumière du 21 avril a été crue, voire aveuglante. Par ses conséquences : Elimination de la Gauche, présence de l’extrême droite au deuxième tour de la présidentielle, réélection de Jacques Chirac avec nos voix, et enfin, la mécanique infernale de la concomitance des scrutins et du rejet de la cohabitation.
Mais aussi par son caractère inattendu et donc brutal : Notre candidat était respecté, nos résultats étaient considérés comme un atout et la qualité de nos équipes enviées.
Alors, nous devons prendre toute la mesure de l’événement si l’on veut en tirer toutes les leçons utiles.
Ce travail, nous allons le mener ensemble avec lucidité et franchise, en veillant à interpréter les faits plutôt qu’à coller des raisonnements préfabriqués. Ce qui suppose d’aller au-delà des circonstances liées à la conjoncture pour identifier les causes plus profondes du 21 avril.
À l’évidence, le contexte de l’élection présidentielle a été marqué par l’accumulation de facteurs tous défavorables à la Gauche. Les événements du 11 septembre ont suscité une angoisse et un repli identitaire qui n’a pu que renforcer le camp conservateur. Le ralentissement économique a fait ressurgir les plans sociaux. Le climat d’insécurité et la multiplication de faits divers dramatiques ont amplifié le pessimisme ambiant. Enfin, les montées catégorielle ont affaibli l’autorité du message gouvernemental.
S’est ajoutée une dévalorisation de la campagne du premier tour, et la certitude du duel final des deux cohabitants. Quand l’écart au final pour la qualification au second tour ne dépasse pas 200 000 voix, ces éléments pèsent lourd, comme tel ou tel incident de campagne.
Et pourtant, chacun l’admet, l’analyse ne peut s’arrêter là. Ce serait trop simple ou trop commode. Il faut en venir aux raisons plus profondes.
D’abord la dislocation de la majorité plurielle. Il ne s’agit pas de stigmatiser tel ou tel, encore qu’à y revenir de plus près, il y aurait matière, mais de mettre en évidence que le dispositif politique qui nous avait fait gagner en 1997, 1998 et même 1999 s’est désarticulé, non pas simplement en raison de la pluralité de candidatures —chacun avait bien le droit de concourir à l’expression du suffrage universel, même si ce n’est pas une obligation- mais en raison du défaut de solidarité pour la politique accomplie en commun et de la volonté de se différencier à nos dépens.
Les faits ont démontré, notamment aux élections législatives, l’inanité de cette stratégie pour les intéressés eux-mêmes.
Cette incapacité de la Gauche de se disposer en bon ordre n’a pu qu’amplifier le désenchantement civique et la crise du politique dont nous avons eu l’illusion d’imaginer qu’elle se résorbait en même temps que se redressait la croissance et que l’extrême droite paraissait vivre une division mortifère. Cette crise politique aurait été de même nature, quand bien même aurait-on figuré au deuxième tour ou l’aurait-on emporté. Ses symptômes sont connus : le Front National se situe depuis 15 ans autour de 15 % des voix et l’influence des partis de gouvernement reflue à mesure que montent les votes protestataires de toute nature. Les taux d’abstention s’élèvent depuis 20 ans à chaque scrutin. Ce phénomène, limité un moment aux élections intermédiaires, touche les consultations considérées comme les plus décisives : élections législatives, municipales et désormais présidentielle. Cette dépolitisation nous menace dès lors que l’abstention affecte essentiellement les jeunes, les salariés modestes et les habitants des quartiers populaires.
Elle est le fruit de la désespérance, du sentiment d’abandon, mais aussi de la perte de solidarité, de l’effacement du sentiment d’appartenance. Elle met forcément en cause notre action gouvernementale depuis longtemps, mais aussi notre façon de faire de la politique. Car, si le bilan de notre législature a été jugé solide, sérieux, honnête et que des réformes sociales décisives resteront à notre crédit dans deux domaines, néanmoins nous avons rencontré des difficultés qui ont pesé dans la confrontation électorale. J’en citerai deux :
D’abord, nous avons mieux réglé la question de l’emploi que celle du travail. Je m’explique : Nos résultats en matière de lutte contre le chômage sont impressionnants : 1 million de chômeurs de moins ; 2 millions d’emplois créés. Et les 35 heures ont directement contribué à cette performance. Et rappelons que cette avancée sociale qui a permis de donner du temps pour chacun avait d’abord cette vocation. C’est pourquoi, comme les 40 heures hier et malgré les difficultés d’application, les 35 heures resteront une grande réforme de gauche.
Pour autant, si l’inversion de la courbe du chômage a pu être engagée, le rapport au travail lui n’a pas évolué. Il est même devenu plus intense avec la flexibilité, plus instable avec la précarité, moins gratifiant avec la modération salariale, plus individuel avec l’éclatement des modes de production, moins protecteur par rapport aux droits qui s’y attachent —notamment en matière de retraites.
Les salariés -notamment les moins qualifiés, les moins rémunérés, les plus exposés- ont pu avoir le sentiment, malgré le progrès collectif, de ne pas avoir leur compte et d’être laissés à eux-mêmes face à un capitalisme obsédé par la seule valorisation boursière .
Ensuite, nous avons paru hésiter sur la question de la sécurité. Non pour lui reconnaître le caractère de priorité ou pour lui consacrer des moyens budgétaires et humains importants, mais pour en faire une politique globale touchant l’ensemble de l’action publique : l’école, l’urbanisme, la culture, l’audiovisuel, l’action sociale, la politique familiale et, bien sûr, la police et la Justice. Nos contorsions dans les mots, nos oscillations dans les choix, mais aussi nos prudences face à la part de la ressource publique à affecter à cette grande question de société ont permis à la polémique et à l’outrance de faire de ce thème le seul sujet de campagne au profit des populistes.
Ces difficultés de fond renvoient à un problème de méthode et d’organisation qui nous touche plus particulièrement comme Parti Socialiste.
À la différence de la plupart de nos homologues en Europe, nous ne disposons pas de liens directs avec les organisations syndicales, notre assise électorale est réduite et nous a rarement fait dépasser 25 % dans les meilleures époques.
Notre recrutement est étroit quantitativement et sociologiquement. Nous accusons ces traits par une conception de la politique et de l’Etat qui laisse peu de place aux acteurs sociaux. Et si nous comptons de nombreux élus, nous peinons à en faire un réseau actif permettant de relayer les messages et les expériences. Dans l’opposition, cette situation est déjà problématique. Au pouvoir, elle peut être fatale.
Cette prise de conscience, nous l’avons eue il y a déjà plusieurs années. Nous ne sommes jamais allés au-delà du constat. Et la Gauche plurielle a été un moyen commode de nous exonérer d’une responsabilité qui nous revenait en propre.
Cet éloignement par rapport aux relais intermédiaires nous a empêchés d’entendre les alertes sur l’état de la société pour corriger nos politiques et nourrir notre projet.
Enfin, nous avons été confrontés comme toutes les forces progressistes en Europe à la difficulté de nous situer dans un cadre national par rapport aux enjeux de la mondialisation. Quand onze pays sur quinze sont gouvernés par des socialistes, l’Europe ne peut limiter son ambition à un marché, même à une monnaie. Elle est attendue sur un projet politique et social susceptible d’apparaître comme levier d’une régulation à l’échelle du monde. Malgré nos efforts, tel n’a pas été le cas. Et nous l’avons tous payé. Sauf celui qui dirige le pays, le plus réticent à l’égard de la construction européenne et le plus lié aux Etats Unis d’Amérique.
Pour résumer ma pensée : l’analyse de notre défaite ne peut se réduire à des schémas simplistes. Ceux qui pensent qu’en faisant un peu plus ici -ou un peu moins ailleurs, qu’en plaçant le curseur un peu plus haut ou un peu plus bas la victoire eut été acquise pêchent par facilité. C’est par rapport aux aspirations des Français, aux enjeux planétaires qui pèsent sur nos vies quotidiennes, aux leviers de l’action publique qu’il faut faire porter notre réflexion et en tirer toutes les conclusions pour l’avenir.
La question posée est à la fois simple dans son énoncé et majeure pour l’avenir de la politique. Face au libéralisme et au populisme, quelle est l’actualité du message socialiste ? Quelles sont les solutions spécifiques originales susceptibles de répondre aux aspirations de la société française et de porter un projet à l’échelle européenne et mondiale ?
Ce débat est essentiel. C’est pourquoi, il doit être authentique, ouvert et large.
- Authentique, au sens où il doit être mené par les militants eux-mêmes et ne pas se réduire aux méthodes habituelles en fonction des géographies traditionnelles du Parti qui laisseraient penser que les réponses sont connues d’avance et que les questions de personnes —légitimes d’ailleurs- ou d’architecture du Parti —respectables également- prévaudraient sur tout autre considération. Le temps du Congrès viendra bien à son tour. C’est pourquoi, j’ai souhaité donné du temps à cette phase-là, afin que les adhérents prennent la parole et la donnent à tous ceux qui voudront participer à nos discussions.
- Ouvert, au sens où il faudra associer à nos travaux les forces vives, syndicats, associations, organisations non gouvernementales, militants sociaux, partis progressistes européens, à travers des forums qui se concluront par l’élaboration de cahiers formalisant toutes les réflexions produites.
- Large, car il s’agit non pas d’un débat académique ou rituel au lendemain d’une défaite, mais de la définition d’une ligne politique claire par rapport aux grands défis à relever et qui justifient l’engagement socialiste.
D’abord le rapport au monde :
Face à la mondialisation de l’économie et à ses dérèglements de toute nature, face à l’évolution dramatique que connaissent plusieurs continents menacés dans leur développement, leur environnement, et la survie même d’une partie de leur population, face aux conflits que les événements du 11 septembre peuvent produire, les socialistes Français ne peuvent plus se limiter à une perspective hexagonale avec un projet dans lequel les questions internationales figurent dans un chapitre final aux figures imposées.
Ces questions sont au cœur de notre démarche politique, parce qu’elles reviennent sur la dimension internationaliste de notre mouvement, mais aussi parce qu’elles pèsent sur la vie concrète de nos concitoyens : emploi, environnement, migrations, climat, santé publique, sécurité… Bref, politique extérieure et politique intérieure se confondent.
Il ne s’agit plus —pour les socialistes- de savoir s’il faut maîtriser la mondialisation ou la contester, mais il s’agit de la transformer et de définir le rôle que la France peut jouer —conformément à sa tradition et en liaison avec l’Europe- dans l’élaboration d’un programme d’action internationale, mettant en avant des thèmes mobilisateurs car pertinents : biens publics mondiaux, impôt mondial, Autorité Mondiale de l’Environnement, Conseil de Sécurité Economique, Justice internationale.
Il ne suffit plus de prononcer les mots —J. Chirac va les psalmodier à Johannesbourg- mais de nouer les alliances nécessaires et de créer le rapport de force indispensable à la mondialisation libérale.
La construction européenne peut constituer, dans cette perspective, un levier essentiel.
Encore faut-il clarifier notre position à son l’égard. Notre attachement à cette formidable aventure n’est pas en cause.
Les socialistes en ont été avec d’autres les pionniers et les moteurs, y compris avec l’avènement de l’euro.
Mais, aujourd’hui, le processus n’est plus maîtrisé, l’idéal européen lui-même en est affecté. L’élargissement se fait sans vision globale. Les politiques communautaires sont menacées. Les orientations des Conseils européens se prennent sans contrôle démocratique. À cet égard, le sommet de Barcelone aura été du pire effet dans la campagne présidentielle. La politique extérieure est illisible, alors même que les Etats-Unis sont tentés de dicter leur volonté à l’ensemble de la planète. Quant à l’Europe sociale, elle reste pour l’essentiel à construire. L’échéance de la Convention en 2004 obligera chacun à faire des choix. Il ne peut être question pour nous d’en rester aux seules questions institutionnelles.
L’indispensable renforcement des institutions, dans le cadre d’une Constitution européenne, doit être indissolublement lié à l’approfondissement du contenu des politiques à mener.
Tout progrès de type fédéral, toute extension du vote majoritaire doit aller de pair avec l’adoption de positions de fond qui engagent l’Union. C’est toujours ainsi que l’Europe a progressé.
La mise en œuvre d’une telle démarche suppose que le Parti socialiste définisse ses choix en matière de politique internationale, d’emploi, de politique sociale, de service public à insérer dans le texte que la Convention -présidée par V. Giscard D’Estaing- prépare. Nous n’y parviendrons pas seuls. D’où la nécessité de bâtir, dans cette perspective, un véritable programme commun avec les forces progressistes européennes pour créer un véritable espace public à l’échelle du continent. C’est ainsi que nous pouvons le mieux servir l’Europe et notre idéal.
La clarification vaut aussi par rapport aux défis que nous lance l’évolution de notre propre société.
1/ – L’intégration républicaine
Reconnaissons le, une partie de nos concitoyens ne se retrouve plus dans le pacte républicain. Soit qu’ils ne s’y sentent pas admis —c’est le cas de bon nombre de personnes d’origine étrangère, soit qu’ils n’y trouvent plus l’espoir d’une promotion pour eux-mêmes ou pour leurs enfants —notamment à travers l’école, soit qu’ils y vivent une exclusion par rapport au travail, au logement, au droit à la sécurité.
Les mécanismes de redistribution et les interventions publiques ne suffisent plus à enrayer cette dislocation sociale, territoriale et ces ruptures individuelles. Ce qui justifie une approche différente des politiques publiques, notamment la ou les réductions des inégalités sont la plus impérieuse, avec la priorité qu’il faut accorder de façon massive à l’éducation sous toutes ses formes et au logement pour briser la ségrégation urbaine, et à la représentation de cette population dans la vie sociale et politique pour réduire les discriminations, les risques de communautarisme et le retrait civique.
2/ – Le rôle des services publics
Quelle place leur accorder ? Quels financements leur consentir ? Quelle gestion prévoir ? Ces questions, longtemps différées ou contournées, doivent être clarifiées. En partant d’un principe politique essentiel, c’est que le service public —qui relève d’un choix de société par rapport à ce qui doit être laissé ou non au marché- contribue à unir les classes populaires et les classes moyennes, à condition d’en permettre à chacun l’accès, d’assurer son efficacité et de garantir son financement.
La Gauche doit donc indiquer ce qui doit s’organiser en dehors de la sphère du marché, ou en correction de ses lois, et ce qui relève exclusivement de la propriété publique.
C’est de cette façon que nous pourrons préserver la cohésion territoriale et sociale, réhabiliter l’action publique, assurer la légitimité des services publics dans le débat européen, et surtout imposer des valeurs différentes de celles du marché.
3/ – La réponse à l’évolution du travail
Les réalités de la nouvelle condition salariale n’ont pas été suffisamment prises en compte. Et nous avons sous-estimé l’ampleur de la précarisation du travail, pas seulement la montée de l’intérim et des CDD, mais l’accroissement de l’instabilité professionnelle qui touche désormais toutes les catégories sociales. L’éclatement des métiers, la tertiairisation de l’économie et la faiblesse syndicale ont contribué à individualiser la relation au travail et à affaiblir les protections et les solidarités professionnelles. Les délocalisations prônées désormais officiellement par une partie du MEDEF et les plans sociaux ont encore amplifié cette insécurité sociale que la législation et les réglementations, même renforcées, peinent à contenir.
Aussi, faut-il en liaison avec les organisations syndicales imaginer de nouvelles réponses : l’émergence d’un statut du salarié pour limiter les conséquences des brisures dans les vies professionnelles, l’instauration de garanties collectives, quelle que soit la taille des entreprises, le droit à une formation professionnelle qualifiante tout au long de sa vie. D’où la nécessité de rénover la démocratie sociale qui va bien au-delà du dialogue social, puisqu’il s’agit de redéfinir les règles de la représentativité, de fixer des conditions pour l’adoption des accords collectifs et de permettre la présence de représentants des salariés dans les conseils d’administration.
En allant dans ce sens, l’Etat ne s’affaiblit pas, il permet au progrès social de trouver d’autres sources que la loi et, surtout, il offre une légitimité renforcée de l’action syndicale, donc d’une forme de démocratie.
4/ – Le défi démocratique
Il est forcément posé après le choc du 21 avril qui a marqué une crise de la politique mais aussi, au lendemain, une aspiration à l’engagement et à la mobilisation —même si elle s’est arrêtée un peu trop rapidement, c’est-à-dire le 5 mai. Rien ne doit être laissé de côté dans notre réflexion.
Les pouvoirs dans la République doivent être redéfinis. Le principe de responsabilité doit retrouver sa place à tous les niveaux de l’Etat. Et les moyens de contrôle du Parlement sur l’essentiel de l’Administration doivent être étendus. Enfin, la participation des citoyens aux décisions publiques doit être élargie.
Quant à la décentralisation, dont les socialistes ont été les précurseurs, elle ne peut être abordée simplement comme un transfert de responsabilités aux élus locaux et encore moins comme un démantèlement de l’Etat.
Elle doit être regardée comme une politique de réduction des inégalités territoriales et d’association des citoyens aux délibérations publiques. Enfin, la représentation politique doit profondément évoluer. Et nous sommes concernés au premier chef.
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